Confinement en Aveyron : Yann Fagard , "La fermeté pour ceux qui n’ont pas compris"

  • Le colonel Yann Fagard, commandant du groupement de gendarmerie de l’Aveyron.
    Le colonel Yann Fagard, commandant du groupement de gendarmerie de l’Aveyron. Archives C.C.
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Si la vie économique continue durant le confinement, la vie sociale, elle, doit marquer le pas. La gendarmerie y veille en conjuguant discernement et répression chaque fois que nécessaire.

Le ministre de l’Intérieur a été clair : il faut multiplier les contrôles, et en premier lieu sur les attestations dérogatoires de sortie, durant ce confinement. Et dans notre département, la police comme la gendarmerie s’acquittent pleinement de cette mission. " Elle représente même 76 % des activités actuelles de la gendarmerie ", relève le colonel Yann Fagard, commandant du groupement de l’Aveyron.

Contrôles plus sélectifs, plus ciblés

Pour autant, ce confinement de novembre n’a pas grand-chose à voir avec celui du printemps : beaucoup de gens travaillent, les écoles restent ouvertes "et les flux sont beaucoup plus importants car la vie économique continue, confirme le colonel Fagard. Tout le monde peut circuler s’il a une bonne raison de le faire : le contrôle doit donc être plus sélectif, plus ciblé que lors du premier confinement". En conséquence, "discernement et pédagogie" doivent animer les forces de l’ordre. "On évite ainsi les contrôles durant les mouvements pendulaires, à l’heure du départ vers le travail, où à celle du retour".

Un minimum de souplesse, donc, mais ne nous y trompons pas, la répression reste au cœur du dispositif. Le colonel Fagard prévient : "La fermeté reste nécessaire pour certains individus. Notamment ceux qui n’ont pas compris que la vie sociale devait s’arrêter et dont le comportement déviant peut freiner un retour au déconfinement", et une entorse préjudiciable au combat contre la Covid-19.

Fêtards dans le collimateur

En premier lieu "ceux qui font la fête à la maison". Et notamment dans la nuit de samedi à dimanche à Gaillac-d’Aveyron où neuf jeunes majeurs partageaient alcool et stupéfiants avant l’intervention de la gendarmerie, prévenue par leur tapage. Et aussi samedi soir à Saint-Geniez avec cinq jeunes majeurs qui n’habitaient pas dans la résidence où ils faisaient la fête. "On n’est plus,, face à de tels comportements, dans la pédagogie et le discernement. Pas de mansuétude, mais de la fermeté, là encore, pour tous ceux qui, manifestement, ne se sentent pas concernés par la situation actuelle ".

Verbalisations : situation comparable avec le printemps

Combien de contraventions ainsi dressées ? Les chiffres ne sont pas rendus publics, si ce n’est par le seul ministère de l’Intérieur. Mais la gendarmerie l’assure : le volume de contraventions est semblable, au jour le jour, à celui du premier confinement. On avait relevé ainsi en avril plus de 200 verbalisations par semaine, sur l’ensemble du territoire aveyronnais. Et l’on remarquera cette fois que, depuis le 30 octobre, les interventions pour "tapage" – des libations festives pour l’essentiel - ont "augmenté de 20 %". Au même titre que les appels des citoyens au centre opérationnel de la gendarmerie pour comprendre ce qu’ils ont ou non le droit de faire. Des appels qui ont augmenté de 125 % entre le 30 et le 31 octobre.

"Ne pas rompre le lien"

Aujourd’hui, les consignes du commandant de groupement sont claires : "Chaque brigade doit procéder à un contrôle au moins le matin et l’après-midi". Mais le colonel Fagard veut aussi que soient assurées les missions primordiales de la gendarmerie, "c’est-à-dire ne pas rompre le lien que l’on construit avec la population".

Un lien social indispensable pour demeurer, par exemple, à l’écoute des victimes de violences intrafamiliales. "Avec le confinement, on est alerté souvent très vite et l’on intervient beaucoup plus tôt, pour calmer des situations avant qu’elles ne dégénèrent". De la pédagogie… avant la fermeté si nécessaire, une fois encore.

Christophe Cathala
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Les commentaires (3)
Julien Il y a 13 jours Le 20/11/2020 à 22:53

Le souci c'est que les gens deviennent de vulgaires balance. Pauvre France j'espère qu'il y aura jamais la guerre. Et les forces de l'ordre qui tombent aussi bas je ne l'aurai jamais cru. Dans votre vie privée vous en avait pas marre d'être pris pour des pions ? Alors arrêtez de nous verbaliser. Occupez vous des soucis qui gangrainent vraiment la France. ( cité, trafic.......)

francoise1281 Il y a 14 jours Le 20/11/2020 à 12:20

Et l'enquête sur les chevaux mutilés et massacrés, elle en est où ?
J'ai lu hier encore qu'un cheval avait été atrocement mutilé dans le Tarn à Brusque.
On voit où sont les priorités !

Altair12 Il y a 14 jours Le 20/11/2020 à 09:01

Quand on voit des gendarmes patrouiller dans les montagnes Pyrénéennes ou bien sur l'Aubrac afin de traquer le randonneur et quand on voit ce qui se passe quotidiennement dans les banlieues on se dit qu'il y a un gros problème !