Covid-19 : la dégradation de la situation se généralise en Occitanie

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  • "En un mois, le nombre de nouveaux cas de Covid est passé de 6 000 par semaine à 16 000, il a quasiment été multiplié par trois", détaille l’ARS.
    "En un mois, le nombre de nouveaux cas de Covid est passé de 6 000 par semaine à 16 000, il a quasiment été multiplié par trois", détaille l’ARS. JAT
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Dix patients du CHU de Nîmes ont été transférés à Toulouse et en Bretagne. Cette opération, lancée lundi, a pour but de détendre le système hospitalier avant la saturation alors que la situation se détériore en Occitanie.

Face à "une dégradation rapide et générale de la situation en Occitanie" sur le front de la Covid-19, "le CHU de Nîmes procède depuis lundi à des évacuations sanitaires". Pierre Ricordeau, directeur régional de l’agence de santé, a décrit une situation alarmante, hier, en milieu d’après-midi, au moment même où les brancards étaient sur le tarmac de l’aéroport de Nîmes-Garons.

Quatre malades ont été évacués vers des établissements de santé en Bretagne, après les six transferts de la veille vers le CHU de Toulouse, l’hôpital de Saint-Gaudens, et les cliniques Croix du Sud, Pasteur (Toulouse), et d’Occitanie (Muret).

Les images du transfert, là où, au printemps, des patients du Grand Est étaient accueillis, donnent un visage à une "deuxième vague extrêmement forte" qui inquiète les professionnels de santé depuis des semaines. "Dans le Gard, la situation s’est tendue le week-end dernier, particulièrement chez les plus de 65 ans", indique Pierre Ricordeau, qui n’exclut pas "dans la semaine, d’autres transferts de patients Covid et non Covid pour alléger les services de réanimation sans attendre la saturation".

Plus globalement, l’Occitanie fait face à "une explosion des contaminations particulièrement rapide depuis début octobre, sur la totalité du territoire, urbain comme rural. Le risque de croiser une personne contagieuse est aujourd’hui très significatif".

Des lits armés

Quelques chiffres : "En un mois, le nombre de nouveaux cas de Covid est passé de 6000 par semaine à 16 000, il a quasiment été multiplié par trois", détaille l’ARS. Le nombre d’hospitalisations flambe aussi : 200 par semaine mi-septembre, désormais 700. Avec un élément inquiétant : "À la fin de l’été, les plus jeunes étaient touchés. Ils sont rattrapés ces dernières semaines par les plus âgés, les plus sensibles au virus".

"Sur l’ensemble de l’Occitanie, l’incidence est de 286 cas pour 100 000 habitants chez les 60-70 ans, de 232/100 000 chez les 70-80 ans. Le seuil d’alerte est de 50/100 000", rappelle Pierre Ricordeau, qui indique que 116 foyers de contamination, les "clusters", sont en cours d’investigation dans les Ehpad de la région. Il explique que "cette situation se traduit par un impact sanitaire très important sur les hospitalisations, l’occupation de lits de soins critiques, et les décès". Hier, 1210 personnes infectées par la Covid-19 étaient hospitalisées en Occitanie, dont 247 en réanimation, avec des projections à la hausse : 320 début novembre, 500 mi-novembre.

On sera alors au-delà des capacités du public et du privé, sur la base des lits autorisés, sans parler des tensions sur le personnel. Les ouvertures de lits de réanimation progressent déjà : "Aujourd’hui, 550 places sont armées, on pourra monter à 800 ou 900", précise l’ARS, qui souligne que la Covid représente actuellement un tiers des patients admis en réanimation.

Demain peut-être davantage, alors que le spectre des déprogrammations d’interventions jugées non prioritaires, triste réalité de la première vague, se profile : "Lundi, j’ai placé l’ensemble de l’Occitanie en niveau 3 d’alerte, qui permet des débuts de déprogrammations, et le Gard en niveau 4, qui permet des déprogrammations plus larges. merWcredi (aujourd’hui), il est probable que l’Occitanie passera en niveau 4", annonce Pierre Ricordeau.

Un signe, s’il en fallait encore un, de la gravité de la situation ? "Nous commençons à déployer les centres Covid en Haute-Garonne et bientôt dans l’Hérault", souligne l’ARS. Ces sites de consultation et de dépistage avaient été balayés par l’extinction de la première vague.

Un rappel "de la règle des 6 personnes" à la maison, l’appel à respecter le couvre-feu, les gestes barrière, à télécharger l’application "Tous anti-Covid", semblent déjà illusoires. "Les messages des pouvoirs publics passent mal", regrette Pierre Ricordeau. Et "nous sommes arrivés à un moment où il faut prendre des mesures efficaces".

S.G.
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