Millau : des enfants refusant le port du masque privés d’école

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  • Des parents de Saint-Jean-d’Alcas sont opposés à la décision du gouvernement.
    Des parents de Saint-Jean-d’Alcas sont opposés à la décision du gouvernement. Repro CP
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Des parents de Saint-Jean-d’Alcas sont opposés à la décision du gouvernement.

Ils portent le masque. Ils insistent d’ailleurs sur le fait qu’ils n’y sont pas opposés, même si, comme beaucoup, ils ne trouvent pas ça forcément désagréable. En revanche, ils ne souhaitent pas que leurs enfants, scolarisés dans la petite école de Saint-Jean-d’Alcas, appliquent la directive de l’Éducation nationale qui oblige désormais tous les enfants de plus de 6 ans à le porter. Depuis le début de la semaine, ils bataillent contre cette décision, qu’ils jugent "absurde". Alors vendredi matin, quand ils se sont regroupés devant l’école, les gendarmes étaient sur place pour jeter un œil sur la situation. Une représentante de l’inspection académique était également présente pour faire le point sur la situation, en présence d’élus, le tout devant une institutrice désemparée.

Des certificats médicaux

Au final, quatre élèves, qui avaient pu se procurer des certificats médicaux contre-indiquant le port du masque ont pu entrer, mais pas les cinq autres. Il n’y avait donc que douze enfants sur dix-sept en classe vendredi. Et la situation ne devrait pas forcément évoluer dans les prochains jours. Car les parents refusent catégoriquement. "Nous dénonçons cette obligation mise en œuvre sans concertation, sans anticipation ni préparation, militent-ils. Cela fait plusieurs mois que les instances compétentes en matière de santé publique signalent une recrudescence de l’épidémie de Covid-19 et nous estimons que cette décision pouvait être évitée." Et de mettre en avant que depuis la sortie du premier confinement, leurs enfants ont passé plusieurs mois à l’école, sans masque, sans qu’il n’y ait aucun malade dans l’école. "Il n’y a pas de cluster dans l’école", s’agace Frédéric Lecu, l’un des parents, qui s’appuie également sur les recommandations de l’OMS et de l’Unicef, qui ne le préconisent pour les enfants que sous certaines conditions, qui ne sont pas réunies dans la toute petite école de Saint-Jean-d’Alcas. "Il y a aussi le problème qu’à six ans, ils ne peuvent pas garder leur masque propre."

Pas de solution

Alors que faire ? Les parents ont tenté, en début de semaine, une médiation avec l’inspectrice. Les parents ont fait plusieurs propositions. "Nous avons proposé de réorganiser la classe pour qu’ils travaillent une heure avec le masque puis qu’ils aient une longue pause dehors sans, explique l’un d’eux. Nous avons demandé l’installation de vitre en plexiglas, que nous étions prêts à venir poser nous-même, si besoin. Nous avons également proposé que la classe se fasse dans une salle plus grande pour qu’il y ait plus de distance entre les enfants. À chaque fois, on nous a dit que ce n’était pas le protocole. On est tombés face à un mur."

Depuis lundi, donc, les enfants ne vont plus à l’école. Et ils risquent vite de prendre du retard. Ce qui inquiète les parents. "On nous a dit que si nous n’étions pas d’accord, on n’avait qu’à déscolariser nos enfants, reprend Fanny Romiguier. Mais ce n’est pas ce que nous voulons. C’est le meilleur moyen de marginaliser nos enfants malgré nous." Et de mettre en avant que cette solution, aurait d’énormes conséquences pour l’école, car si tous ces parents venaient à retirer leurs enfants, elle risquerait de fermer. Et donc d’avoir des conséquences pour tout le village.

Le rectorat privilégie le dialogue

Sollicité sur le sujet, le rectorat de Toulouse rappelle que "pour les élèves en école élémentaire, en collège et en lycée, le port du masque grand public est obligatoire dans les espaces clos comme dans les espaces extérieurs de l’établissement scolaire. L’avis du médecin référent détermine les conditions du port du masque pour les élèves présentant des pathologies particulières […] Les parents ne peuvent donc pas refuser le port du masque pour leurs enfants ou décider de ne pas l’envoyer à l’école pour cette raison. Cependant, le recteur a bien rappelé que tout enfant devait être reçu à l’école et il demande que soit toujours privilégié le dialogue entre l’École et les familles."

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