Aveyron : l’ensemble de la filière sportive touchée de plein fouet

  • Vincent Labourdenne de TDSC.
    Vincent Labourdenne de TDSC. - José A. Torres
  • Cyril Granier de CG performance. Cyril Granier de CG performance.
    Cyril Granier de CG performance. Centre Presse - Rui Dos Santos
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Les sportifs et leurs clubs ne sont pas les seuls à pâtir du reconfinement et de cette année 2020 déplorable. Les entreprises vivant du sport étant aussi dans le dur.

" C’est bien simple. On avait 32 courses à chronométrer sur l’ensemble de l’année 2020. Au final, on a pu officier seulement sur deux, le trail des Ruthènes et le 10 km de Villefranche... La perte est énorme. " Nicolas Cantagrel et la structure familiale nommée Chrono Cantagrel, administrée par sa femme Virginie et dans laquelle officie aussi son frère Sébastien, ont ainsi vécu une année blanche, ou quasiment. Comme d’autres prestataires ou fournisseurs du sport aveyronnais, ils végètent.

"Le jour de l’annonce du reconfinement, on s’est arrêté net, dévoile pour sa part Vincent Labourdenne, à la tête de TDSC, une entreprise spécialisée dans le matériel de sport en tout genre qui compte huit salariés et deux agences (Albi et Brive) en plus du siège social à Onet. Actuellement, on termine toutes les commandes en cours, mais on ne peut plus aller sur le terrain, les achats traditionnels de la période d’hiver sont stoppés et le téléphone ne sonne plus. "

Gestion des stocks et de la trésorerie, multi-activité

Une situation délicate à plusieurs titres. À commencer pour l’emploi. "Pour l’instant, toute l’équipe est là à 100 %, confie le dirigeant. On est une petite entreprise locale, on se débrouille comme on peut. Mais la question va se poser dans les 5 à 10 jours qui viennent concernant une éventuelle mise en place du chômage partiel." " Au global, on a une perte de chiffre d’affaires de 40 à 50 %", témoigne encore l’équipementier de nombreux clubs de sports collectifs en Aveyron notamment. Dès lors, y a-t-il ainsi un risque réel de mettre la clé sous la porte ? "Oui, répond-il, non sans émotion. Car, malheureusement, déjà lors du premier confinement, on n’a pas eu d’aides des collectivités locales, car on ne rentrait pas dans les critères d’attribution. Si on ne fait pas quelque chose pour nous aider, qu’on ne nous donne pas un petit coup de boost, je me poserais la question… "

Une pérennité de l’activité qui pourrait également être remise en cause par Cyril Granier, " si les choses devaient durer encore un moment ". L’ancien membre du staff de l’équipe de France olympique de VTT – notamment doctorant en physiologie du sport – qui a monté en 2019 sur le piton CG performance, structure mettant en lien le sport et la science, et notamment spécialisée dans les études posturales pour cyclistes.

"L’accès à mon local étant fermé, je suis à l’arrêt sur les études posturales, explique le trentenaire ruthénois. Mais la société est multifacette, ce qui me permet de tenir pour l’instant, grâce aux coaching de sportifs, à la rédaction d’articles spécialisés, à l’animation de stages ou encore à la dispense de cours à la fac. "

La diversification comme salut

La diversification de l’activité, voilà le maître mot de la filière aveyronnaise. " Pour nous, mis à part ma femme dont c’est l’activité principale mais pas exclusive, ça reste du bonus, détaille ainsi le chronométreur de Bezonnes et prof de sports à la ville, Nicolas Cantagrel. Donc on relativise les choses, même si je ne cache pas que tout ça a mis un bon coup d’arrêt à nos projets de développement de la structure. Même si, également, on travaille à d’autres projets en parallèle et notamment la création d’un espace de trail avec 21 parcours en vallée du Lot. " Du côté de TDSC, on surfe aussi sur les obligations du moment, comme le port du masque obligatoire. " On vient de mettre en place quelque chose qui bouge pas mal et pour lequel on commence à avoir beaucoup de demandes : les masques personnalisés pour enfants. Les écoles et les mairies sont sur le coup. " Un moyen aussi pour lui de régler, au moins en partie, un autre souci : une trésorerie en berne. "Car on a livré plein de clubs, ou on a rentré la marchandise pour les livrer. Tout cela, c’est de l’argent dehors. J’ai confiance en mes clients. On est un petit département, on se connaît bien et on me dit : "T’inquiètes pas Vincent, on va te payer". " Mais la question, c’est quand pourront-ils, eux, le faire ?

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