La Confédération paysanne de l'Aveyron dénonce le retour des néonicotinoïdes

  • Les apiculteurs de la Confédération paysanne font front contre les néonicotinoïdes.
    Les apiculteurs de la Confédération paysanne font front contre les néonicotinoïdes. repro cpa
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Les néonicotinoïdes, insecticides tueurs d’abeilles, ont été officiellement autorisés par le vote du Sénat. Ce qui déplaît fortement à la Confédération paysanne de l’Aveyron.

"Les apiculteurs sont très en colère", prévient Pascal Cavalié, apiculteur à Pruines et adhérent de la Confédération paysanne 12. Le 4 novembre dernier, le Sénat a fini de valider la réintroduction des néonicotinoïdes dans la culture de betterave sucrière, avec 183 voix contre 130. L’usage du pesticide avait été interdit en 2016, mais a eu le droit à une dérogation jusqu’en 2018.

Betteraves, et après ?

"Ça fait 25 ans qu’on se bat contre ces produits-là, souligne l’apiculteur. Les molécules restent dans les sols pendant quatre ou cinq ans et contaminent les cultures qui y poussent après et la flore qui les entoure".

Si le projet de loi ne concerne, pour l’instant, que la betterave sucrière, la Confédération paysanne craint que d’autres filières agricoles, comme le maïs, ne demandent, elles aussi, leur passe-droit. "Et il est aussi question du contrôle et de la durée dans le temps de cette dérogation", ajoute Sébastien Persec, co-porte-parole du syndicat.

Aux premières loges pour observer les effets des pesticides sur les abeilles, les apiculteurs ont remarqué une baisse drastique de la production de miel aux abords des zones de grandes cultures. Et les risques sanitaires ne se limitent pas à la faune et la flore : "ces insecticides contiennent des substances cancérogènes dangereuses pour la santé humaine", alerte la Confédération paysanne.

Remerciement mielleux

À l’heureuse surprise du syndicat agricole, aucun des deux sénateurs aveyronnais n’a voté en faveur du projet de loi. Alain Marc s’est abstenu et Jean-Claude Anglars a voté contre. "Nous remercions Jean-Claude Anglars de la part des abeilles en lui offrant un pot de miel bio de l’Aveyron", confient les adhérents.

Malgré cette bonne nouvelle, en demi-teinte, vu que le projet de loi a été adopté, la Confédération paysanne reste en alerte. "Nous appelons nos élus à être vigilants sur les lois qu’ils votent et à mesurer les conséquences qu’elles auront sur toute la population."

Margot Pougenq
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