Aveyron : les laboratoires "tournent à plein régime" pour effectuer les tests PCR

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  • Le centre de dépistage du laboratoire Lxbio à La Primaube, hier matin.
    Le centre de dépistage du laboratoire Lxbio à La Primaube, hier matin. José A. Torres
Publié le , mis à jour

Plus de 9 500 prélèvements il y a quinze jours, 10 000 la semaine dernière… le nombre de tests PCR destinés à détecter le coronavirus explose en Aveyron. Pour l’heure, les laboratoires parviennent à tenir les délais pour livrer les résultats.

Depuis le début de l’épidémie de la Covid-19, et plus encore ces derniers mois, le nombre de tests PCR a augmenté de façon très significative.

En particulier ces dernières semaines, en Aveyron, où le nombre de tests a atteint les 1 000 par jour, dans les différents laboratoires de LxBio à travers le département. 

A Rodez par exemple, à différents moments de la journée, une dizaine de personnes se retrouvent à l’angle de la rue Béteille et de la rue Cabrières. Masque sur le visage, ces hommes et femmes attendent leur tour avant de subir un test PCR.

Des personnes de tous âges s’y présentent habituellement, mais ce jour-là, ceux qui sont convoqués sont plutôt jeunes. Une étudiante vient par exemple se faire tester après "des cas contacts" dans son équipe de handball, un autre s’est présenté au laboratoire après que son médecin a décelé des symptômes qui pourraient être ceux du coronavirus. Il est étudiant à l’IUT de Rodez.

Et comme partout en France, l’Aveyron voit un nombre croissant de jeunes touchés par le virus, les moins de 30 ans constituaient même plus de 30 % des cas positifs lors du mois d’août. La rentrée scolaire et sportive n’a fait qu’augmenter ce pourcentage. " Les jeunes sont les plus exposés au virus, car ils sont aujourd’hui les plus mobiles ", assure le Dr Alain Vieillescazes, médecin à Rodez et président du conseil de l’ordre. Comme tous ces confrères, celui-ci n’hésite pas à prescrire un test PCR, pour lever un doute. D’ailleurs, ces dernières semaines, le nombre tests réalisés a connu une très forte accélération.

"Nos sites tournent à plein régime"

Par exemple, les laboratoires Lxbio, qui réalisent les tests en Aveyron, ont effectué près de 9 500 prélèvements il y a quinze jours, 10 000 la semaine dernière… "Nos sites tournent à plein régime, souligne Pascal Coudène, biologiste. Que ce soit celui de la rue Béteille à Rodez, de Bourran, d’Onet-le-Château, de Millau ou de Villefranche-de-Rouergue, les gens se pressent pour réaliser leur test". Très vraisemblablement, "nous allons rapidement dépasser la barre des 10 000 tests réalisés par semaine", avance Pascal Coudène.

Comment expliquer cette explosion des dépistages pour la Covid-19 ? "Nous avons multiplié les tests pour les personnes dites cas contacts, poursuit le biologiste des laboratoires Lxbio. Et puis, à titre d’exemple, lorsque nous testons un Ehpad Nous pouvons réaliser cinq à six prélèvements par jour sur une cinquantaine de personnes. C’est une charge de travail conséquente."

Un nombre de cas positifs croissants

Pour faire face, les laboratoires ont dû s’adapter, réorganiser leur mode de fonctionnement : des plages horaires consacrées uniquement aux tests PCR ont été mises en place, " même si nous continuons d’assurer la prise en charge d’autres prélèvements, précise Pascal Coudène. Un important travail en amont est également réalisé pour permettre de tester le plus grand nombre de personnes possibles." Effectivement, entre l’arrivée devant le laboratoire et la réalisation du test, il ne s’écoule que quelques minutes. Les résultats sont rendus le lendemain de la prise de test. Toutefois, Pascal Coudène prévient : "Le nombre de cas positif augmente de manière exponentielle. Et pour répondre à la demande, nous comptons embaucher dix-huit personnes supplémentaires. Nous avons également stocké tout le matériel nécessaire à la réalisation de ces tests, écouvillons et réactifs." Mais le biologiste s’interroge : "Allons-nous pouvoir continuer longtemps à ce rythme ?". Alors que le nombre de cas positifs ne cesse de croître, chaque jour, en région de l’ordre de 12 % sur les 125 000 tests effectués entre le 5 et 11 octobre. La circulation du virus n’a cessé d’augmenter depuis le début du mois d’octobre avec une accélération importante vers la mi-octobre. Le taux d’incidence (le nombre de nouveaux malades sur une période donnée) était de 369 pour la semaine du 16 au 22 octobre. Ce qui fait de l’Aveyron le 2e département de la région qui compte désormais neuf départements au-dessus de 300. D’après les éléments des autorités de santé, la classe d’âge des 20-30 ans reste celle avec le plus grand nombre de cas positifs, même si aucune classe d’âge n’est épargnée. Le taux d’incidence est également très élevé chez les plus de 90 ans en raison des dépistages massifs réalisés dans de nombreux Ehpad.

" Tous les territoires sont touchés, complète le Dr Alain Vieillescazes. Même si on constate, sans surprise, un nombre de cas et des taux d’incidence forts dans les principales communes du département où sont localisés la majorité des clusters".

 

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Soit le nombre, en Aveyron, de clusters ou de foyers épidémiques recensés par Santé publique France depuis le 1er octobre. Quinze sont dits « en criticité élevée » : huit en Ehpad, trois en SSR (Soins de suite et de réadaptation), deux en établissements PH, un dans un service de court séjour gériatrique (CGG), et un en milieu scolaire. Cette liste n’est pas exhaustive car d’autres clusters, de moindre importante, ont été détectés dans des entreprises, en milieux scolaire ou dans des clubs sportifs.
 

Philippe Henry
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