La Bastide-l'Evêque : Bernard Feldis, lumière argentique

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  • Pour Bernard Fedis, les appareils argentiques restent d’actualité.
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  • Bernard Feldis, lumière argentique
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    Bernard Feldis, lumière argentique
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Voilà 4 ans que Bernard Feldis et son épouse habitent à La Bastide-l’Évêque. Natif de Corrèze, l’instituteur désormais à la retraite, aura passé plus de trente ans à Roubaix avant de profiter de la campagne aveyronnaise. Sa passion pour la photo, il la fait découvrir à travers une exposition dans une vieille grange au mois d’août dans Le Bas Ségala.

C’est lors des années lycée que Bernard apprend la base de la photographie, à travers le club photo. Il baigne dans les bacs de développement argentique depuis l’âge de 16 ans. Plus tard, sa rencontre avec un ami photographe sera un gros marqueur pour son parcours artistique.

Durant toute sa vie professionnelle, Bernard entremêle travail et passion en organisant des ateliers avec ses élèves, et des projets alliant danse, photo et écriture. Il sera à l’origine de la création d’associations de quartier accueillant des photographes, des auteurs et des créateurs, et mettra sur pied des résidences d’artistes avec des stages animés par des professionnels. Grâce à ce réseau dans lequel il s’investit à 100 %, il multiplie les rencontres et essaye de garder le nez dans la pratique photographique à une époque où le numérique n’existe pas encore. Peu à peu, le photographe souhaite se recentrer avec sa passion, décide d’alléger ses journées (et ses nuits) en quittant l’association. Il repasse alors derrière l’objectif. Après un an de formation en photo couleur, sa préférence ira aux clichés en noir et blanc, son domaine de prédilection.

Son inspiration se déclinera également par l’écriture, notamment par la poésie japonaise, les haïkus où il "retrouve des similitudes avec la photographie : en une photo (1/125e de seconde) ou avec trois ou quatre mots d’un haïku, on dit un message important".

Lorsqu’on demande à l’artiste quel est le sujet qu’il prend plaisir à photographier, il répond sans l’once d’hésitation : tout ! de la rosée du matin sur un pétale à une vieille porte, du paysan aux traits marqués à la nageuse dans son élément, tout est sujet à réflexion et à la capture de l’instant. "Tout – quoi qu’il advienne, il faut que ce soit une aventure, une rencontre, et c’est la même démarche avec la rosée qu’avec une personne ! Une bonne image c’est un pas à côté de ce qu’elle représente." Toujours une part de dualité, de paradoxalité dans sa réflexion : "Qu’est-ce que le noir sans le blanc ? Le bien sans le mal ? Saisir le sujet tel qu’il est, ombre et lumière".

Son degré de satisfaction ? "Quand le temps passe sur une photo, et que j’en suis satisfait même 5 ans après, alors j’en suis content ! L’idéal, c’est d’attendre 6 mois avant de développer ses films. J’essaye que chaque image soit bonne, et je travaille sur le fait de mettre en relation mes photos. Et avec le temps, moins la couleur ou le NB ou les formats ne m’arrêtent !"

Adepte des voyages à l’autre bout du monde, Bernard aime aussi travailler mieux loin de sa zone de confort et ramène de nombreuses photos de l’étranger, des morceaux de vie d’inconnus, qui l’ont ému.

S’il est parfois compliqué de trouver des modèles qui ont "de la gueule", Bernard, lui, marche au feeling. Spontané ou réfléchi, tout à son image, il demande parfois à des inconnus de poser. Il cherchera la beauté hors des sentiers battus, loin de l’esthétique conventionnelle, et accentuera les rides ou les détails hors normes. Une séance photo est pour lui un échange, où modèle et photographe s’offrent mutuellement une émotion. Instant de partage si rapide soit il.

Passion argentique

Sur une grosse dizaine d’appareils, seuls trois sont numériques. Les "Moyen format", du 24 : 36, des appareils étanches ou sous marin et autres sont régulièrement utilisés avant de retrouver leur place dans la vitrine du bureau désordonné de l’artiste. Au milieu de photos entassées sur le divan et de cadres éparpillés sur les murs, Bernard travaille ses visuels devant son ordinateur. Mais avant cela, il tire ses négatifs dans son labo de développement installé dans sa cave. Anciennes méthodes des bacs où trempe le papier et nouvelles technologies où l’ordinateur accentue la volonté de l’artiste, Bernard conjugue les deux à la perfection.

"La part de l’eau", une exposition hors norme

Fruit d’un travail commun avec son fils Mathieu, charpentier et musicien (guitare, saxo et électro), Bernard aura mis un an et demi à travailler sur ce projet. Prendre des corps en photo dans l’eau n’étant pas si facile que ce que l’on pourrait croire. La mer, le lac, la rivière n’étant pas propices à la clarté de l’image, Bernard choisira la piscine. Comme modèle un danseur et une ancienne nageuse danseuse synchronisée. Afin de préparer au mieux les shooting, Bernard s’entraîne à l’apnée avec des lunettes de plongée (spécial myopie) car "on s’oublie complètement lorsqu’on travaille et on en oublierait presque de respirer !".

Véritable plongée dans l’inconnu, Bernard mettra un an pour faire les photos de sa prochaine exposition, qui devrait réserver bien des surprises émotionnelles aux visiteurs. Dans une vieille grange, plongée dans le noir, entourée de la bande-son réalisée par son fils, une cinquantaine de clichés seront à découvrir à la lampe torche.

"La part de l’eau" exposition sonore et photographique ("son eau" Mathieu Feldis et "Phot eau" Bernard Feldis) du samedi 08 août au dimanche 25 août de 14 h à 18 h puis fin août sur rdv (06 71 39 92 72) au lieu-dit Cabanes, La Bastide-l’Évêque, Le Bas Ségala. Dans le noir dans une grange (lampe électrique obligatoire).

Vernissage auberge espagnole le samedi 15 août à 19 h.

Site internet https ://bernardfeldis.odexpo.com/

JDM
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