Boussac : Francis Christophe, sculpteur "girouette"

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Dans son atelier, à Boussac, le carrossier-peintre de formation fabrique des girouettes. Uniques forcément.

Francis Christophe est un doux rêveur, mais les pieds bien ancrés au sol. Petit, il était attiré par tout ce qui bougeait dans le ciel, et la nature en général. Et, forcément, à la campagne, comme il avait les yeux toujours rivés vers le haut, il s’est pris de passion pour les… girouettes dont il dessinait les moindres détails.

Il s’est engouffré dans cette voie, sculpteur "girouette" qui ne tourne pourtant pas sa veste comme le veut l’idée reçue puisque " la girouette ne tourne pas avec le vent, elle effectue un va-et-vient ". Et, presque quarante ans plus tard, ce tôlier-carrossier-peintre-chaudronnier de formation n’en a pas fini avec le sujet entre création originale (également de potence et de dessous de plat) et souhait des particuliers. Ce travail avec les mains, il le revendique haut et fort, avançant son amour pour "le savoir-faire" qui se perd au profit du… profit commercial. Tout cela sans prétention car "je suis plus un artisan qu’un artiste".

Dans sa ferme familiale du Roucal, à Boussac – il est né à Rodez mais il a rapidement rejoint la campagne baraquevilloise –, où il est également éleveur de vaches, il découpe au plasma ses plaques de tôle zinguée avant d’affiner son ouvrage durant près de deux jours. "Tout ce qui se dessine sur un papier peut plus ou moins se fabriquer, raconte-t-il. Certains clients savent très bien ce qu’ils veulent ; d’autres me demandent des conseils. De toute façon, j’aime rendre les gens heureux, même s’il m’est arrivé de refuser poliment, notamment par conviction personnelle."

Coup de pied au cul du coq !

Et, dans ces innombrables girouettes façonnées depuis une quarantaine d’années – "l’essentiel est dans la soudure, au bon endroit, sinon cela ne fonctionne pas" –, il en a vu de toutes les couleurs et de toutes les formes, telles le concorde, la (fameuse) sorcière, le joueur de rugby, les animaux de la chouette à la chèvre en passant par l’âne… Sans oublier le coq, véritable emblème de la girouette ! Pourquoi d’ailleurs ce gallinacé ? "Les anciens ne manquaient pas d’anecdotes. Pour celle-là, ils racontaient que, de bon matin, et alors que le coq chantait à tue-tête devant sa porte, le curé est sorti et lui a donné un sacré coup de pied au cul. Et le coq a atterri sur le clocher ! C’est pour cela qu’il y est resté…"

Désormais, les girouettes – côté budget, il faut compter 350 € en moyenne – sont principalement devenues des objets de décoration, installées le plus souvent sur un mât et non plus sur une toiture ("c’est bien dommage pour les voisins", en rigole Francis Christophe). "Les clients veulent avant tout des souvenirs. Il n’est pas rare d’ailleurs d’en fabriquer deux ou trois identiques pour des personnes de la même famille. On me demande même de graver des initiales. Après, pour moi, le motif n’est pas le plus important. C’est le mécanisme. Et l’habillage avec la volute et la rose des vents pour les points cardinaux, sachant que la flèche montre, bien entendu, d’où vient le vent."

Grâce à son univers frais et naïf imprimé en ombre chinoise drôle et tendre à la fois, mais également " au confinement où les gens, ne pouvant pas se déplacer trop loin, se sont intéressés à ce qu’il y avait proche de chez eux ", Francis Christophe a "découvert" de nouveaux clients, lui qui a été privé des habituels marchés d’art. " Des gens sont venus de Colombiès, à quelques kilomètres d’ici, pour passer commande. Sans oublier internet qui n’a jamais aussi bien fonctionné. J’ai connu l’évolution du métier, mais également l’avènement d’une petite boîte qui permet de vendre installé confortablement installé dans son salon." Avant de conclure : "Mais, je n’invente rien car la girouette existe depuis la nuit des temps."

 

Apiculteur et… batteur

Deux autres passions animent Francis Christophe. Depuis tout petit, et dans le sillage de ses parents, il s’occupe de ruches grâce à une culture raisonnée (avec notamment du trèfle blanc) pour une fabrication de miel sans filtre. "Je ne cherche pas la vente à tout prix et je ne veux faire concurrence à personne, surtout aux apiculteurs qui ne vivent que de leur production." Enfin, et c’est une partie méconnue de sa vie, il est batteur pour différents groupes de la région. "Je joue de moins en moins car je n’ai plus trop le temps, mais je me suis régalé avec parfois des gars de renom."

"Les girouettes du Ségala" de Francis Christophe se trouvent au Roucal, à Boussac. Contact au 06 03 47 15 28.
 
Paulo Dos Santos
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