L’école à Saint-Amans-des-Côts, bien avant le confinement !

  • L'école des filles qui apprenaient notamment l'enseignement ménager.
    L'école des filles qui apprenaient notamment l'enseignement ménager. Repro CPA
Publié le , mis à jour

En cette année singulière pour les scolaires, retour au siècle dernier avec un éclairage sur l’école de Saint-Amans-des-Côts.

Aujourd’hui avec les confinements, tous les enfants scolarisés ont découvert un nouveau rythme de vie qui conjugue travail et vacances à la maison. "Mais où sont les vacances", se demandent-ils quand même… ? Dans le temps, pour beaucoup d’enfants, à l’école ou à la maison, seul le travail était différent. L’école commençait après les vendanges, vers le mois de novembre, et s’arrêtait pour les travaux des champs. Le rythme scolaire s’organisait autour des travaux agricoles qui avaient besoin de tous les bras, petits et grands. Et il y avait juste quelques jours de "vacances" autour des fêtes religieuses.

Une école dès 1645

À la lecture d’un acte daté du 6 février 1645 par-devant notaire, il est dit "que maître Étienne Sangayrac donne en jouissance pour toujours une maison de trois étages située dans Saint-Amans, qui sera appelée Maison du collège". Cette maison était située à l’emplacement actuel de l’office de tourisme. À cette époque c’était une vraie chance pour le village car l’enseignement était encore rare surtout dans les campagnes. Il faut se rappeler que Jules Ferry rend l’instruction primaire obligatoire en 1882 pour les enfants de 7 à 13 ans et l’école publique devient gratuite.

Une nouvelle école libre de garçons ouvre ses portes en 1890. Ce collège compte rapidement plus de 150 élèves dont 101 pensionnaires. Et, en 1900, un diplôme de coopération à l’exposition universelle de Paris vient reconnaître le mérite de la belle collection de dessins linéaires et de dessins d’ornements, envoyés par le directeur Guillaume Gimalac. À la même époque, il y avait déjà six écoles sur la commune : trois à Saint-Amans, (une école laïque et deux écoles libres, filles et garçons), une école laïque à Saint-Juéry, une à Touluch et une à Cassou. Dès 1893, sur les vingt candidats présentés au certificat d’études primaires de la commune, 18 sont reçus (10 filles et 8 garçons).

La dernière école libre fermera ses portes définitivement en juin 2002 et son bâtiment accueille aujourd’hui la micro-crèche, des bureaux destinés au télétravail ainsi que les bureaux de la communauté de communes Aubrac, Carladez et Viadène.

Le patois interdit

Le programme scolaire commençait par l’apprentissage du français puisqu’en famille, les enfants parlaient le patois. Il existe une anecdote racontée par les anciens : "Lorsqu’on entrait à l’école, il était interdit de parler le patois. En début de journée, l’instituteur donnait un petit objet au premier qui était pris en flagrant délit. Durant toute la journée, "l’objet" circulait de poche en poche de ceux qui parlaient le patois. Les plus malins, pour s’en débarrasser s’adresser à leur camarade en patois qui répondait de même et se faisait piéger. En fin de journée, celui qui avait l’objet "dénonciateur" récoltait une punition."

En dehors des matières courantes, si les filles apprenaient l’enseignement ménager, l’instruction des garçons se composait de matières bien spécifiques comme l’agriculture, l’arpentage, le dessin linéaire, en ajoutant la pratique à la théorie. Les cours d’arpentage se faisaient en extérieur et commençaient par l’analyse d’un terrain. Les élèves devaient déterminer les endroits où tracer les perpendiculaires. Ces cours distrayants donnaient en même temps des notions de géométrie et de mathématiques. Il y avait aussi des cours de dessins linéaires très techniques où l’élève devait respecter l’échelle de proportions donnée par le maître. Les thèmes étaient variés : porte vitrée avec chambranle ou croisée, table, barrière, banc, etc. et durant l’année scolaire, chaque élève devait dessiner le plan de sa maison. Les notes sur 20 se décomposaient en trois parties : 10 pour l’exécution, 5 pour le respect de l’échelle, 5 pour la présentation.

De vrais architectes en herbe ! Aujourd’hui l’enseignement a Saint-Amans-des-Côts a gardé une bonne réputation avec son école primaire et son collège.

Campouriez, Banhars, Volonzac, Bes-Bédène

En 1836, sur la commune de Campouriez, les instituteurs percevaient un traitement de 200 francs que la loi leur accordait. Ils bénéficiaient de la rétribution scolaire des élèves : pour les cours non inscrits : 1 franc. Cours de lecture et écriture : 1,60 franc. Cours de lecture, écriture, calcul : 1,75 franc.

En 1867, il y a 1 352 habitants sur cette commune avec 5 écoles et 3 cours d’adultes répartis dans les villages. La rétribution scolaire était fixée à 1,50 franc pour les enfants moins de 7 ans et à 2 francs pour les autres.

En 1883, suite à la gratuité de l’enseignement, la fréquentation scolaire devient très importante. "Malgré le zèle et la meilleure volonté des maîtres, les progrès des élèves ne peuvent être aussi rapides que si leurs classes étaient moins nombreuses."

1889, "M. l’inspecteur primaire interdit à l’institutrice de Banhars de recevoir plus de 45 élèves à cause de l’exiguïté de la salle de classe."

1990, fermeture de la dernière école à Campouriez.

 

Olivier Courtil
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