Aveyron : les violences faites aux femmes ont nettement augmenté

  • L’équipe du CIDFF travaille de concert avec plusieurs associations pour rendre plus efficace ses actions.
    L’équipe du CIDFF travaille de concert avec plusieurs associations pour rendre plus efficace ses actions. Archives CP
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L’an passé, le Centre national d’information des droits des femmes et de la famille (CIDFF) a recensé 250 victimes de violences conjugales ou intrafamiliales. Cette année, fin octobre, l’association en comptait 225. Un chiffre qui ne peut qu’augmenter selon ses responsables.

Dans son allocution de ce mardi 24 novembre, le président Macron a fait allusion aux violences faites aux femmes. Appelant chacun à être vigilant sur ces drames qui se nouent dans l’intimité du foyer ou dans le cadre familial.

Les deux premiers épisodes de confinement n’ont fait qu’exacerber les tensions, renforcer l’isolement des victimes et le nombre de prises en charge de la part d’association comme le CIDFF n’a fait qu’augmenter.

à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, les responsables du Centre d’information sur les droits des femmes de l’Aveyron déplorent que "les victimes soient toujours plus nombreuses dans les périodes difficiles, et celle-ci ne fait pas exception". Pourtant, "pendant le confinement, nous n’avons pas constaté d’augmentation particulière, explique Anne-Marie Bonnefous, présidente du CIDFF. C’est normal, puisque les victimes étaient confinées chez elle, sans pouvoir en sortir."

En revanche, une fois les restrictions levées, "nous avons vu de nombreuses personnes venir à notre rencontre", complète Aurélie Brégier, la directrice de la structure. Le CIDFF a recensé, fin octobre, 225 victimes de violences conjugales, intrafamiliales, sexuelles, etc. L’an passé, fin décembre, l’association avait dénombré 250 victimes.

Ecoute permanente

"On atteindra certainement les 300. Et pour faire face à cette demande, nous avons reçu l’appui d’une psychologue", glisse Anne-Marie Bonnefous.

"Le confinement a eu un effet délétère sur la situation des femmes, explique-t-elle. Nous avons maintenu, et nous continuons, à proposer une écoute permanente au sein de notre structure. Le plus difficile pour les victimes reste de quitter le foyer familial."

Plusieurs outils sont à la disposition du CIDFF pour venir en aide à ces victimes. En particulier un conseiller juridique. "Nous entretenons des liens étroits avec les services de justice, de police mais également d’autres associations, assure Anne-Marie Bonnefous. En Aveyron, je pense que nous avons un maillage efficace pour lutter contre ces violences."

Toutefois, "de nombreuses femmes se sentent toujours coupables et bien souvent, il y a des allers-retours entre notre structure et le foyer, raconte la présidente du CIDFF. Il faut du temps avant que les victimes ne sautent le pas. Mais lorsque ce choix est fait, nous sommes là pour les accueillir, trouver des solutions d’hébergement et les orienter au mieux pour les protéger."

Philippe Henry
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