Travailler davantage à domicile aide-t-il à être plus écolo ?

  • Selon une récente étude de l'Ademe, le télétravail permet de diminuer d'environ 30% les impacts environnementaux associés aux trajets domicile-bureau.
    Selon une récente étude de l'Ademe, le télétravail permet de diminuer d'environ 30% les impacts environnementaux associés aux trajets domicile-bureau. Halfpoint / IStock.com
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(ETX Studio) - Bon pour la productivité, gain de temps, réducteur de stress… Le télétravail présente de nombreux avantages, plus que jamais mis en avant depuis l'arrivée de la pandémie. Dans l'arsenal des partisans du travail à domicile, l'argument écologique figure souvent en bonne place. Mais avant de vous lancer dans un discours pro-environnemental pour défendre vos intérêts auprès de votre hiérarchie, une question s'impose : le télétravail est-il (vraiment) si écologique ? 

Comme souvent lorsque l'on cherche à évaluer l'aspect "écolo ou non" d'un mode de vie ou d'une activité, plusieurs critères entrent en ligne de compte pour déterminer celui du travail à distance. D'emblée, on va brandir  la réduction importante des trajets en transports individuels et motorisés qui, on le sait, contribue fortement à la pollution de l'air. Si je travaille à la maison, je peux donc laisser ma voiture au garage. 

Selon une récente étude de l'Agence de la transition écologique (Ademe), le télétravail permet de diminuer d'environ 30% les impacts environnementaux associés aux trajets domicile-bureau. Ce gain atteindrait les 58% pour les émissions de particules fines en suspension.

Toutefois, certaines conditions pour tirer le maximum de ces bienfaits environnementaux sont indispensables afin d'éviter les "effets rebonds" négatifs associés au télétravail, pointe Raphaël Guastavi, chef de service adjoint au service "Produits et efficacité matière" de l'Ademe. "Il s'agit de revoir ses habitudes. Par exemple, et quand c'est possible, amener les enfants à l'école à pied ou en vélo au lieu de prendre sa voiture".

Mais, si les émissions de C02 baissent grâce à une utilisation moindre des véhicules motorisés, la pollution numérique, elle, augmente. D'après l'Ademe, la pollution numérique est responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Or, certaines habitudes potentiellement amplifiées par le télétravail peuvent jouer un rôle considérable dans ces dépenses d'énergie.

C'est notamment le cas des visioconférences, un flux de données en audio consommant 1.000 fois moins de bande passante que la vidéo. "Pour limiter les effets, mieux vaut privilégier les échanges téléphoniques et/ou bien couper sa caméra lors des visioconférences, car cette fonction s'avère très énergivore", recommande Raphaël Guastavi. 

Le travail à domicile pose également la question du matériel informatique. En effet, doubler son matériel professionnel (ordinateurs, écrans, clavier, souris...) pour être équipé à la fois à la maison et au bureau contribue à augmenter le nombre de déchets électroniques. Toutefois, l'enquête de l'Ademe note une tendance accrue du matériel informatique nomade, c'est-à-dire que l'on peut facilement transporter du domicile au bureau. Pour limiter les déchets, on peut également se tourner vers des équipements de seconde main.

Globalement, la solution la plus écoresponsable pourrait consister en un mix entre travail à distance et présentiel. "En passant à deux ou trois jours de télétravail par semaine avec en plus un matériel de flex office, on pourrait atteindre une économie d'environ 270 kilos de C02 par an et par jour de flexi-travail hebdomadaire. Ce qui n'est pas grand-chose à l'échelle d'une personne, mais peut devenir énorme à celle d'une entreprise ou d'un millier d'individus", souligne Raphaël Guastavi. 

Relaxnews
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