"Toute période de catastrophe ou de crise est sujette à un retour en arrière des droits des filles et des femmes", alerte l'ONG Plan International

  • "En cas de catastrophes, qu'elles soient naturelles ou non, les filles et le femmes sont toujours les premières impactées", déplore Julien Julien Beauhaire, porte-parole de Plan International.
    "En cas de catastrophes, qu'elles soient naturelles ou non, les filles et le femmes sont toujours les premières impactées", déplore Julien Julien Beauhaire, porte-parole de Plan International. kiwiofmischief / Shutterstock
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(ETX Studio) - "Des vies qui s'arrêtent". C'est l'intitulé d'une nouvelle enquête de l'ONG Plan International qui alerte sur les conséquences désastreuses de la crise du Covid-19 pour les jeunes femmes. Selon le rapport, plus de 6 filles sur 10 dans le monde craignent de ne plus pouvoir retourner à l'école et 95% ressentent une forte anxiété. 

Le rapport de Plan International compile les réponses de plus de 7000 filles originaires de 14 pays à travers le monde. L'ONG alerte sur deux chiffres particulièrement préoccupants. Le premier porte sur la santé mentale des jeunes filles interrogées : plus de neuf sur dix déclarent souffrir d'anxiété et de troubles psychiques à cause de la pandémie.

"Un chiffre à la fois frappant et malheureusement conforme à ce que l'on voit sur le terrain depuis des années : en cas de catastrophes, qu'elles soient naturelles ou non, les filles et les femmes sont toujours les premières impactées et l'on assiste à un retour en arrière de leurs droits", déplore Julien Beauhaire, porte-parole de Plan International. 

Le deuxième chiffre de l'étude à retenir est la propension alarmante de jeunes filles dont la situation scolaire a été interrompue par les mesures de confinement. Plus de la moitié (62%) d'entre elles expliquent qu'elles souffrent de ne plus pouvoir suivre normalement leur scolarité. 

"Ce constat est très inquiétant car cela représente, selon ces jeunes filles, la conséquence la plus négative de la pandémie. L'école est un lieu d'éducation qui permet aux filles de s'émanciper à la fois socialement et économiquement. C'est aussi un lieu où elles peuvent accéder à la contraception, notamment dans les cours d'éducation sexuelle. Or, 47 millions de jeunes filles n'ont plus accès à la contraception à cause de la crise du Covid-19", souligne Julien Beauhaire.

"Des proies évidentes dans un univers patriarcal et violent"

Pour ces jeunes filles, le confinement a aussi représenté une véritable menace pour leur sécurité, avec l'explosion des violences sexistes et sexuelles. "En restant à la maison, elles retournent dans un univers patriarcal et violent et deviennent des proies évidentes : abus sexuels, violences domestiques, mariages forcés, grossesses précoces, mutilations génitales féminines (MGF)... Ces violences ont malheureusement cours partout. Ne pensons pas que l'Europe ou les États-Unis sont exempts de filles qui subissent des MGF, même si les proportions ne sont pas comparables avec ce qui se passe dans certains pays d'Afrique", explique le porte-parole de Plan International. 

Les résultats de cette vaste étude seront présentés lors de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies ce mercredi 23 septembre, date qui coïncide avec la journée nationale du refus de l'échec scolaire en France.

"Nous avons deux messages essentiels à faire passer : ne pas revenir 20 ans en arrière dans les droits des filles acquis et veiller à ce qu'elles puissent continuer d'aller à l'école", martèle Julien Beauhaire. 

"Cette enquête est un signal d'alarme (...) Nous appelons les gouvernements à garantir la continuité des apprentissages pour les filles, ainsi qu'un retour à l'école en toute sécurité", renchérit dans un communiqué Yvan Savy, directeur de Plan International en France. 

Relaxnews
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