Le tour de l'Aveyron à scooter – étape 5, épisode 3 : marteaux des martinets

  • Quelque chose d'un sphynx chez le martinet...
    Quelque chose d'un sphynx chez le martinet... LR / / LR
  • Départ avec Marie de Sanvensa et son château.
    Départ avec Marie de Sanvensa et son château. LR / / LR
  • Le coin champêtre autour du pont de pierre.
    Le coin champêtre autour du pont de pierre. LR / / LR
  • Une partie des bénvoles qui font vivre le site.
    Une partie des bénvoles qui font vivre le site. LR / / LR
  • Les "coupes", récipients forgés au marteau hydraulique.
    Les "coupes", récipients forgés au marteau hydraulique. LR / / LR
  • Le cuivre porté à haute température.
    Le cuivre porté à haute température. LR / / LR
  • Le marteau frappe le métal en cadence.
    Le marteau frappe le métal en cadence. LR / / LR
  • Les ruines d'un autre martinet. Reviendra-t-il un jour à la vie ?
    Les ruines d'un autre martinet. Reviendra-t-il un jour à la vie ? LR / / LR
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Ce tour de l'Aveyron part à l'aventure sur les petites routes du département, défiant chaleur, pluie et pépins mécaniques, à la rencontre de beaux paysages et de belles gens. Ou l'art de se déconfiner complètement.
Six étapes tous les dimanches du 19 juillet à fin août, et six épisodes par étape sur le site de Centre Presse, du lundi au samedi.
On a fait le plein, le moteur démarre, un coup de klaxon et c'est parti !

 

Allo, Houston ? Je quitte les terres najacoises par La Fouillade et la D922 en direction de Sanvensa où j'avais rendez-vous avec Marie. Celle-ci venait faire un bout de périple avec moi et me montrer un truc du côté de Labastide-l'Evêque, les Martinets du Lézert. Je ne connaissais de martinets que ceux qui nichent dans mes murs et qui tournent autour de ma maison au coucher du soleil.

Pourquoi Sanvensa ? Parce qu'il y avait une auberge dont j'espérais qu'elle en fut une, c'est-à-dire avec des chambres pour passer la nuit après la visite aux Martinets. Mais l'auberge tenue par Marian a fait du café-concert une spécialité, même si la crise sanitaire a mis en suspens les soirées blues ou rock du lieu (je ne savais pas en revanche que l'Auberge donnait sur son site les adresses des gîtes du village).

Enfin bref, j'attends en terrasse Marie qui arrive et m'embarque direction Labastide-l'Evêque, en laissant le scooter sous la protection de l'église de Sanvensa, du moins de son ombre.

C'est en bas de Labastide, sur les bords du Lézert, que se trouvent les Martinets. Point d'oiseaux, mais des forges à battre le cuivre remontant aux environs du XIVe siècle, qui utilisaient l'eau de ce ruisseau comme énergie. On ne comptait pas moins de 13 de ces martinets le long du Lézert, sans compter les moulins à farine ou à papier et autres scieries. Une espèce de Ruhr médiévale qui a fait la fortune de bon nombre de notables du coin, jusqu'à dresser des châteaux en Rouergue. Ces martinets tinrent jusqu'au début du XXe siècle, puis tombèrent dans l'oubli, les murs s'écroulant et la nature reprenant ses droits.

Dans l'oubli ou presque. On a de la mémoire à Labastide, et en 1996 des bénévoles ont monté une association pour faire renaître au moins l'un de ces martinets (un nom qui vient de « marteau »), celui de la Ramonde, de ses cendres. Des retraités débauchant les artisans du coin, pour d'abord repousser les assauts de la nature, remettre le site en état, relever les ruines et en faire aujourd'hui un témoignage d'un passé révolu. Comme un temple aztèque arraché à la jungle, ce martinet est maintenant l'un des lieux de visite originaux de l'Aveyron, entre la douceur champêtre autour du petit pont de pierre, et dans le martinet, les gerbes de feu du métal chauffé à blanc par d'énormes soufflets, puis le martèlement cadencé du lourd marteau sur le cuivre, pour en faire des récipients mal dégrossis qu'après les chaudronniers d'antan affinaient au mieux.

Un marteau actionné par la force hydraulique ressemblant au bec d'un pivert.

Un petit exploit de passionnés, et la soixantaine de bénévoles qui se relaient pour recevoir les visiteurs et faire fonctionner le martinet rêvent encore : non loin de là, ils aimeraient qu'un martinet voisin quasi enfoui dans la jungle du Lézert revienne à son tour à la vie...

 

Laurent Roustan
Voir les commentaires
Réagir