Couvre-feu : pour les tables aveyronnaises de Paris, c’est le "coup de grâce"

  • Mathieu Decruéjouls  devant son établissement,  Le Passage Saint-Honoré  dans le 1er arrondissement.
    Mathieu Decruéjouls devant son établissement, Le Passage Saint-Honoré dans le 1er arrondissement. repro cpa
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Attentats de 2015, crise des gilets jaunes, manifestations contre la réforme des retraites, crise sanitaire… La vie des restaurateurs aveyronnais de Paris n’est plus si rose que cela. Et l’annonce d’un couvre-feu à 21 heures d’Emmanuel Macron mercredi soir n’y arrange rien. L’Espalionnais Mathieu Decruéjouls, à la tête du Passage Saint-Honoré à quelques encablures de la luxueuse place Vendôme, n’a d’ailleurs pas attendu la fin des annonces du Chef de l’État pour exprimer toute sa colère sur les réseaux sociaux. "Il faut tout péter !", a-t-il lancé.

Et ce n’est pas une nuit passée à cogiter sur le placement de ses salariés en chômage partiel, sur les charges à payer ou encore sur ce Paris appelé à devenir encore un peu plus triste et déserté qui a atténué sa colère. "Ils nous prennent pour des dindons ! J’aurais préféré qu’on nous dise de fermer plutôt que de nous endormir avec un exercice de communication…", soufflait-il encore hier matin. Et n’allez pas lui parler d’une certaine dangerosité du virus ou encore d’un accélérateur de pandémie comme certains l’ont avancé : "Chez moi, tout le monde travaille avec le masque, les distanciations sont respectées et on désinfecte tout ! On n’est pas dans un supermarché où on achète un abricot qui vient d’être touché par cent personnes avant vous…"

"Les fast-foods s’en sortiront mais nous…"

Bref, pour Mathieu Decruéjouls, comme nombreux de ses confrères, le coup est dur à encaisser. Pour autant, l’Aveyronnais a décidé de ne pas baisser les bras, ce n’est pas le genre de cet ancien rugbyman du Nord-Aveyron. Dès hier matin, le planning de ses 25 salariés a été réajusté – 15 sont désormais en chômage partiel- et qui sait, "on aura peut-être une bonne nouvelle en accueillant des gens plus tôt pour manger". "De toutes les manières, on est monté à Paris pour travailler et faire tourner la France. On continuera même si aujourd’hui, on touche davantage d’aides à ne rien faire !", conclut-il. Avant d’accueillir les premiers clients du midi, "ceux qui ne sont pas en télétravail"… Ses pertes, le restaurateur les chiffre déjà à plus de 60 %.

Chez son confrère Pascal Mousset, originaire de Mur-de-Barrez, les prévisions sont sensiblement les mêmes. Lui est à la tête de cinq affaires dans la capitale, dont l’institution des Invalides, "Chez Françoise". En tant que président du groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration d’Ile-de-France (GNI), il est également le porte-parole de 6 000 professionnels du secteur dans la région parisienne… Mais hier matin, il n’avait pas franchement les mots pour réagir à la mise en place d’un couvre-feu. "C’est le coup de grâce", nous a-t-il répété, à plusieurs reprises. Très inquiet pour l’avenir de la profession. "Les fast-foods s’en sortiront mais nous…", le rejoint Mathieu Decruéjouls. Impatient de voir renaître la célèbre citation de Jules Renard pour ses affaires : "Ajoutez deux lettres à Paris : c’est le paradis".

Mathieu Roualdés
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