Aveyron : les éleveurs cherchent des débouchés à leurs broutards

  • Sur le marché de Laissac,  les acheteurs italiens sont toujours présents.
    Sur le marché de Laissac, les acheteurs italiens sont toujours présents. Repro CPA
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Malgré une concertation lancée en octobre pour revaloriser le prix payé aux éleveurs, la crise du broutard demeure aujourd’hui sans solution. Les éleveurs veulent reprendre la main sur la commercialisation de leurs animaux pour contourner les opérateurs.

Au mois d’octobre dernier, plusieurs dizaines d’éleveurs s’étaient retrouvées à Maurs, dans le Cantal, pour protester contre le prix d’achat jugé "bien trop bas". Depuis, plusieurs réunions se sont tenues entre les exportateurs et les éleveurs. En décembre, le ministère de l’Agriculture avait même fait pression pour structurer la filière, rémunérer correctement les éleveurs, etc.

à l’issue de cette rencontre, la Fédération nationale bovine (FNB) a déploré l’absence de "solution concrète de court et moyen terme visant à revaloriser le prix payé aux éleveurs". Depuis le début de cette crise, les éleveurs ont "perdu près de 30 % de leur revenu annuel".

Par an, près de 60 000 bovins – venus d’Aveyron et de départements limitrophes- sont envoyés à destination de l’Italie. Paradoxalement, la situation des marchés à l’export est plutôt bonne. "La dynamique des marchés italiens et algériens, vers lesquels nous exportons principalement, est intéressante, poursuit Valérie Imbert. Mais cela n’est pas répercuté sur le prix payé aux producteurs, en France."

Les discussions entre les acteurs de la filière des broutards n’ont abouti qu’à une feuille de route, présentée par les groupes d’export, ne proposant aucune solution permettant une meilleure valorisation pour les éleveurs. "Pourtant, c’est une crise particulièrement grave qui frappe les producteurs français : depuis la mi-juillet, le prix du broutard a perdu 42 centimes, ce qui représente environ 150 euros par broutard ", explique de son côté la FNB.

Structurer la filière

" On sent des réticences de la part opérateurs à dévoiler leur méthode de travail, explique Valérie Imbert, secrétaire de la FDSEA et présidente de la section bovin-viande. Pourtant, il est nécessaire de structurer la filière, cela s’est fait dans d’autres domaines."

Car, en Aveyron et plus généralement dans le Massif-Central, l’élevage de broutards compte pour une part non négligeable dans le revenu des éleveurs. "Les agriculteurs veulent vivre de leur métier, les aides de la PAC ne sont pas là pour ça", tranche la secrétaire de la FDSEA.

D’autres solutions sont ainsi envisagées pour permettre aux éleveurs d’obtenir un prix plus rémunérateur. "Nous travaillons sur la possibilité de relocaliser la consommation, avec les hôpitaux, les cantines scolaires, les Ehpad, etc. Nous avons des produits de qualité qui peuvent être consommés localement", assure Valérie Imbert.

La Fédération nationale bovine incite également les éleveurs à "reprendre la main sur la commercialisation de leurs animaux, en contournant ainsi les opérateurs".

Philippe Henry
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