Sud-Aveyron : la saison des mirabelles s’annonce heureuse

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  • Les professionnels de la mirabelle espèrent éviter la grêle pour connaître une belle fin de saison.
    Les professionnels de la mirabelle espèrent éviter la grêle pour connaître une belle fin de saison. Archives / Archives
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La petite prune dorée va arriver avec une dizaine de jours d’avance.

Dans la vallée du Tarn, un fruit en chasse un autre. Après la cerise, les arboriculteurs se préparent à l’arrivée de la mirabelle, avec une dizaine de jours d’avance. La précoce devrait débuter autour du 20 août, si le petit fruit échappe aux orages de grêle. "Ce fruit ne craint pas la pluie contrairement à la cerise, explique Frédéric Julien, président de la Société civile d’intérêt collectif agricole (Sica) Valfruits de Rivière-sur-Tarn. Il a grêlé ce dimanche soir à Pont-de-Salars. On passe à côté pour l’instant. Cela reste des phénomènes très localisés. Mais un peu d’eau ne ferait pas de mal", espère-t-il.

Si la météo reste du côté des arboriculteurs, la récolte s’annonce "belle", pour clôturer une saison "exceptionnelle en quantité". La saison de la trentaine des arboriculteurs pluriactifs de la Sica avait pourtant commencé avec les premières variétés de cerises laissées sur les arbres, car "trop d’eau, trop petites et fendues".

Un mal pour un bien

"Cette démarche a finalement été une bonne chose pour les tardives, précise Frédéric Julien. Et puis nous n’avons pas été trop embêtés par les mouches et les prix sont restés raisonnables", ajoute-t-il.

Et les professionnels de la production fruitière peuvent garder le sourire, avec une main-d’œuvre moins coûteuse que pour la cerise. "La mirabelle se cueille sans la queue, le rendement est ainsi presque doublé et moins de fruits sont jetés par rapport à la cerise", développe le président de la Sica.

Les employés, en grande majorité Espagnols, de la saison des cerises, qui s’est terminée début juillet, "vont revenir" pour la mirabelle. Et s’il venait à manquer de petites mains ? "Avec un fruit précoce, les jeunes ne seront pas encore retournés à l’école et ne diront pas non pour travailler un petit peu", glisse un producteur de cette petite prune dorée.

Un fruit boudé du Sud

Paradoxalement, la mirabelle, au contraire de la cerise, reste un fruit difficile à vendre sur ses terres de production. "Notre place au marché de Rungis tourne bien avec des ventes sur la capitale ou vers la Bretagne", souligne Frédéric Julien.

Les professionnels de la mirabelle espèrent un changement d’habitude et une "consommation plus locale avec le Covid". Difficile donc de tabler sur un prix, qui bouge au jour le jour. Entre la Sica et le Comptoir paysan de Compeyre, le territoire pourrait produire jusqu’à 500 tonnes de mirabelles, sur quinze jours ou trois semaines, bien loin des quelque 14 000 tonnes de la Lorraine. La récolte de la mirabelle clôturera une saison 2020 qui a vu les abricotiers et les pêchers de la vallée du Tarn touchés par les maladies. Ces fruitiers, qui produisent d’habitude jusqu’à fin août, n’ont rien donné cette année.

Chacun son marché

Si les arboriculteurs de la vallée du Tarn produiront près de 500 tonnes de mirabelles à longs termes, la mirabelle IGP de Lorraine et ses 10 à 14 000 tonnes représentent près de 80 % de la production mondiale. Cette année, la mirabelle est arrivée en Lorraine fin juillet, soit avec près de 15 jours d’avance. « L’amplitude thermique fait mûrir le fruit plus vite chez eux qu’ici, explique Frédéric Julien. La Lorraine est connue pour être le pays de la mirabelle mais ça nous arrange d’arriver eux », plaisante-t-il.

 

Loïc Bailles
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