"Voir le jour" : drame intime sur fond de lutte sociale à l'hôpital

  • Sandrine Bonnaire tient le rôle principal dans "Voir le jour", un drame qui dénonce le manque de moyens à l'hôpital
    Sandrine Bonnaire tient le rôle principal dans "Voir le jour", un drame qui dénonce le manque de moyens à l'hôpital AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU / AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU
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(AFP) - Filmer une maternité, sans bons sentiments: défi relevé par "Voir le jour", drame intime et social porté par ses actrices, qui sort mercredi en salles et appuie là où ça fait mal, le manque dramatique de moyens à l'hôpital.

Après la crise sanitaire, le contexte dans lequel se déroule le troisième long métrage de Marion Laine prend encore plus de relief : dans cette maternité de la région marseillaise, des soignants tentent de se serrer les coudes contre les coupes budgétaires et de faire face aux pressions de la direction.

"C'est un thème qui dure depuis très longtemps, une crise sociale que personne n'a jamais écoutée", s'insurge la réalisatrice, auprès de l'AFP, mais "désormais, on ne peut plus étouffer les choses, le manque de personnel, les salaires minables".

Dans le film, une auxiliaire cabossée par la vie (Sandrine Bonnaire) trace sa route en toute discrétion, dans cet univers où un nouveau-né peut voir sa vie menacée du fait du manque de moyens et de personnel. Elle voit son destin professionnel et familial bouleversé lorsque son passé ressurgit.

Solitaire, elle devra apprendre à s'appuyer sur les femmes de toutes générations qui l'entourent, au sein du personnel ou de sa famille: le casting, quasi exclusivement féminin, va de Brigitte Roüan à Kenza Fortas, jeune Marseillaise meilleur espoir féminin aux César 2019 pour "Shéhérazade", en passant par Aure Atika et Sarah Stern.

"Voir le Jour" (1H31), se déroule en grande partie dans les salles et couloirs de la maternité. Un décor sans âme que vient faire oublier, de temps à autre, la naissance d'un bébé, de belles scènes d'extérieur, notamment sur le littoral marseillais, ou l'irruption de la musique, qui jouera un rôle clé dans l'histoire.

"L'hôpital est une obsession que je porte depuis longtemps", explique à l'AFP la réalisatrice, qui avait déjà tourné son premier long-métrage ("Un coeur simple") à l'hôpital, avec Sandrine Bonnaire, et s'est inspirée d'un roman, "Chambre 2" de Julie Bonnie.

Lors d'un job étudiant à l'hôpital, à 18 ans, "j'ai vu des gens mourir alors qu'ils n'auraient jamais dû", témoigne Marion Laine, qui ne voulait toutefois pas se limiter à "un documentaire ou un film social sur la maternité".

Mère de quatre enfants, "j'avais envie de faire des portraits de femmes, de toutes les générations, de milieux sociaux différents", ajoute-t-elle, heureuse que "les choses commencent à changer" pour l'égalité entre les sexes dans le cinéma.

Relaxnews
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