Football : drôle d'ambiance dans le huis clos de Rodez - Auxerre samedi soir

  • Huis clos au stade Paul-Lignon.
    Huis clos au stade Paul-Lignon. CPA - JLB
Publié le , mis à jour

Pour la première fois de son histoire, le Rodez Aveyron football a joué dans un stade Paul-Lignon complètement vide, à huis clos, samedi soir pour le compte de la 9e journée de Ligue 2, face à Auxerre (2-2 au final). Une première qui restera dans les annales pour plusieurs raisons.

D’abord, quelques minutes avant le match, voir la rue Vieussens vide, complètement vide, restait déconcertant. Pas de queue devant l’entrée, pas de pronostic d’avant-match, pas d’engouement… Rien signifiait qu’un match de foot professionnel allait se jouer. Une fois dans l’enceinte, pour les journalistes, photographes, salariés des deux clubs aussi, c’est un sentiment bizarre. Pareil, les buvettes fermées, personne n’est adossée sur les barrières, sur la main courante, en tribunes… Même la sono était moins forte qu’à l’accoutumée.

« Il fait que pleurer celui-là ! »

Une fois que le match a démarré, ce sont les joueurs, les entraîneurs, les remplaçants et le sifflet de l’arbitre qui ont fait « l’ambiance ». Car, si on ne se rend pas forcément compte lors des matches devant la télé, au stade sans spectateur, dans un stade vide, on entend tout ! Des consignes de Peyrelade, au « décale » d’Henry, ou les « j’ai » de Bardy. Et dans ce type de match, même si le coach ruthénois n’était pas sur le terrain, il s’est « envoyé » à donner de la voix. Notamment pour encourager et replacer ses garçons, mais aussi pour pester contre l’adversaire. « Il fait que pleurer celui-là ! », a-t-il pu dire durant la première période.

« Quand il y a 1 000 ou 2 000 personnes on m’entend aussi, là j’en ai profité », a-t-il souri à la fin du match. Même le banc des remplaçants, en tribune pour l’occasion, a su encourager quand il le fallait, et surtout « s’enjailler » quand Ugo Bonnet et David Douline ont inscrit les buts ruthénois.

« Ce n’est pas pareil quand on célèbre le but, confirmait Ugo Bonnet à la sortie du match. C’est triste sans supporters. D’autant plus que moi j’aime bien célébrer avec le public. »  La fin de match, crispante, s’est ressentie sur la pelouse, mais aussi pour les remplaçants dès deux côtés. Plus de contestations, plus de « blabla » pour ne rien dire. Mais tout est retombé dès le coup de sifflé final. Rien. Aucune réaction des deux côtés. Le silence est revenu au galop.

Pour finir la soirée, comme au début d’ailleurs, toujours pas de queue pour quitter cette rue Vieussens qui a sonné creux. Pour résumer cette première soirée à huis clos à Paul-Lignon, le sentiment qui régnait pour les chanceux présents au stade était étrange. Le public ruthénois (voire aveyronnais) tant aimé, tant apprécié par le groupe de Laurent Peyrelade aura manqué pour pousser les coéquipiers de Chougrani à garder la victoire en seconde période.

Alexis Bargallo
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