Dice Kayek: s'habiller encore mieux dans ce monde de "science-fiction"

  • La marque turque Dice Kayek revient à la Fashion Week parisienne avec un message d'optimisme en plein Covid.
    La marque turque Dice Kayek revient à la Fashion Week parisienne avec un message d'optimisme en plein Covid. Martin BUREAU / AFP
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(AFP) - Des jeunes filles en tenues joyeuses retournent dans leur lycée à Istanbul: c'est avec un film de "science fiction" que la marque turque Dice Kayek revient à la Fashion Week parisienne avec un message d'optimisme en plein Covid.

"Il faut s'habiller, mettre de belles choses. Quand on a un masque et qu'on ne se maquille plus, cela prend beaucoup d'importance", assure Ece Ege à la tête de sa marque Dice Kayek recevant l'AFP dans la boutique parisienne à Saint-Germain-des-Prés.

Il y a quatre ans, la créatrice a arrêté les défilés à Paris après avoir créé jusqu'à six collections pas an.

"Est-ce que cela apporte plus financièrement? Non. Cela fait dépenser plus? Absolument. Je suis devenue une machine à créer et j'ai dit stop. Puis le Covid est arrivé. C'est devenu évident pour tout le monde".

Ralentir, se concentrer sur des pièces "intemporelles" qui conviennent à tous les âges, présenter ses collections dans des films qu'elle conçoit avec la réalisatrice et photographe Marie Schuller et des expositions dont celle au Victoria and Albert Museum à Londres: elle a débuté bien avant l'heure des "changements" qu'elle pense "irréversibles" dans le monde d'après.

- Chemisier blanc -

"Les films, vous pouvez revenir dessus, c'est toujours à la mode. Le défilé, vous y mettez votre vie, toute votre énergie, votre fortune pendant six mois et puis cela dure huit minutes et personne n'a rien compris", résume-t-elle.

Les chemisiers blancs en popeline, pièce phare de la marque Dice Kayek, qui ont même été déclinés un temps en robes de mariée et ses robes courtes structurées avec une jupe évasée et la ligne de taille "qui rend les jambes interminables" sont mis en scène dans le film projeté jeudi dans la cadre de Paris Fashion Week.

Les jeunes filles assistent à un cours, vêtues de chemisiers, puis s'évadent dans leurs rêves pour jouer à cache-cache, dans un univers à la fois joyeux et dérangeant d'un lycée abandonné d'Istanbul, dont certaines scènes évoquent le film d'horreur Shining.

"Les films ou les expositions permettent d'exprimer qu'il y a d'autres choses dans votre univers que les robes, quelque chose que vous voulez raconter à travers le vêtement", souligne Ece Ege, qui se définit comme "black side of the cute" (côté noir du mignon).

Le choix du lycée est symbolique au moment où les cours se font à distance pour cause du Covid-19. Le film rappelle aussi la beauté et le plaisir des choses quotidiennes dont nous avons été ou restons privés, comme l'éducation en "présentiel" ou les sorties avec des tenues habillées.

"La nouvelle collection est très joyeuse, on a besoin de cela. Les lycéennes retrouvent leur école qui leur manque. Il n'y plus d'école +physique", tout est en ligne, ce n'est pas possible pour moi".

- Présentation écolo -

"La nouvelle collection est très joyeuse, on a besoin de cela. C'est un message d'espoir, il faut rester positifs", souligne la créatrice.

Cette Fashion Week "phygitale" à Paris, où les maisons proposent aussi bien les films créatifs que les défilés lui convient et elle dit ne plus être séduite par les défilés.

Les présentations numériques, "c'est écologique, cela consomme moins, cela pollue moins et c'est plus écoresponsables", souligne-t-elle jugeant que les petites marques devraient opter pour ce modèle.

"Il faut des groupes dans la mode. Ceux qui ont de gros budgets, les grandes maisons, font de très beaux défilés, cela vaut la peine (...) Pour les petites marques, il vaut mieux se concentrer sur des présentations créatives en dehors des Fashion Weeks".

Relaxnews
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