Restrictions dans les rassemblements en Aveyron : suivez la règle

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  • Pas plus de 30 personnes désormais pour un quine. Ce n’est pas un cadeau pour les associations.
    Pas plus de 30 personnes désormais pour un quine. Ce n’est pas un cadeau pour les associations. Archives Centre Presse - Olivier Courtil
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Difficile d’y voir dans les nouvelles mesures de restrictions qui sont entrées en vigueur ce lundi, et leur limitation à 30 personnes pour les réunions festives ou familiales. éclairage. 

 

Chaque département adapte en fonction du niveau de circulation du virus sur son territoire, un cortège de règles et restrictions au sein duquel il est parfois difficile de se retrouver. Classé en zone d’alerte (rouge clair), l’Aveyron n’applique pas forcément les mêmes dispositifs que son voisin tarnais, chaque représentant de l’État ayant la possibilité d’adapter ceux-ci à la situation.

En Aveyron, "il faut tout faire pour éviter de basculer en zone d’alerte renforcée, beaucoup plus contraignante, avance le directeur des services du cabinet de la préfecture, Pierre Bressoles. Ce leitmotiv conduit à faire assaut de vigilance, sans devoir être trop coercitif pour autant, pour prévenir ce classement au palier supérieur.

Port du masque

Ainsi la préfète Valérie Michel-Moreaux a, dès la mi-septembre, imposé le port du masque pour les plus de 11 ans, lors des rassemblements, réunions ou activités réunissant plus de dix personnes dans l’espace public. Règle qui s’applique à tout public d’un événement sportif, quel que soit le nombre de spectateurs. Et le port du masque a été rendu obligatoire aux abords des établissements scolaires et universitaires…

30 personnes maxi

Vendredi 25 septembre, se sont ajoutées d’autres restrictions. On retiendra pour l’essentiel que les établissements recevant du public (ERP) ne peuvent plus accueillir, quand il s’agit d’événements festifs et familiaux, plus de trente personnes s’ils sont classés en catégorie « CTS » (chapiteaux, tentes et structures extérieures fermées) et « L » (salles d’audition, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usages multiples). Parmi ces dernières, les salles des fêtes et salles polyvalentes.

Fêtes : éviter les relâchements

Cette règle ne s’applique donc qu’aux événements « festifs et familiaux », souvent propices à des relâchements propres aux moments de détente. Il s’agit pour la préfecture d’éviter une configuration « où prédomine l’effet de groupe » et où le respect essentiel des gestes barrière (distanciation, port du masque, lavage des mains…) n’est pas toujours observé. Surtout quand buvette et restauration sur place sont au menu. Ces agapes et libations de groupe sont donc proscrites dans ces établissements recevant du public (à l’exception bien sûr des restaurants et débits de boissons).

Et la sphère privée ?

Elle n’est pas concernée par la mesure. C’est d’ailleurs, pour la préfecture, un grand sujet de préoccupation s’agissant notamment des fêtes étudiantes dans des domiciles privés. Un récent exemple à Rodez est venu le prouver : 39 élèves de BTS regroupés chez l’un d’eux ont été priés de rester chez eux après que l’un de leur camarade, présent à cette soirée « où les gestes sanitaires n’étaient pas respectés », a été révélé positif au Covid…

Le monde associatif contraint

L’esprit festif, vécu en groupe, et consommé bien souvent dans une salle des fêtes, en prend un coup. Finis le civet géant des chasseurs, la paella du foot, la choucroute du basket, le cochon de lait des parents d’élèves, etc. Restent les quines, cette religion aveyronnaise. On peut y manger la fouace, y boire un coup… ou non. Mais ces grands-messes du hasard et des cadeaux doivent rentrer dans le rang. Car « on est sur des formats dans lesquels il est difficile de faire respecter le protocole sanitaire » que ce soit dans la file d’attente avant d’entrer en salle ou devant les toilettes. « Il est vrai que la notion de fête est fluctuante, souvent sujette à interprétation », reconnaît Pierre Bressoles. L’esprit festif, quoi qu’on en dise, anime donc bien nos quines, priés d’attendre des jours meilleurs, car on image mal des associations limitant à 30 personnes ce qui, pour elles, est souvent une source de recettes…

A contrario, le monde associatif pourra toujours, au-delà de trente personnes, organiser une assemblée générale. On n’est plus dans cet esprit festif pour peu que l’on se passe d’un buffet de clôture ou d’un vin d’honneur.

Cérémonies en sobriété

Les rassemblements familiaux concernent aussi les cérémonies dans les lieux recevant du public. Un mariage dans la salle municipale qui y est dédiée, dans une église ou tout lieu de culte, comme le sont aussi les obsèques et les baptêmes peuvent accueillir plus de trente personnes. Car on n’y mange pas, pas plus qu’on y danse. Si l’événement est joyeux, un rendez-vous donné aux invités dans une salle des fêtes sera quant à lui… limité à 30 personnes.

Pour y voir clair, gardons à l’esprit que prédomine le respect sans concession des règles sanitaires. Et par là même les manifestations susceptibles de conduire à ce respect, quelle que soit la bonne volonté des organisateurs.  Ce que ne permet pas un groupe attablé devant un buffet ou une buvette.

Le chiffre

80

C’est environ, pour 100 000 habitants, le taux d’incidence du Covid en Aveyron. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis août et qui peut amener le département à être classé en zone d’alerte renforcée. 
 

30 personnes : soumis ou non ?

Quines

Soumis car considérés comme moment festif.  Plus de 30 personnes sont autorisées sans dîner ou buvette.

Mariages, baptêmes

Non soumis dans une salle de la mairie, un lieu de culte ou tout lieu public considéré comme solennel. Soumis dans une salle des fêtes si repas et (ou) soirée dansante…

Match de sports en salle

Non soumis, les spectateurs dans un gymnase peuvent être plus nombreux que trente. Mais masque obligatoire et pas de buvette.

Concert en lieu clos

Non soumis, mais le public devra porter un masque et rester assis, à distance de ses voisins. Pas de restauration ni buvette sur place.

Christophe Cathala
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