Ce dimanche, les chasseurs retrouvent leur environnement…

  • Les représentants de la fédération de chasse, de l’OFB et de la DDT réunis pour le lancement de la saison.
    Les représentants de la fédération de chasse, de l’OFB et de la DDT réunis pour le lancement de la saison. REPRO CPA / REPRO CPA
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Dimanche 13 septembre, les chasseurs font leur rentrée. Entre Covid, attaques, et gibier bel et bien présent, les sujets de discussion ne manquent pas.

À quelques heures de l’ouverture de la saison de chasse, le gibier est là. Il ne s’est jamais aussi bien porté depuis belle lurette. Mais voilà : entre crise sanitaire qui freine les ardeurs et incriminations de la chasse qui développent chez eux un fort sentiment d’injustice, les chasseurs ne sont pas spécialement à la fête. Jeudi, à l’hostellerie Fontanges, Jean-Pierre Authier, le président de la fédération aveyronnaise, flanqué de son directeur Nicolas Cayssiols, de quelques membres du conseil d’administration, n’avait pas véritablement envie de s’appesantir à quelques jours de l’ouverture. Mais il pouvait avoir la détente facile.

"Menaces de mort…"

La chasse est en effet de plus en plus un sujet de crispation, malgré les efforts consentis tout au long de l’année par la majeure partie des 11 000 chasseurs aveyronnais. Du ravitaillement en eau de mares durant la sécheresse au profit de la faune locale, "avec parfois des bidons d’eau portés sur les épaules dans les pentes escarpées du Sud Aveyron", des longues séances sur le thème de la sécurité, en passant par la plantation de haies ou de clôtures, les chasseurs " rament", pour reprendre l’expression de leur président, quant à l’image qui est aujourd’hui renvoyée. " On rame derrière des groupuscules qui s’y prennent très bien pour faire passer des messages… Nous, on a eu le tort de ne pas communiquer sur nos actions envers la nature plus tôt" explique-t-il.

Les récentes dégradations commises au centre d’apprentissage de la Gachoune, "avec des tags violents, des menaces de mort", et pour lesquels des plaintes ont été déposées, le mettent en colère. "Il faut une réponse politique, aujourd’hui, elle n’y est pas".

"Respect réciproque"

Et de plaider pour "un respect réciproque". "Nombre d’écologistes sont loin de faire ce que nous faisons tout au long de l’année au profit de l’environnement", glisse Nicolas Cayssiols, capable d’égrener une somme d’actions menées par les chasseurs.

Sans doute faut-il voir dans cette situation tendue une des conséquences de ce fossé qui se creuse entre citadins et ruraux. "Ils ne comprennent plus le monde agricole, pas plus que la chasse. Je le constate tous les jours", lance Jean-Pierre Alcouffe, trésorier de la fédération et maire d’une commune rurale.

Ralentissement des ventes de cartes à cause du Covid

À cela, il faut ajouter une communication nationale qui voit, à chaque reprise, des balles fuser de part et d’autre. Dernière en date : la suppression de la chasse à la glu. " Les éoliennes sont plus dévastatrices pour les oiseaux, mais on n’en parle pas…", lance Nicolas Cayssiols.

Le représentant de l’observatoire de la diversité, Jean-Luc Lorès avance pour sa part tout le travail effectué avec les chasseurs, notamment contre l’érosion de la biodiversité. Mais aussi les actions menées en matière de sécurité. "Pas une discipline ne fait autant pour la sécurité que la nôtre, et c’est bien normal", complète Jean-Pierre Authier. "Il y a très peu d’accidents, mais le peu qu’il y a est très, très dommageable", résume Jean-Luc Lorès. Le partage de la nature est aussi une des actions fortes menées durant toute l’année.

Dans ce contexte, la rentrée des chasseurs se veut toutefois sereine en Aveyron. L’interrogation du moment reste l’évolution de l’épidémie. "Nous étions sur une très bonne dynamique de vente des cartes jusqu’à la mi-août, mais depuis cela freine. Beaucoup ont en tête ce qu’il s’est passé avec la pêche, où le confinement est tombé au moment de l’ouverture. Des chasseurs s’interrogent", souffle Jean-Pierre Authier. Pas peu fier au passage de voir la campagne d’actions de sensibilisation menée par la fédération départementale sur les gestes barrière être reprises au niveau national. "Nous en menons également une sur la convivialité autour de la chasse. C’est plus compliqué avec le coronavirus, mais ce temps est lié à la chasse, il faut arriver à la préserver" explique le président de la fédération départementale. Et par les temps qui courent, les chasseurs en ont visiblement besoin.

Les chasseresses sont aussi au rendez-vous

Les chasseresses de l’association « l’Aveyron chasse au féminin » ont organisé leur nouvelle assemblée générale. Même si la Covid a obligé de réduire le nombre en présentiel, le bureau a tout de même tenu à faire son assemblée générale. Pour la présidente de l’association, Florence Hortes, il était important de se voir pour faire le bilan d’une saison particulièrement bien remplie. Il faut dire que la toute jeune association est tellement dynamique qu’elle fait déjà pleinement partie du paysage cynégétique aveyronnais.
Les adhérentes peuvent ainsi participer à des journées de chasse ici ou là, aux quatre coins du département et parfois même dans les départements voisins. Mais l’association ne se résume pas à un club de chasse et les adhérentes sont régulièrement invitées à participer à des journées culinaires, à des rencontres entre chasseresses, à des salons ou bien encore à des concours.
À chaque fois, l’objectif est de se retrouver dans la convivialité autour de la chasse. D’ailleurs Florence Hortes a vivement regretté de ne pas pouvoir, Covid oblige, réunir tous les partenaires et les présidents qui les ont invitées et soutenues au cours de la dernière saison dans le cadre d’une journée conviviale, afin de les remercier. Ce n’est que partie remise. Déjà l’association est tournée vers l’avenir et pense à la saison qui commence. L’agenda de chasse est déjà bien plein, comme autant de promesses de retrouvailles et journées au grand air à la chasse.
 

Philippe Routhe
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