La Petite auberge de Bezonnes voit grand

Abonnés
  • Antoine Fourès entouréde ses deux amis et associés, Alexandre Béné (à gauche)et Erwan Belpaume.
    Antoine Fourès entouréde ses deux amis et associés, Alexandre Béné (à gauche)et Erwan Belpaume. Photos Jean-Louis Bories / / Photos Jean-Louis Bories
  • La Petite Auberge de Bezonnes voit grand
    La Petite Auberge de Bezonnes voit grand Photos Jean-Louis Bories / / Photos Jean-Louis Bories
  • La Petite Auberge de Bezonnes voit grand
    La Petite Auberge de Bezonnes voit grand Photos Jean-Louis Bories / / Photos Jean-Louis Bories
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Confiné à Bezonnes d’où il est originaire, au mois de mars, alors qu’il avait décroché un poste de chef à Paris, Antoine Fourès a finalement repris l’établissement de son village laissé à l’abandon. Pour cela, il a demandé à deux amis, Alexandre Béné et Erwan Belpaume, de le rejoindre dans cette aventure. Et le trio souhaite développer l’affaire pour la saison d’hiver.

Lorsque le monde de la restauration a éteint ses fourneaux à la mi-mars – comme bon nombre d’entreprises impactées par la Covid-19 –, Antoine Fourès s’apprêtait à enfiler la tenue de chef d’un restaurant parisien. Comme beaucoup, il a bouclé ses valises pour se confiner en Aveyron, chez lui à Bezonnes, commune de Rodelle. Au final, il le dit lui-même : "C’est un mal pour un bien puisque cela m’a permis de franchir le pas. J’avais toujours dit qu’à 30 ans, je ferais l’ouverture de mon restaurant…" L’occasion a donc fait le larron, pas très loin de chez lui, là où il venait avant de partir pour ses études.

Laissée " à l’abandon depuis six mois et après des passages de restaurateurs dont ce n’était pas le métier ", la Petite Auberge a tapé dans l’œil du confiné. " La réflexion n’a pas été très longue et la préparation avant l’ouverture, le 11 juillet, non plus ! Mais, je suis là où je voulais car l’endroit est super bien et le cadre de vie autour de Rodez est quand même agréable. " Un cadre bien différent de ceux connus auparavant.

Après avoir appris la cuisine à Saint-Chély-d’Apcher, il file directement à Paris. Il réalise ses gammes chez Yves Camdeborde, puis au restaurant Passerini spécialisé dans les pâtes fraîches avant de "parler" japonais au côté d’un chef qui l’embarquera dix mois à Tokyo. C’est là d’ailleurs qu’il apprend à travailler le poisson, ce que les actuels clients retrouvent sur la carte de la Petite Auberge.

De Sciences Po… à la cuisine

La carte mais également l’ouverture ne sont pas uniquement de la responsabilité d’Antoine Fourès. C’est un trio qui a redonné vie à l’établissement. Originaire d’Aniane, dans l’Hérault, Alexandre Béné rentrait de Nouvelle-Zélande et la curiosité l’a poussé jusque dans l’Aveyron. "Nous nous connaissons depuis Saint-Chély, explique le chef cuisinier. Je lui ai parlé du concept et… il est là !"

Le parcours du troisième associé est plutôt atypique. Erwan Belpaume, natif de la région de Fontainebleau, est diplômé d’un master de finances et vivait encore il y a quelques mois à Washington. Antoine Fourès l’a rencontré sur les bancs de Sciences Po, à Lille, bancs dont il a été "remercié", la faute à une présence trop irrégulière, alors que son futur associé poursuivait sa route "financière" avant de le rejoindre à Bezonnes. "C’est lui qui choisit le vin et il apprend très vite en cuisine."

Une cuisine réalisée à partir de produits locaux, en circuits courts et presque à 100 % fait maison. "Nous avons la chance d’avoir de très bons produits autour de nous et je pense notamment à la ferme de Mayrinhac ou à Ginisty. Ensuite, pour le poisson, il arrive de Sète via le marché de Rodez. Le patron m’appelle le vendredi après la criée et je passe commande…" Un air de Tokyo souffle sur Bezonnes…

Développer la vente à emporter

Et, depuis le 11 juillet, l’auberge ne désemplit pas de sa soixantaine de couverts où le trio, même privé de temps, a souhaité mettre en place un lieu chaleureux où il fait bon de se retrouver autour d’une bonne table en terrasse – terrasse qui n’était autre que la route lorsqu’il était petit ! "Nous allons fermer une semaine début octobre. Nous pourrons ainsi repenser à l’organisation de l’auberge à l’intérieur, souligne Antoine Fourès. Le projet est de "monter" jusqu’à cinq associés afin de développer la vente à emporter cet hiver et de proposer quelque chose de plus gastronomique. D’autres idées sont également en gestation et elles ne demandent qu’à s’étoffer." Voir en fait plus grand tout en gardant l’esprit convivial de l’auberge…

La Petite Auberge est ouverte du mardi au dimanche midi. Elle est fermée le lundi. Contact au 09 88 33 26 07.
Paulo Dos Santos
Voir les commentaires
Réagir