Malgré tout, la maison Arlabosse garde le sourire

  • André-Guilhem et Ségolène Tufféry espèrent voir le retour de la joie, notamment dans les commerces.
    André-Guilhem et Ségolène Tufféry espèrent voir le retour de la joie, notamment dans les commerces.
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L’enseigne ne fera pas l’emblématique vitrine de Noël cette année, mais garde espoir.

En ce samedi matin de réouverture, presque post-confinement deuxième version, c’est un peu l’effervescence dans la boutique de linge de maison du boulevard Sadi-Carnot.

La maison Arlabosse, vieille de 1901, n’a pas pour habitude de garder portes closes. Si un décret pris lors du premier confinement a permis au couple Tufféry de rouvrir dès la fin avril pour permettre la fabrication de masques en tissus, "l’activité est restée très calme".

"Il manquait le flux commercial et l’engouement des clients n’était pas à l’envie de consommer, c’est comme s’ils étaient muselés, sans mauvais jeux de mots", souligne André-Guilhem Tufféry, quatrième génération à la tête de la boutique.

"On essaie de penser à l’ensemble de la profession, mais aussi aux restaurateurs et les hôteliers qui, eux, restent fermés, témoigne le gérant. C’est ensemble que nous formons une synergie pour le commerce et que nous observons une dynamique. On l’a vu cet été quand les bars et restaurants étaient ouverts. Il y avait du monde et c’était propice au commerce."

Devant la boutique aux façades en bois, les curieux prennent le temps de faire du lèche-vitrines, bien envahi par les affiches rappelant les gestes barrières. À l’intérieur, les fidèles clients, comme les nouveaux d’ailleurs, ont droit à un petit mot, toujours bienvenu après cette nouvelle période d’isolement.

Année particulière

Rarement fermé plusieurs jours d’affilée depuis sa création, l’établissement a vécu une année "différente" des autres. Et comme si ces mois de confinement ne suffisaient pas, le magasin ne proposera pas sa traditionnelle vitrine de Noël cette année. " On ne disposerait pas des mesures sanitaires en règle dans la mesure où les clients s’amasseraient à l’extérieur du magasin pour observer la vitrine, idem à l’intérieur", annonce André-Guilhem Tufféry, amateur des coups de communication au volant de sa Traction Citroën, souvent restée au garage cette année.

À l’instar de la parade de Noël depuis quelques années, la vitrine de la maison Arlabosse est devenue une institution à elle seule aux moments des fêtes. "C’était un moment que j’appréciais de partager en famille, confie une passante non loin de là. Je vais prendre mon mal en patience et attendre 2021." "La vitrine s’est toujours faite à part quand le pays était en guerre ou a connu des grosses crises", pointe le gérant du magasin de tissus. Mais la quatrième génération à la tête de la maison Arlabosse entend bien franchir cette crise comme l’ont fait ses prédécesseurs. Depuis juillet 2001, l’arrière-petit-fils du fondateur veut croire en l’avenir. "On espère que l’ambiance s’arrange pour apporter de la joie et la voir se répercuter dans les commerces", souhaite-t-il.

Sans jamais perdre de son caractère, la devise de "l’économie par la qualité" trouve encore écho auprès d’une clientèle attachée à cet établissement.

loïc bailles
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