Le flocon mais pas l’ivresse sur les pistes de ski alpin de l'Aubrac

  • Pour l’heure, seuls les licenciés dans un club ont accès, deux fois par semaine, à deux remontées, au Bouyssou.
    Pour l’heure, seuls les licenciés dans un club ont accès, deux fois par semaine, à deux remontées, au Bouyssou. Archive O..C.
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Les restrictions liées à la crise sanitaire font craindre une saison difficile aux clubs de ski locaux ainsi qu’à l’École du ski français, et ce alors que l’enneigement sur l’Aubrac a atteint des niveaux plus observés depuis une dizaine d’années.

Il va encore falloir attendre. Depuis avant-hier soir et l’intervention du Premier ministre, Jean Castex, les stations de sports d’hiver ont eu la confirmation que l’ouverture des remontées mécaniques, envisagée jeudi et donc déjà suspendue, était reportée sine die. Un coup dur pour leurs responsables et tous les professionnels travaillant sur place, mais aussi, bien qu’à un degré moindre, pour les adeptes du ski et les structures encadrant cette pratique, à l’heure où plane la menace d’une saison blanche.

"Je n’ai pas les chiffres concernant le nombre de licences pour cette année à l’échelon départemental, il faut encore attendre un peu pour ça, mais pour ce qui est du ski club, ils sont en baisse, confie Thierry Le Gras, président du comité départemental de ski et du club de Mur-de-Barrez. J’envoie tout un tas de relances par mail mais en vain jusqu’à présent, ça ne mord pas, même si je pense que les gens vont se réveiller par la suite. En tout cas, pour le moment, on sent qu’il y a un frein chez eux."

"Travail virtuel"

"Par rapport aux années précédentes, on est à 50 % du nombre de réservations habituelles, appuie Jérôme Roux, directeur de l’antenne de Laguiole de l’École de ski français. Cette semaine, on a attaqué celles pour les vacances de février, comme si on allait fonctionner normalement. Nos clients habituels se sont déjà engagés mais pour le reste, les gens sont dans l’attente de savoir si les stations vont pouvoir ouvrir. C’est très compliqué, on fait un travail virtuel."

Toujours valables, donc, les restrictions mises en place par le gouvernement du fait du contexte sanitaire sont d’autant plus difficiles à digérer que cette année, le terrain de jeu est idéal.

" L’une des difficultés que l’on a est liée au fait que l’on est une station de moyenne altitude, ce qui provoque souvent des problèmes d’enneigement. Cette année, ce n’est pas le cas, mais il y a le coronavirus, regrette Jérôme Roux. Alors certes, on est là, sur le terrain, depuis les vacances de Noël, on accueille les débutants, mais leur progression s’arrête au moment où l’on doit prendre les remontées mécaniques. "

"La station de Laguiole, comme celle du mont Aigoual, en Lozère, a décidé d’ouvrir les remontées aux clubs affiliés à la fédération. C’est le fruit d’une volonté politique, celle de M. Alazard, président du syndicat mixte des stations de ski de l’Aubrac aveyronnais, et il est important de souligner le très gros travail réalisé par le personnel, qui a mis la station en état de fonctionner. En l’état actuel des choses, deux pistes et deux tire-fesses sont ouverts, le mercredi et le samedi, de 13 h 30 à 17 h, pour les licenciés encadrés par du personnel diplômé. Nous étions quatre de Mur-de-Barrez mercredi, et une quinzaine de gens du club de Laguiole", raconte Thierry Le Gras, qui regrette que les stations locales soient logées à la même enseigne que les autres.

"C’est comme pour tout, il y a la politique de la ville, des grandes stations, et ce qui se passe dans celles comme Laguiole, où il n’y a pas de télécabine, pas de télésiège, que des téléskis, souligne-t-il. Le ski en club, c’est quoi ? Pour les enfants, son apprentissage correspond aussi à celui de la vie en communauté, de l’autonomie ; c’est un complément de l’école. Je suis également éducateur dans un club de foot et je peux vous dire que le principe est le même, bien que la démarche soit différente. Quand on skie, l’affiliation à un club n’est pas naturelle, ce n’est pas comme quand on fait du foot ; lorsque l’on veut skier, on prend sa voiture et on va au pied des pistes. Maintenant, peut-être qu’avec cette crise, la notion de club va revenir, car ce que l’on constate dans ceux des petites stations, c’est que le nombre de licenciés diminue depuis des années."

Un mal pour un bien ?

Si d’aventure, seul le fait de présenter un statut de licencié pouvait permettre l’accès aux remontées, la tendance baissière évoquée par celui qui est à la tête du comité depuis cinq ans pourrait s’inverser et ainsi donner un bon côté à la situation actuelle.

"Ça peut être une opportunité, oui, si les gens le perçoivent comme ça, surtout quand on sait qu’un ski club comme celui de Laguiole prend les enfants au bas des pistes, estime Thierry Le Gras. Pour celui que je préside ou ceux de Bozouls ou Rodez, c’est un peu différent étant donné qu’on organise les trajets en bus, ce qui nous empêche de prendre les tout-petits, comme peut le faire Laguiole. Chez nous, le gros des licenciés prend la licence pour une semaine en février. On s’occupe des enfants du lundi au vendredi, ils rentrent à la maison le soir, il n’y a rien de particulier à organiser."

Centre Presse
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