Aveyron : six mois ferme pour le père de famille violent

Abonnés
  • La juge Mandana Samii a mené les débats vendredi, lors d’une audience glaçante.
    La juge Mandana Samii a mené les débats vendredi, lors d’une audience glaçante. JAT
Publié le

Un père de famille castonétois a été condamné à six mois de prison ferme pour des violences sur son épouse et ses enfants. Deux vidéos diffusées au tribunal, ont glacé l’assistance vendredi après-midi.

Il est 15 h 55 vendredi dernier au tribunal de Rodez, dans la grande salle Andurand. Depuis plus d’un quart d’heure, un homme, né en 1975 en Tunisie, s’explique sur des faits de violences envers son épouse et ses enfants. Il décrit une cellule familiale recomposée - deux enfants de chaque côté, un bébé en commun , une vie professionnelle brisée par une hernie discale, des problèmes financiers, du stress puis "un climat malsain, une sorte d’engrenage dans le mauvais sens" au sein du foyer castonétois… Sur les coups qu’on lui reproche, le père de famille est moins prolixe. Il cherche des explications, minimise, comme souvent lors de ce type d’affaires. Lorsque le tribunal évoque des ecchymoses sur le corps de sa femme à la suite de coups de pied, il nie même : "Je n’arrive même pas à marcher, j’ai des douleurs très fortes, comment je peux lever mon pied !". En ce qui concerne les coups sur quatre des cinq enfants, il en reconnaît certains "à l’aide d’une petite baguette quand ils jouent à des jeux dangereux dans les chambres" ou encore "des jets de claquettes en leur direction mais jamais pour les toucher".

À genoux sur son fils, les coups pleuvent

Puis, la présidente Mandana Samii reprend la parole. "Je vous propose qu’on regarde deux vidéos comme demandé par le ministère public", énonce-t-elle d’une voix calme et posée. Aucune partie ne s’y oppose. Les lumières s’éteignent, les yeux se lèvent vers un rétroprojecteur placé au-dessus des magistrats. Le silence est de cathédrale, l’ambiance proche de celle si particulière des cours d’assises. Puis vient la première vidéo, elle est issue d’un téléphone portable et dure à peine deux minutes. On y voit une porte fermée, puis résonnent les premières paroles du père : "Je suis obligé de vous frapper, je suis obligé de vous frapper, je suis obligé…".

La porte s’ouvre alors sur une chambre d’enfants. À côté du lit superposé, son fils de huit ans est au sol, lui est au-dessus à genoux. Les premiers cris retentissent. Avant les coups de poing, ils pleuvent sur l’enfant à une vitesse à peine croyable… Dans le public, les regards dérivent de l’insoutenable, les cris surgissent de plus en plus fort de ce huis clos glaçant. Rares sont les images d’une violence habituellement confinée entre quatre murs.

Puis la présidente lance la deuxième vidéo. Elle est d’une même violence, chaque seconde est une souffrance.

Il avait déposé plainte en premier contre son épouse

"Ces images, je les revois toutes les nuits", réagit le père de famille, debout à la barre. Personne ne répond.

Les vidéos diffusées sont l’œuvre de sa femme, cet été. Quelques mois auparavant, elle s’était confiée sur la violence de son mari à son médecin traitant. Il lui avait alors conseillé de récolter le maximum de preuves visuelles. Bien lui en a pris car dans cette affaire, la première victime fut le père de famille. En septembre, il dépose plainte contre sa femme pour des violences, son corps porte trace de griffures à la suite d’une énième rixe. Elle dira seulement s’être défendue, racontera de nouveau son quotidien loin d’être rose et fera, au final, l’objet d’un rappel à la loi. Mais ses déclarations emmèneront les enquêteurs à entendre le mari, déjà condamné pour des faits de violences conjugales en 2015. Cette fois, il nie tout. Jusqu’à ce qu’il soit confronté à l’évidence : les deux vidéos. Au tribunal, son conseil Me Camille Jammes décrit quelqu’un "qui explose" après avoir été "passif". Du côté de la partie civile, Me Alexandra Gosset et Me Bruce Flavier s’interrogent, eux, sur le quotidien des enfants ces deux dernières années. "Ils sont aujourd’hui placés dans un foyer et malheureusement, c’est certainement mieux pour eux…", plaident-ils. Avant que le tribunal ne délibère et ne condamne le père de famille à six mois de prison ferme et autant avec sursis. Sa peine est aménageable.

Mathieu Roualdés
Voir les commentaires
L'immobilier à Rodez

308 €

LOCATION APPARTEMENT RODEZ SANS FRAIS D'AGENCE Une entrée ouvert sur salon [...]

288 €

RODEZ : Appartement T1 lumineux situé dans quartier résidentiel proche de l[...]

517 €

LOCATION APPARTEMENT RODEZ SANS FRAIS D AGENCE- Charmant 3 pièces situé en [...]

Toutes les annonces immobilières de Rodez
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?