Château du Bosc : les légataires renvoyés devant le tribunal

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  • Le château du Bosc, demeure familiale d’Henri de Toulouse-Lautrec, située à Camjac, est au cœur d’une bataille judiciaire entre le couple Putzola, poursuivi devant la justice, et les membres de la famille du peintre. Le château du Bosc, demeure familiale d’Henri de Toulouse-Lautrec, située à Camjac, est au cœur d’une bataille judiciaire entre le couple Putzola, poursuivi devant la justice, et les membres de la famille du peintre.
    Le château du Bosc, demeure familiale d’Henri de Toulouse-Lautrec, située à Camjac, est au cœur d’une bataille judiciaire entre le couple Putzola, poursuivi devant la justice, et les membres de la famille du peintre. Centre Presse - Xavier Buisson
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Rien ne va plus autour du château du Bosc, l’une des demeures de la famille Toulouse-Lautrec située dans le petit village de Camjac.
 

Claude Putzola et sa compagne Corinne Marino, légataires de la dernière occupante du château, descendante de Toulouse-Lautrec, Nicole Tapié de Celeyran, sont renvoyés, par une juge d’instruction de Rodez, devant le tribunal correctionnel en juin 2021 pour « faux, abus de faiblesse, abus de confiance, escroquerie » aux termes d’une instruction qui a duré quatre ans.
Une bataille judiciaire agite le château dont l’origine remonte au XIIe siècle. C’est là qu’Henri Toulouse-Lautrec a passé une partie de son enfance et de son adolescence. Sa grand-mère, la comtesse de Toulouse-Lautrec, a transformé, au XIXe siècle, l’ancienne forteresse médiévale en demeure familiale. Elle a même fait construire une chapelle. Peut-être le peintre albigeois y a-t-il puisé une partie de son inspiration ? Sa personnalité et son souvenir habitent toujours les lieux. Ils ont été longtemps entretenus par Nicole Tapié de Celeyran, dernière descendante occupante, qui a mis un point d’honneur à faire vivre la demeure familiale en l’ouvrant au public.
Âgée, Nicole Tapié de Celeyran a tenté de trouver des solutions pour assurer la pérennité du château classé à l’inventaire des monuments historiques. C’est en 2015 qu’elle fait la connaissance de Claude Putzola et de Corinne Marino. Le couple, qui propose de créer une fondation, devient omniprésent et s’installe au château. La justice les soupçonne d’avoir voulu isoler Nicole Tapié de Celeyran de sa famille, de son entourage et d’avoir exercé « une emprise » sur elle. Ils changent notamment la ligne de téléphone, la châtelaine ne peut plus déjeuner avec les guides qui font visiter le château… En quelques mois, pas moins de quatre testaments passés devant notaire font des Putzola les légataires. Ils héritent du château, des droits de fermage des terres du château et obtiennent même un prêt de 20 000 €.

Signalement au parquet

C’est une cousine qui, inquiète de l’isolement de sa parente et de l’omniprésence des Putzola, adresse un courrier au parquet de Rodez qui déclenche une enquête des gendarmes.
Selon l’ordonnance de la juge d’instruction, « les éléments du dossier démontrent que les époux Putzola ont profité du grand âge de Nicole Tapié de Celeyran, de sa méconnaissance du droit des affaires, de sa crainte, de sa crédulité, de l’isolement dans lequel ils l’ont placée, pour obtenir non seulement quatre testaments successifs dont le dernier les a institués seuls légataires de ses biens ». « Des actes » qualifiés « de préjudiciables » par la magistrate qui a renvoyé dans son ordonnance du 15 juillet dernier les époux Putzola devant le tribunal correctionnel de Rodez en juin 2021.

« Transparence »

« Tout a été fait dans la transparence et ouvertement, les actes notariés sont là pour le prouver. Mes clients contestent tout ce qu’on leur reproche », assure Me Gaudy, l’avocat des époux Putzola qui poursuit : « Ils n’ont certainement pas abusé d’une quelconque vulnérabilité. Madame Tapié de Celeyran était en pleine possession de ses moyens au moment de signer les actes notariés. »
Au-delà, l’avocat rappelle que « c’est une cousine qui est venue les chercher pour qu’ils reprennent la gestion du château. C’est une affaire assez classique : les supposés héritiers se retournent contre mes clients, pensant qu’ils allaient obtenir quelque chose de Madame Tapié de Celeyran. Alors qu’ils ne se sont jamais occupés d’elle », affirme encore Me Gaudy.

« Faire annuler le testament »

Les descendants des différentes branches de la famille Toulouse-Lautrec, représentés par Me Rastoul et Me Gil, ne sont évidemment pas du tout de cet avis. « Nicole Tapié de Celeyran n’était pas isolée, assure Me Rastoul. Sa famille venait la voir régulièrement », affirme-t-il.
Au-delà, il constate que, dans cette affaire, « on a promis monts et merveilles à Nicole Tapié de Celeyran. Beaucoup de projets évoqués ont finalement avorté », constate l’avocat des familles.
« Depuis sa création, le château n’a jamais été vendu, il est toujours resté dans cette famille. Ses membres ressentent cette affaire comme une violation de la mémoire de leur famille », indique Me Robert-François Rastoul.
À noter que des membres des différentes branches de la famille Toulouse-Lautrec se sont constitués partie civile, ainsi que le musée Toulouse-Lautrec d’Albi.
Leurs avocats, Mme Rastoul et Gil, vont engager également une action au civil pour annuler le testament : « Il faut faire en sorte que ce patrimoine (le château, les terres, le caveau familial) reste dans le giron familial dont il n’aurait jamais dû sortir. »
 

Toute personne qui n’est pas définitivement jugée et condamnée bénéficie de la présomption d’innocence.
Arnaud Paul avec Ph.H.
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