Rodez : au tabac-presse Le Victor-Hugo, l’artisanat local a trouvé une place de choix

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  • Claude De Sousa (à droite) avec quelques-uns des artisans référencés dans sa boutique.
    Claude De Sousa (à droite) avec quelques-uns des artisans référencés dans sa boutique. repro cpa
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Pour se démarquer et donner un coup de pouce aux artisans, en ces temps de confinement, le tabac-presse Le Victor-Hugo propose une large gamme de produits estampillés "artisanaux et locaux".

La valeur n’attend point les années. Cette citation tirée du Cid pourrait résumer les prémices de la nouvelle aventure professionnelle de Claude et Annie De Sousa, patrons du tabac presse Le Victor-Hugo, ouvert depuis le 1er juillet dernier sur l’avenue éponyme. En effet, moins de 5 mois après, les clients sont au rendez-vous chaque jour plus nombreux. Il faut dire que le couple est d’un naturel sympa et qu’il fait montre d’une réelle empathie à l’égard de ses interlocuteurs. Ils ont envie de bien faire et cela se voit. D’ailleurs, dans le quartier les avis à leur égard sont unanimes : "souriants, accueillants et serviables."

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance pour ce couple de Laissaguais aujourd’hui buraliste. Car après avoir cédé l’entreprise à laquelle ces derniers vouaient tout leur temps, ils auraient pu se contenter de vaquer aux plaisirs simples de cette nouvelle vie qui leur tendaient les bras. Mais "l’envie de faire, d’entreprendre et de servir a été la plus forte", concède aujourd’hui Annie De Sousa sur le ton de la plaisanterie.

Toutefois, quitte à reprendre une activité, il fallait que celle-ci soi totalement nouvelle et qu’elle leur plaise à tout les deux. C’est en binôme qu’ils faisaient tourner l’entreprise familiale c’est donc de la même manière qu’ils envisagent ce nouveau futur.

"Commerce facile"

Et c’est décidé, il sera commercial. "Surtout pour le contact avec les clients et les fournisseurs", indiquent-ils d’une même voix. Le tabac presse s’est vite imposé comme une évidence à leurs yeux. " Il fallait que ce soit facile", explique Claude De Sousa. Non pas que cet ancien plombier chauffagiste et sa femme soient fainéants. Bien au contraire. "On n’avait pas envie d’avoir à courir derrière le client, précise ce passionné de rugby et de bons vins. Quand quelqu’un rentre dans un tabac, c’est pour acheter ses cigarettes ou son journal. Un magasin de fringues, par exemple, c’est différent. Beaucoup de gens y entrent juste pour voir ou essayer. Il faut parfois batailler et convaincre avant de réaliser une vente. On n’avait pas envie de cela et puis surtout, on ne sait pas faire", reconnaît-il avec franchise. La suite est simple, cela faisait plus d’un an que le tabac de l’avenue Victor-Hugo était à vendre. Ça tombait bien car c’est justement l’activité qu’ils avaient ciblée. L’emplacement, face au jardin public du foirail et du musée Soulages, a achevé de les convaincre.

Artisanal et local

Cinq mois plus tard, au regard des sourires qui barrent leur visage sous le masque, il semble que leur choix était le bon. Claude et Annie De Sousa font également un tabac chez les riverains du quartier et les clients plus nombreux chaque jour (sauf le dimanche) à pousser la porte de leur échoppe.

Offrir une vitrine aux petits artisans du cru s’est rapidement imposé au couple qui fonctionne au coup de cœur. Les quelques artisans (coutelier, apiculteur, vigneron) du début ont vite été rejoints par d’autres (dessinateur de cartes postales, fabricante de savon bio au lait de jument, de chocolats bio, de biscuits, etc.) "Plein de choses originales faites par des passionnés et que l’on ne trouve pas trop ailleurs", résume Claude De Sousa.

"Le magasin n’est pas très grand, mais on s’arrange pour faire de la place aux nouveaux", précise-t-il conscient de la chance qu’il a d’être autorisé à garder son commerce ouvert alors que la plupart des autres sont fermés pour cause de confinement.

"Ce n’est déjà pas facile, en temps normal, pour un petit artisan qui se lance dans l’aventure économique de parvenir à commercialiser ses produits, explique le buraliste. On imagine que c’est encore plus difficile en ces temps de confinement. On essaie donc d’aider comme on peut en leur offrant un peu de visibilité et un point de vente", conclut Claude De Sousa avant de retourner à ses occupations.

Le Victor-Hugo est ouvert du lundi au samedi, non-stop de 8 h 30 à 19 heures.

"Une belle vitrine pour nos produits"

Sa boutique atelier de fabrication (www.layole.com) de couteaux Laguiole exploité par Honoré et Christophe Durand et leur père avant eux voit défiler chaque année des dizaines de milliers de visiteurs (avec 120 000 visiteurs accueillis l’an dernier c’est la 3e boutique d’Occitanie en termes d’affluence). Pour autant, lorsque Carlos De Sousa lui propose d’exposer et de distribuer ses réalisations par le biais de son tabac ruthénois, le coutelier laguiolais a tout de suite accepté tant 2020 s’annonce compliquée pour tous les fabricants et revendeurs de produits qualifiés de non-essentiels par le gouvernement. Jérôme Clavel un jeune apiculteur de l’Aubrac (Cantal, Aveyron et Lozère) vient de passer pro (www.occimiel.fr). Un changement de statut qui devait se concrétiser avec la construction d’une miellerie destinée au traitement et à la commercialisation de la production des quelque 200 à 250 ruches de ses protégées contre une centaine actuellement. Tout était prêt mais la pandémie est passée par là et visiblement elle s’y plaît bien. Par conséquent même si Jérôme est encore plus motivé que jamais pour mener à bien son projet il devra toutefois patienter et continuer avec son cheptel actuel. Présenter son miel toutes fleurs au Victor-Hugo "est une belle opportunité pour nous car c’est à Rodez et il y a du passage. C’est vraiment une belle vitrine pour nos produits", indique l’apiculteur qui profite de l’aubaine pour se faire connaître et exister ailleurs que sur l’Aubrac et la Toile ou le jeune entrepreneur écoule pour le moment sa production, en attendant la miellerie. Agricultrice à Laissac Audrey Jung a décidé d’ajouter une corde à l’exploitation familiale en lançant la fabrication de savon de juments. Avec le lait de ses 10 juments l’ex infirmière produit environ un millier de savons par an qu’elle écoule via le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux (jung.audrey@icloud.com) et trois commerces aveyronnais, dont le Victor-Hugo, à Rodez.

 

Rachid Benarab
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