Point infos seniors de l'Aveyron : "Depuis la rentrée, c’est le feu à cause de l’anxiété"

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  • Céline Conquet, coordinatrice et responsable du Point Info seniors de la communauté de communes Comtal Lot Truyère, en rendez-vous, ici, à Bozouls. Céline Conquet, coordinatrice et responsable du Point Info seniors de la communauté de communes Comtal Lot Truyère, en rendez-vous, ici, à Bozouls.
    Céline Conquet, coordinatrice et responsable du Point Info seniors de la communauté de communes Comtal Lot Truyère, en rendez-vous, ici, à Bozouls. Repro CP
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Les Points Info seniors, service public de proximité, sont en première ligne pour accompagner les personnes de 60 ans et plus.

Le premier confinement avait durement impacté le service de proximité du Département à l’attention des seniors. "C’était compliqué car on était tous en télétravail, Ehpad et hôpital de jour étaient saturés, les familles avaient pris le relais. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, on arrive à répondre correctement", déclare Céline Conquet, à la tête du Point Info seniors (PIS) Comtal-Lot-Truyère, en charge de vingt et une communes avec sa collègue Delphine Agrinier. En Aveyron, ce dispositif s’appuie sur quatorze Point Info seniors, focus donc sur celui qui couvre de Lioujas à Saint-Hippolyte. Le deuxième confinement affecte moins durement le dispositif car le choix a été fait de se concentrer sur sa mission première d’information et d’accompagnement pour mettre entre parenthèses son rôle d’animation (réunions d’information, ateliers, groupe d’échanges, etc.) "Nous avions mis en place du phoning pour le compte des mairies de façon à identifier les personnes lors du premier confinement. Cela n’est pas nécessaire pour le deuxième confinement", dit en ce sens Céline Conquet.

 

Être une écoute, accompagner

Pour autant, la situation reste très tendue et sensible atteignant le moral des gens. "80 % des demandes concernent les prestations pour le maintien à domicile. Depuis la rentrée, c’est le feu car les personnes sont dans l’inquiétude, l’angoisse, l’anxiété face à une situation qui dure. La priorité est donc mise sur l’accompagnement individuel car les gens éprouvent le besoin de parler, c’est normal car ils se retrouvent isolés", précise-t-elle. Car la coordinatrice est au cœur du lien social et tient à rappeler le rôle prépondérant du service public. "On va à l’inverse de la société en termes de proximité et de gratuité à l’heure où les services disparaissent. Nous nous sommes toujours présents, avec désormais deux coordinatrices, certes sur un secteur plus grand, mais cela témoigne de la volonté politique locale. On est un vrai service public, tout le monde est traité de la même façon". Une présence vitale pour le moral des gens, nécessaire pour leur droit. "La proximité est un atout fort. Nous sommes l’interface entre les usagers et les prestations. C’est du temps humain". Et le temps humain n’a pas de prix.

Localement, le dispositif fonctionne bien, même si des communes n’ont pas encore pris le réflexe du Point Info seniors car celui-ci, calqué sur la jeune communauté de communes, a émergé l’an dernier. " Aujourd’hui, compte tenu du contexte, les administrations ne sont pas aussi disponibles ou faciles à contacter qu’auparavant, surtout quand elles sont éloignées mais le travail de réseau construit au fil des années avec les partenaires permet d’accompagner, comme d’adapter le passage de l’ADMR, et rassurer chacun dans les procédures et demandes engagées. " Aussi, le PIS souligne la réactivité de ses partenaires de terrain tels que les travailleurs sociaux du conseil Départemental, des hôpitaux, des caisses de retraite (Carsat, MSA), mais aussi des services de maintien à domicile, infirmiers libéraux et médecins avec qui les contacts permettent encore une fois de mieux accompagner. A titre d’exemple, dit-elle : " Pendant le confinement, on a même réussi des accords de l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie, NDLR) sans contrat car il manquait des pièces. Il y a une vraie adaptation. " Comme quoi, le service public est réactif quand il est au plus près des besoins, de la réalité. Le binôme poursuit ainsi ses visites à domicile pour les personnes les plus fragiles, respectant les mesures sanitaires en s’appuyant sur le protocole d’un cabinet infirmier. "C’est là que le service public prend tout son sens, maintenir l’espoir, le lien en l’absence de leurs proches, de leurs petits-enfants, d’autant que s’adapter au changement est plus difficile", souligne Céline Conquet. Et de conclure : "A l’avenir, il conviendra peut-être d’ajuster les missions et interventions pour les adapter aux instructions de l’État, qui arrivent au jour le jour suivant l’évolution de l’épidémie et des décisions prises par le gouvernement."

En attendant, le PIS va intégrer au 1er décembre la Maison de santé de Bozouls, au rez-de-chaussée, au 10 rue des Grillons. Une façon d’être encore plus près des besoins et des services de proximité.

Repères

  • 2011, création du dispositif Point Info seniors.
  • 33,7 % de la population aveyronnaise soit 93 887 personnes de 60 ans et plus pouvant bénéficier de l’aide des Points info seniors.
  • 180 professionnels du conseil Départemental dont 92 référents sociaux et 19 référents pour les personnes âgées.
  • 14 Points Info seniors conventionnés en partenariat avec 7 associations et 7 intercommunalités.
  • 91 % du département couvert en 2020 pour une subvention de 545 477€.
Olivier Courtil
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