Les bâtisseurs : le manoir de Saint-Félix, mille ans d’histoire

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  • Aux portes de Rodez, le manoir de Saint-Félix, est riche d’une histoire héritée des siècles passés.
    Aux portes de Rodez, le manoir de Saint-Félix, est riche d’une histoire héritée des siècles passés. PH.H / PH.H
  • Saint-Félix déjà cité en l'an mille.
    Saint-Félix déjà cité en l'an mille. PH.H / Reproduction Centre Presse / PH.H
  • Une église rattachée à l'abbaye de la Chaise-Dieu.
    Une église rattachée à l'abbaye de la Chaise-Dieu. PH.H / PH.H
  • Le terrain de jeu des petits Ruthénois.
    Le terrain de jeu des petits Ruthénois. PH.H / PH.H
  • Un écrin pour les artistes locaux.
    Un écrin pour les artistes locaux. PH.H / PH.H
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Aux portes de Rodez, le manoir de Saint-Félix, est riche d’une histoire héritée des siècles passés. À force de travail et de patience, le propriétaire des lieux, Jean-Louis Jourdes a rebâti ce lieu où désormais les expositions succèdent aux lectures en plein air et aux rencontres entre amis. « Dès que j’ai découvert ce lieu, j’ai eu un véritable coup de cœur, c’est là où je voulais vivre et habiter ». Jean-Louis Jourdes se souvient de ce premier jour, en 1975, où il a découvert ce qui « n’était que des ruines ». « Toute la cour était envahie par la végétation. On n’apercevait même plus le puis qui est au centre. Mais dès que je suis entré, je me suis senti apaisé. Une forme de sérénité se dégageait du lieu. J’ai vécu dans un premier temps dans la petite maison jouxtant le manoir en attendant de pouvoir vivre dans le manoir », poursuit-il.
Un peu plus de deux ans de travaux ont permis de réhabiliter ce lieu chargé d’une histoire millénaire.
Le manoir de Saint-Félix a vu grandir ses enfants, aujourd’hui éparpillés à travers le monde, mais « j’ai très vite voulu que ce manoir soit un endroit où je puisse recevoir des amis, créer un véritable lieu de vie et d’échanges ».
Ainsi, Jean-Louis Jourdes a fait venir de nombreux artistes qui ont exposé dans une pièce spécialement aménagée, des lectures ont eu lieu dans les vastes jardins de sa demeure, à l’ombre des arbres majestueux.
« Je suis très sensible à l’histoire de Saint-Félix et à ce que le manoir peut dégager, confie Jean-Louis Jourdes. Ces pierres parlent et l’on ressent le poids des siècles passés. Ce qui en fait un lieu unique. »

 

Saint-Félix déjà cité en l'an mille

Dans son ouvrage, Châteaux et personnages du Ruthénois, Gérard Astorg, évoque l’histoire de Saint-Félix qui remonte, au moins, jusqu’en l’an mille. à cette date, l’évêque Arnaud décide de convoquer un synode, un rassemblement d’ecclésiastiques pour aborder les questions qui traversent l’église de l’époque. « On ignore tout des débats mais on connaît les préoccupations du temps. C’était l’anarchie dans un pays victime des guerres incessantes auxquelles se livraient les seigneurs voisins ». Et durant ce synode, un miracle s’est produit : le jeune Bonites muet, aveugle et boiteux fut guéri par Sainte-Foy (pas moins de 106 miracles sont attribués à la sainte de Conques).

Une église rattachée à l'abbaye de la Chaise-Dieu

L’église paroissiale et son prieuré vont être rattachés à l’abbaye de la Chaise-Dieu. Et toujours selon Gérard Astorg, la petite église va connaître deux événements marquants : la venue du célèbre prédicateur espagnol Vincent Ferrier, en 1416. Il sera canonisé en 1455. Un grand rassemblement se tient dans les prairies sous Saint-Félix, qui accueillent les jardins familiaux. Puis, à la fin de l’été 1530, le nouvel évêque de Rodez, Georges d’Armagnac, avant de faire son entrée solennelle dans la ville passe une nuit au prieuré de Saint-Félix.

Un écrin pour les artistes locaux

En amateur d’art éclairé, Jean-Louis Jourdes collectionne les œuvres d’artistes régionaux. Ainsi, dans son salon et un peu partout au sein du manoir sont présentées des dizaines de peintures, de sculptures ou de photographies « d’artistes qui me tiennent à cœur ».

Le terrain de jeu des petits Ruthénois

Pendant des années, le manoir était devenu le terrain de jeu des enfants de Rodez, raconte Jean-Louis Jourdes. Ce n’était qu’une ruine. » La chapelle va être rasée vers 1834, ses matériaux vont être récupérés pour construire une grange en bordure du chemin. Des pierres romanes vont être réemployées à cet effet, note Gérard Astorg. « L’endroit a changé de propriétaires à de nombreuses reprises et le manoir a été intimement associé à l’histoire du Rouergue et de la France », raconte Jean-Louis Jourdes. Lors de la Révolution, le nom de Saint-Félix a été associé à celui de Jean Cabrol, un boutiquier ruthénois que la Terreur a mené à la présidence du tribunal criminelle. Son zèle à faire régner l’ordre l’a rapidement fait surnommer « coupo-col »…  Jean-Louis Jourdes a patiemment collecté toutes les informations relatives à son manoir. « Mais au début, je ne savais rien ou pas grand-chose, se rappelle-t-il. J’ai appris de mes rencontres, des personnes qui se sont intéressées à ce lieu et qui voulaient partager leurs connaissances. »
 

Philippe Henry
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