Lancement jeune et numérique pour la Fashion week à Paris

  • Le styliste géorgien Irakli Rusadze, fondateur de la maison Situationist
    Le styliste géorgien Irakli Rusadze, fondateur de la maison Situationist Tiziana FABI / AFP
Publié le , mis à jour

(AFP) - Les jeunes créateurs lancent lundi la Semaine de la mode parisienne avec des présentations numériques, format choisi par la plupart des marques en pleine épidémie, sauf les ténors comme Dior qui s'apprête, lui, à défiler mardi.

Sur les six griffes qui dévoilent leur collection lundi après-midi, quatre sont des nouveaux entrants au calendrier officiel qui accueille cette saison 84 maisons, signe que Paris est la place où il faut se montrer, en dépit de la progression du Covid.

Parmi eux, Situationist, maison fondée en 2015 par Irakli Rusadze, en Géorgie, ex-république soviétique, sur les traces de son fameux compatriote, Demna Gvasalia, directeur artistique de Balenciaga, qui avait quitté il y a un an sa marque Vetements aux forts messages politiques et sociétaux (désormais hors calendrier).

Auteur ces dernières années de silhouettes puissantes, vues à Milan, inspirées des femmes géorgiennes pendant la période post-soviétique, Irakli Rusadze est aussi défenseur de la communauté LGBT dans ce pays marqué par les traditions patriarcales.

Le style scandinave débarque avec la créatrice danoise Cecilie Bahnsen, finaliste du prix LVMH et ex-collaboratrice de John Galliano qui lui a donné le goût pour le romantisme et qui "adore l'idée qu'on puisse porter une robe de bal avec une simple paire" de baskets.

La Londonienne Wales Bonner, connue pour son style mixant culture noire et tradition britannique, intègre la Fashion week à Paris où elle avait remporté en 2016 le prix LVMH. Elle était devenue la première femme récompensée par ce prestigieux trophée.

S.R. Studio. LA. CA, marque fondée par l'artiste multidisciplinaire américain Sterling Ruby, qui avait collaboré avec le styliste belge Raf Simons sur de nombreux projets pour Dior et Calvin Klein, clôturera la première journée du prêt-à-porter féminin.

- "Orphelins du spectacle" -

Le défilé Dior mardi en début d'après-midi est l'événement attendu, après la précédente Fashion week cet été, entièrement virtuelle.

Hermès, Chanel et Louis Vuitton renouent aussi avec l'émotion du défilé, même si leurs shows se tiendront en petit comité, car la plupart des célébrités, acheteurs et journalistes étrangers ne peuvent venir en raison des restrictions liées à la crise sanitaire.

"La précédente Fashion week entièrement digitale nous a laissés tous orphelins d'une forme très vivante du spectacle", a déclaré à l'AFP l'historien de la mode Olivier Saillard, pourtant pas convaincu que l'heure est venue de refaire des défilés. "C'est beaucoup d'efforts qu'on doit bien sûr saluer, mais s'il n'y a pas d'acheteurs américains, asiatiques, pas de journalistes, à quoi bon?", s'interroge-t-il.

Pour lui, la crise sanitaire changera la manière de présenter la mode à l'avenir. "Il y aura moins de défilés, moins de collections croisière, on ne va pas tous repartir à l'autre bout du monde pour voir une collection de 15 minutes!

"Cela va éteindre certains excès. Tout le monde s'est recentré sur ce qu'il savait faire, c'est une forme d'introspection qui est bonne pour les maisons: moins mais mieux".

Même son de cloche chez la Turque Ece Ege à la tête de sa marque Dice Kayek: après quatre ans de pause car elle ne supportait plus la frénésie des Semaines de la mode, elle est de retour à Paris avec un film.

"Les films ou les expositions permettent d'exprimer qu'il y a d'autres choses dans votre univers que les robes, quelque chose que vous voulez raconter à travers le vêtement. Un film est toujours là, contrairement au défilé où vous mettez votre vie, toute votre énergie, votre fortune pendant six mois et puis cela dure huit minutes et personne n'a rien compris", résume-t-elle à l'AFP.

Relaxnews
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