Photovoltaïque : les investisseurs s’intéressent au causse Comtal

  • Si le projet est lancé, sa réalisation nécessitera deux ou trois ans.
    Si le projet est lancé, sa réalisation nécessitera deux ou trois ans. illustration / illustration
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Des projets de parcs photovoltaïques géants sont à l’étude à Salles-la-Source notamment. Un collectif d’opposants dénonce le manque d’information et demande aux élus d’organiser une consultation citoyenne.

Aucun champ agricole, de causses ou de zones naturelles sensibles ne figure parmi la liste des près de 20 000 sites clairement identifiés par l’Ademe (lire par ailleurs), pour idéalement exploiter les rayons de l’astre solaire. Quelque part, cela semble logique. Surtout, lorsque l’on connaît la valeur des terres arables ; de plus en plus rares et de plus en plus convoitées. Le causse et les zones naturelles sensibles représentent quant à eux une haute valeur patrimoniale, environnementale et/ou touristique.

"Plusieurs projets à l’étude"

Alors, lorsque des habitants du secteur ont eu vent des projets d’implantation de parcs photovoltaïques géants portés par des poids lourds du secteur, ils ont constitué un collectif pour tenter d’en savoir davantage. C’était pendant le confinement. " Ceux qui ne voient dans le causse qu’une zone rocailleuse infestée de lapins, n’ont rien compris ", explique Loïc Santiago, l’une des chevilles ouvrière du mouvement. Le militant du collectif baptisé de "Réflexion citoyenne sur le photovoltaïque du Causse Comtal" préfère évoquer " la richesse d’une faune et d’une flore à préserver ". Et avec ses dolmens, ses châteaux, ses sites gallo-romains ou encore ses sentiers ancestraux, il y voit aussi plusieurs millénaires d’histoires se croiser. " Le potentiel du causse comtal est énorme. On peut tout imaginer et tout reste à faire. Alors dénaturer ce site pour y implanter des parcs géants, ce n’est pas une bonne idée ", ajoute-t-il. " Hormis des élus, personne n’était au courant de ces projets ", affirme Loïc Santiago. Selon lui, plusieurs seraient à l’étude. L’équivalent de 150 à 200 hectares au total. " De quoi défigurer le causse comtal pour des décennies ", dénonce-t-il en réclamant aux élus de Salles-la-Source, la localisation exacte de ces projets et depuis combien de temps ils ont été sollicités par ces industriels. Ils leur demandent aussi " d’informer immédiatement tous les habitants " et d’organiser une consultation publique sur le sujet. " De notre côté, nous ne sommes pas opposés au photovoltaïque ".

"Rien n’est caché"

" Nous ne le refusons pas si tant qu’il s’agit de projets coopératifs et citoyens sur des zones telles que l’ancienne carrière de Puech hiver (23 hectares), explique le militant. L’intérêt des élus devrait se porter vers la réalisation de projets, à l’échelle des territoires, respectueux des habitants et de leur environnement, plutôt que vers les arguments portés par les industriels de retombées fiscales et d’une fausse écologie. "

"Rien n’est caché", se défend d’emblée Jean-Louis Alibert maire de Salles-la-Source en évoquant cinq ou six porteurs de projet. "Des groupes industriels nous démarchent pour implanter leur parc sur le causse, C’est désert, découvert donc bien exposé, et à part les cailloux, il n’y a pas grand-chose qui y pousse. Alors, laissons-les mener leurs études et faire leurs propositions", avance l’édile qui trouve là un bon moyen de faire rentrer des fonds pour sa commune. Quatre ou 5 000 euros par an, alors que, dans le même temps, la communauté de communes engrangera dix ou vingt fois plus.

"Ni pour, ni contre"

" Moi, je suis ni pour, ni contre. Et au final, si on saute le pas, seul un projet sera retenu", déclare le maire en rappelant la dernière étude en date portant sur une surface de 100 hectares. "Cent hectares, c’est pour les besoins de l’étude, car seuls 40 hectares seront finalement couverts de panneaux solaires. On ne laissera pas faire n’importe quoi. Il y a des cahiers des charges. Et puis, il faut aussi savoir faire confiance à ces professionnels et vivre avec son temps. Les opposants sont contre tout. Si on les écoute, on ne fait plus rien", conclut Jean-Louis Alibert qui prévoit d’informer ses administrés, sur le sujet, à la rentrée en septembre. Il y a fort à parier que les 2 200 habitants de la commune seront alors curieux de savoir quelles sont l’étendue et la localisation du projet.

100

En hectares (soit près de 200 terrains de football) : c’est la surface de la zone d’étude sur laquelle travaillent actuellement les techniciens du groupe Akuo dans les communes de Muret-le-Château, Rodelle et Salles-la-Source. C’est à l’intérieur de ce périmètre que l’industriel du photovoltaïque, en accord avec les élus, envisagerait de bâtir son parc d’une quarantaine d’hectares au total.

18 000 sites répertoriés en France

Dans un rapport paru en 2018, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a identifié près de 18 000 sites en France - essentiellement des toits ou des zones dites délaissées comme des anciennes décharges, des mines, des carrières, des garages, ou encore des dépôts d’hydrocarbure - propices à l’installation de centrale ou panneaux photovoltaïques.

 

JDM
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