Le bilan s’alourdit à l’Ehpad, l’inquiétude grandit à Sévérac-d'Aveyron

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  • Impossible de passer le seuil de l’Ehpad, verrouillé, qui a choisi de ne pas communiquer après une nouvelle journée difficile.
    Impossible de passer le seuil de l’Ehpad, verrouillé, qui a choisi de ne pas communiquer après une nouvelle journée difficile. Sylvie Cambon / Sylvie Cambon
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Deux nouveaux résidents de la maison de retraite La Gloriande lourdement contaminée par le virus sont décédés ce lundi 14 septembre. L’épidémie a fait huit morts. Les soignants se réorganisent pour faire face.

Huit morts à l’Ehpad La Gloriande. Le nouveau bilan meurtrier de l’épidémie de Covid-19 à la maison de retraite de Sévérac d’Aveyron est tombé en début d’après-midi, ce lundi 14 septembre, dans la commune saisie par deux semaines tragiques. Nathalie Marty, première adjointe à Edmond Gros, a en tête la chronologie d’une crise démarrée le premier week-end de septembre, elle était alors de permanence.

Vendredi 4 septembre, "cinq personnes sont testées positives à La Gloriande, 4 résidents et un salarié". Dimanche 6 septembre, le bilan s’alourdit : 38 résidents contaminés, 11 salariés. Vendredi 11 septembre, les chiffres s’envolent avec la dernière campagne de tests : 53 résidents touchés, 18 salariés. Et désormais deux de plus, soit quasiment la moitié de l’effectif (47 personnes) précise le maire Edmond Gros. Ces deux personnes "étaient jusqu’ici asymptomatiques". Quatre résidents sont hospitalisés à Rodez.

Le premier décès, redouté, est survenu jeudi 10 septembre. Les quatre jours suivants ont été particulièrement meurtriers.

Un cataclysme dans le village tranquille de 4 000 habitants passé au travers de la première vague épidémique, connu pour son patrimoine architectural et le nom accolé à une aire d’autoroute de l’A 75.

"Ça nous est tombé dessus", s’émeut le maire, en première ligne : l’Ehpad ouvert en 1991, d’une capacité de 75 résidents, est géré par le centre communal d’action sociale. Benjamin Arnal, le référent de l’agence régionale de santé en Aveyron, a le même ressenti, une extrême brutalité : "C’est arrivé d’un coup."

 

On a frappé tous azimuts, on a fait tout ce qu’on pouvait.
Benjamin Arnal (référent en Aveyron de l’agence régionale de santé)
 

L’heure n’est pas à comprendre comment le virus est entré, puis s’est propagé. "On ne saura jamais", estime le maire, qui a craint un tsunami épidémique dans sa commune. La "quinzaine de cas" aujourd’hui recensés hors de l’Ehpad ne suscitent pas d’inquiétude.

Mais l’établissement meurtri, plusieurs fois endeuillé, aux équipes amputées, ne cesse de se réorganiser pour faire face. Le reconfinement décidé dès le 4 septembre, un isolement des résidents en chambre et l’interdiction de visite des familles, n’a pas suffi.

Il a fallu le secours d’autres médecins, aides-soignants, infirmiers, sans compter la mobilisation d’une trentaine d’habitants prêts à faire du ménage, à acheminer les repas, parfois juste à déposer un gâteau comme Martine, 72 ans, venue hier d’un village voisin.

Hier matin, sur la banque d’accueil de la mairie, Maryse Corboz, élue à la santé, ex-infirmière, s’active à cocher les cases du planning des bénévoles, découpé en séquences de 2 heures. Les offres de service se multiplient. La protection civile de Narbonne est intervenue le week-end dernier.

"La Croix Rouge a aussi appelé pour proposer son soutien", indique Benjamin Arnal à l’ARS. La réserve sanitaire, les hôpitaux de Millau et de Rodez, des soignants à titre individuel, viennent au secours de la structure dans la tourmente : une infirmière directrice de l’Ehpad voisin de Mur-de-Barrez, une infirmière libérale de Sévérac, une aide-soignante de Nice… "J’ai reçu tout le week-end des propositions de toute la France, de Bordeaux à Paris", témoigne le maire qui précise qu’"à l’heure actuelle, La Gloriande n’a pas de problème d’effectifs".

Hier après-midi, un médecin a pris le relais de deux confrères mobilisés ce week-end, après que la généraliste référente de l’Ehpad a été testée Covid +. Le réseau de soins palliatifs de l’Aveyron et la Mutualité française se sont signalés.

"On a tapé tous azimuts, on a fait tout ce qu’on pouvait. Des choses ont marché, d’autres moins", constate Benjamin Arnal. Pour lui, "les prochains jours sont incertains".

Le coup de fil de Carole Delga

À 11 h 30, hier, le téléphone d’Edmond Gros sonne. La présidente de la Région Carole Delga appelle pour s’informer de la situation, et demander à l’élu s’il a besoin de son appui pour régler telle ou telle situation. « Elle voulait aussi me témoigner de son soutien », témoigne l’élu de 71 ans, médecin retraité, engagé dans son premier mandat avec la liste Sévérac Citoyen, secoué par la première crise majeure de son mandat. Hier après-midi, il a maintenu le conseil d’administration prévu de longue date pour qui soit enfin affectée la prime Covid promise par l’État au personnel des Ehpad.


 

S.R et Y.P.
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