Decazeville : et si Lilian Bathelot réveillait la part d’Inuit qui sommeille en nous

  • L’auteur Lilian Bathelot.   L’auteur Lilian Bathelot.
    L’auteur Lilian Bathelot. Corinne Fontanieu
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La nouvelle mouturedu roman de l’écrivain originaire de Decazeville, « C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc », est publié en format de poche, chez Pocket. Un livre qui nous invite à réfléchir sur un monde où tout serait contrôlé par les puissants.

Lorsque le roman de Lilian Bathelot fut édité pour la première fois en 2006 par le Navire en pleine ville, L’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc fut salué par d’excellentes critiques, récoltant au passage plusieurs prix, coups de cœur et distinctions littéraires.
Après un vrai travail de correction et de réécriture, l’Inuit revient en force et en format de poche, chez Pocket.
L’occasion pour ceux qui l’avaient déjà lu d’apprécier cette nouvelle mouture, pour les autres de découvrir ce roman, qui navigue avec une belle fluidité d’écriture entre anticipation, polar et réflexion à la fois politique et écologique.
Un bouquin qui se lit avec plaisir même quand on n’est pas forcément un adepte du genre.
De quoi retrouver aussi et bien sûr cette fibre humaniste qui imprègne souvent les romans et les films documentaires de Bathelot. Lilo, comme l’appellent ses amis, aime les gens, ne supporte pas les injustices et cela se sent, se ressent.

Surveillance planétaire

Lors de sa Première Chasse, rite ancestral de son peuple, Kisimiipunga, une jeune chercheuse inuit voit débarquer de nulle part un traîneau poursuivi par une meute de loups, sur lequel se trouve un Européen, dans un sale état… Dès lors, tout va s’accélérer au beau milieu des vastes étendues blanches de l’inlandsis du Groenland. Dans ce roman futuriste, l’écrivain aux racines decazevilloises, nous transporte en 2089,  dans des sociétés dominées par les technologies les plus sophistiquées.
Un groupe de nations, les Nations Premières, rassemblées dans un semblant d’Internationale indigène, est parvenu à échapper à la surveillance planétaire des pays riches du G30, qui s’était progressivement constitué dans le cadre du Pacte global de libre-échange.
Le lecteur de l’Inuit ne manquera pas, bien sûr, de remarquer quelques résonances avec la période que nous traversons et la mainmise sur nos vies quotidiennes et nos cerveaux de ces conseils scientifiques et autres pseudo-experts de tout et de rien, qui envahissent nos écrans et les bulletins d’information, à longueur de journée.
« L’homme sera littéralement noyé dans l’information », affirmait Marguerite Duras en 1985, interrogée sur sa perception des années 2000.
Celle qui a toujours défendu la liberté de penser et d’agir avait vu juste…
Après avoir laissé Kisimii en paix parmi les siens et refermé les pages de ce roman, sorte de plaidoyer pour un monde meilleur, où les puissants ne parviendraient plus à leurs fins destructrices, certains lecteurs replongeront peut-être dans ces grands classiques du genre que sont devenus le 1984 de George Orwell ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley.
Que sera le monde de 2089 ? Serons-nous complètement sous contrôle ? Et si le roman de Lilian Bathelot réveillait la part d’Inuit qui sommeille en chacun de nous…

Projets d’écriture et de réalisation

Lilian Bathelot continue à nourrir de nombreux projets, tant au niveau de l’écriture que de la réalisation. Actuellement, il finit d’écrire un roman policier historique libertaro-féministe. Profitons-en pour signaler que deux de ses dernières nouvelles, Cristalline et Décadence et splendeur d’Enrique, El Magnifico, viennent d’être publiées chez Ours Éditions, la petite maisonnette d’édition héraultaise (ours-editions.kkaoss.net). Dans un autre registre, l’HéraultAveyronnais travaille à la réalisation du film Collapsus Paradise, dont le tournage devrait se poursuivre, tout au long de cette année 2021. Ce film qui a pris corps lors du festival de street art MurMurs (une révolution culturelle au petit pays vert qui se croyait tout noir) montrera comment les fragiles espoirs de renouveau du monde d’après se retrouvent confrontés à la logique industrielle du monde d’avant. Dans le cadre de ce projet porté par Calibre 12, plusieurs ateliers cinéma ont également été mis en place avec diverses associations et structures decazevilloises.

 

 

Joël Born
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