Bosch Rodez : « On continue à se battre pour assurer un avenir au site »

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  • Patrick Meillaud.
    Patrick Meillaud. Archives Joël Born - Joël Born
Publié le , mis à jour

Des éléments pour moteurs diesel, produits historiques de l’usine, mais aussi un composant pour les systèmes de direction ou une pile à combustible pour maintenir la chaîne du froid… Dans un contexte « clairement difficile », Bosch poursuit sur la voie de la diversification tout en élargissant son rapprochement avec la filière aéronautique. Entretien avec Patrick Meillaud, directeur économique et chef d’établissement.
 

Quelle est la situation actuelle à l’usine Bosch ?

La situation, clairement, elle est difficile pour nous du fait du recul du marché automobile, de la crise sanitaire et de ce qu’elle va faire évoluer en termes de mobilités et d’actes d’achats de véhicules. L’usine tourne en trois équipes sur la majorité de nos produits, nous avons un certain nombre de produits qui tournent même avec des équipes de week-end. Le niveau de charge est correct par rapport à l’effectif de l’usine.

Que fabriquez-vous actuellement sur le site d’Onet ?

Les produits historiques de l’usine, des composants pour moteurs diesel et aussi d’autres choses dans le cadre de la diversification. On continue à se battre pour assurer un avenir au site et c’est pour cela qu’on travaille sur la diversification. Besoin de consolider notre présence sur le diesel, bien sûr, mais aussi, pour nous construire un avenir, de développer d’autres choses.

Par exemple ?

On a démarré en septembre la production d’un composant pour systèmes de direction, destiné à une autre division du groupe Bosch. Ça fait partie des produits sur lesquels on a mis en place des équipes de week-end, parce que la demande est là. Notre activité « projets » a remporté quelques succès cette année, à la fois pour d’autres usines de groupe mais aussi pour des clients externes, avec des productions aussi variées que des masques permettant la pratique du sport ou des chaussures, dont on réalise l’équipement de production. Ce sont des choses éloignées de nos produits mais qui sont bien de notre cœur de métier d’industriel puisqu’on est capable de concevoir et de réaliser un moyen de production.


D’autres projets en cours de réalisation ?
Oui, un projet d’innovation. Il s’agit d’une pile à combustible pour assurer la chaîne du froid dans le transport routier de marchandises. C’est un marché qui n’existe pas et qui dépendra de la mise en place de structures d’hydrogène.
On a expédié il y a quelques semaines un premier prototype qui va poursuivre un certain nombre de mises au point et de validations avant des tests en conditions réelles sur route.


Qu’en est-il du rapprochement avec la filière aéronautique ?
Bosch élargit son positionnement et n’est plus seulement un sous-traitant. L’entreprise se positionne comme accompagnateur de la filière, qui se pose beaucoup de questions et se prépare pour le redémarrage. On jouit d’une expérience automobile avec des compétences (manufacturing, usine du futur). Nous partageons les meilleures pratiques qu’on peut avoir.


Avez-vous des attentes concernant l’étude demandée par le ministère au sujet des émissions polluantes des moteurs essence et diesel ?
Le positionnement de Bosch là-dessus est extrêmement clair : nous sommes neutres technologiquement, notre souhait c’est que les décideurs, les gouvernants, soient également neutres technologiquement. Il faut fixer des cadres sur les attentes en termes de performances tout en laissant des marges de manœuvre aux industriels pour mettre en œuvre les meilleures solutions pour répondre à ces attentes.
 

Stéphane Mazars : « Mettez le paquet pour diversifier »

Alarmé par les « menaces de fermeture » évoquée par les syndicats sil y a une dizaine de jours, le député Stéphane Mazars fait partie de ceux qui ont œuvré (aux côtés d’élus et syndicalistes) à l’émergence de solutions pour le site castonétois.
« L’usine Bosch bénéficie d’aides de l’État très importantes dans le cadre de l’activité partielle (hors covid) et en contrepartie, l’entreprise se doit de travailler sur la diversification. Jusqu’à maintenant, on n’a pas de projet qui émerge et qui permet d’être optimiste sur le volume d’emplois qui pourraient être préservés », explique le député. Pour lui, la solution peut être du côté du véhicule de demain. « Électrique ou à hydrogène (où beaucoup de moyens sont fléchés), allez-y la Bosch, mettez le paquet pour diversifier. Les industriels ont les moyens de se projeter », poursuit le député.
Une étude favorable au diesel ?
Élu LREM, Stéphane Mazars n’a lui non plus aucune nouvelle de l’étude demandée mi-2019 concernant les émissions des moteurs essence et diesel. Une étude dont il se murmure, de source ministérielle, qu’elle serait aujourd’hui finalisée… et plutôt favorable au diesel, dont les dernières générations sont désormais très vertueuses.
« Si c’est le cas, il faut la sortir, cette étude ! Si elle dit que les moteurs diesel dernière génération peuvent être très vertueux (j’en suis convaincu), on pourra avoir une usine, à certains niveaux, qui peut fonctionner. Après, dans un temps plus long, il faut assurer la transition industrielle du site ».
 

 

Xavier Buisson
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