Sylvie Pullès a plusieurs cordes à son accordéon

  • Sylvie Pullès réside à Saint-Côme-d’Olt avec son clocher tor en arrière-plan.
    Sylvie Pullès réside à Saint-Côme-d’Olt avec son clocher tor en arrière-plan. O.C.
  • Récompenses et souvenirs s’entassent à son domicile.
    Récompenses et souvenirs s’entassent à son domicile. O.C.
Publié le , mis à jour

Promue chevalier des arts et des lettres, elle fourmille de projets pour faire rimer tradition avec transmission.

Un pied en Aveyron, un pied dans le Cantal, Sylvie Pullès est en parfait équilibre pour (faire) danser la bourrée. Et en particulier celle de Pierrefort qui lui a apporté la renommée. C’est de là (haut), aussi, qu’elle a ses racines paternelles. De père en fille (photo ci-contre en noir et blanc avec son papa René), le piano à bretelles a été transmis. « À 4 ans je jouais de l’harmonica, à 7 ans je jouais de l’accordéon avec mon père et à 15 ans j’ai dû le remplacer pour ses tournées car il était malade. » Et voilà comment mettre le pied à l’étrier et réaliser une grande carrière !
Une carrière qui vient d’être mise en lumière par le ministère de la Culture en la faisant chevalier des arts et des lettres, promotion hiver 2020. « J’organiserai la remise à Paris l’an prochain pour faire une belle fête, ce sera l’occasion de se retrouver entre amis », confie-t-elle. Car en attendant, c’est le confinement. « À l’arrêt depuis le mois de mars, il y a beaucoup de collègues artistes qui changent de métier… » Sylvie, elle, « voit le verre à moitié plein » et en profite pour concrétiser « tous les projets laissés dans les tiroirs ». Elle a aussi, et surtout, conscience de la chance d’avoir ce choix. Un choix qu’elle s’est donné en agissant et en prenant des risques.

Nuit de feu

À l’instar de cette fameuse nuit, à 4 h du matin, où elle décide de signer le contrat de 64 pages pour monter pour la première fois à l’Olympia. Il y a dix ans déjà. Personne n’y croyait dans son entourage mais elle a pris le risque qui aurait pu briser l’élan. Une vie rythmée avec frénésie au son de l’accordéon, guidée par la passion. À 48 ans à peine, elle est montée sur toutes les grandes scènes Parisiennes dont l’Olympia à deux reprises (seule femme accordéoniste à avoir réalisé cette performance) et à l’étranger, y compris à trois reprises le Carrefour mondial de l’accordéon à Montmagny au Québec. Une consécration qui pourrait faire tourner la tête, elle préfère faire tourner les serviettes. L’atavisme du papa est passé par là. René, l’agriculteur et musicien, le terrien et la tête dans les étoiles. Pour le plaisir simple du partage. Sylvie avance ainsi avec le cœur pour faire danser celui des autres. En humaniste et fière de ses racines, son plus beau souvenir - pour son jeune âge encore ! - est l’inauguration du viaduc de Millau en 2004 en présence de Jacques Chirac, alors président de la République. Ce qui la comble, c’est la reconnaissance du public et ses pairs. Pléthore d’humanistes et passionnés comme Annie Cordy, Pierre Bonte, Pierre Péret qui lui a confié récemment faire sa tournée d’adieu dès que les concerts seront à nouveau d’actualité, et surtout André Verchuren qui lui a donné le surnom de « la reine d’Auvergne. » Et devant ? Et maintenant ? « J’ai senti, juste avant le confinement, le besoin de ralentir la cadence avec les tournées pour profiter de ma famille », confie-t-elle. Se tourner vers l’essentiel. Se rapprocher des proches que les concerts ont éloignés. En levant le (brise) pied, elle multiplie les projets. « J’ai la chance de pouvoir choisir », ajoute-t-elle lucide. La rançon du succès et la multiplication des spectacles ont permis ce prix. Le plus important, celui de disposer de temps. Elle espère ainsi se lancer dans des spectacles mêlant accordéon et occitan, dans les églises, avec le conteur Yves Lavernhe. « J’ai envie de transmettre notre patrimoine, notre culture aux enfants par des contes »

Volonté de transmettre

Être un passeur de relais, voilà une nouvelle mission qui lui sied à cœur. Une façon aussi de montrer que la distinction nationale n’est pas usurpée. Elle se caractérise comme une véritable ambassadrice. « Ce titre qui m’est attribué est une reconnaissance mais ce n’est pas le bonheur. » Le bonheur est dans la transmission et le partage. Un disque sortira en ce sens l’an prochain, reprenant des standards comme L’Auvergnat de Brassens, Mistral gagnant de Renaud ou encore La montagne de Ferrat, en langue occitane. Et à l’accordéon évidemment. « Je me fais plaisir », conclut-elle. Et il n’y a qu’avec amour que l’on peut transmettre. Donner. On a déjà hâte de partager ses 50 ans sur scène, sans masque, en juin 2022.

Repères

16 ans, âge de son premier orchestre.
5 000 bals en France et à l’étranger.
500 chansons déposées à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem)
2009, sociétaire définitive à la Sacem.
2004, inauguration du viaduc de Millau.
2 fois elle « fait » l’Olympia (2010 et 2015).
2019, elle fête ses 35 ans de carrière à l’Alhambra à Paris, sortie d’un DVD.

 

Olivier Courtil
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