À Millau, Michel Cassan fait swinguer la lutherie Levila

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  • Michel Cassan s’est installé à Millau en 2013 : "Toucher, sentir, travailler le bois, déjà tout petit, j’aimais jouer dans les copeaux."
    Michel Cassan s’est installé à Millau en 2013 : "Toucher, sentir, travailler le bois, déjà tout petit, j’aimais jouer dans les copeaux." A.D. -
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Ingénieur en électronique, Michel Cassan a quitté l’industrie pour l’artisanat. Au mitan de sa vie, il s’est lancé corps et biens dans la lutherie. Avec succès.

Table en épicéa européen, griffes d’ours, filet herringbone en cocobolo, table en palissandre de Madagascar, manche en cédro… Écouter Michel Cassan parler guitares vous invite déjà au voyage. Un voyage musical pour le Millavois venu à la lutherie comme on rentre en religion. Avec cette détermination, ce besoin de transcendance et cette inextinguible soif d’apprendre.

Ingénieur électronique de formation, le Millavois a décidé, voilà 10 ans, de changer de vie. Indépendamment du confort de sa situation. "J’ai fait ma crise de la cinquantaine, rigole-t-il, presque du jour au lendemain. J’avais envie de retrouver du sens". Retrouver du sens mais aussi des sens : l’ouïe, la vue, le toucher… Ceux-là mêmes qu’il mobilise au quotidien pour donner forme aux rêves des autres.

Luthier guitare avec une sensibilité assumée pour le folk, cet amateur éclairé, "musicien du dimanche" triche-t-il, a toujours baigné dans les notes, les accords, les riffs endiablés.

Pour lui, "venir à la source du truc", s’est imposé comme une évidence. "Toucher, sentir, travailler le bois, déjà tout petit, j’aimais jouer dans les copeaux en regardant mon père transformer cette matière pour en faire des objets. En 2010, j’ai passé neuf mois dans les vignes, dans l’atelier de Claude Fouquet, luthier spécialiste de la guitare folk. J’ai appris. En sortant de là, j’étais prêt !" Prêt à se lancer dans une nouvelle entreprise parfois difficile, reconnaît le luthier : "Les années se suivent mais ne se ressemblent pas malheureusement. Disons que le métier a évolué vite les 20 dernières années passant, en gros, de 150 luthiers à cette époque à près de 500 aujourd’hui."

Prêt aussi à offrir à ses clients, une guitare, un ukulélé, un oud… des modèles à chaque fois uniques et dont la qualité n’est plus à démontrer aujourd’hui. Sa première guitare de luthier a été saluée dans le magazine Guitare.com, l’équivalent du Chasseur Français pour un inconditionnel de la gâchette.

Un coup de maître, "un gros boost" pour cet artisan qui passe entre 100 et 200 heures par instrument. "Je pars souvent d’une feuille blanche. J’écoute les clients, leurs attentes, leurs souhaits, le rendu qu’ils espèrent. On échange aussi beaucoup autour de la musique. C’est mon petit truc, avoue Michel. Quand je fabrique un instrument, j’écoute le groupe préféré du client. Je me dis que la magie va opérer."

Et elle opère. En bientôt 8 ans, le luthier a fabriqué "un peu plus de 70 instruments", certains aux noms évocateurs comme La Méjean, le Lagast, l’Amilianensi, l’ancien nom de la cité du gant. Il travaille aussi de près pour l’auteur-compositeur-interprète anglais Piers Faccini. "Un voisin" – il vit dans les Cévennes – pour qui il a développé un modèle de guitare oud qu’il balade sur chacune de ses tournées.

Aurélien Delbouis
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