Procès Dainotti à Rodez : cinq choses à retenir de la première journée d'audience

  • L'accusé est arrivé vers 13 h 30 au palais de justice de Rodez.
    L'accusé est arrivé vers 13 h 30 au palais de justice de Rodez. Centre Presse - José A. Torres
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La cour d'assises de l'Aveyron jusqu'à vendredi Alexandre Dainotti pour l'assassinat de Pascal Filoé, le chef de la police municipale, en 2008.

Le procès d'Alexandre Dainotti devant la cour d'assises de l'Aveyron pour l'assassinat de Pascal Filoé, chef de la police municipale de Rodez, en 2018, a démarré lundi après-midi et va durer jusqu'à vendredi. Au cours de cette première journée d'audience, menée par le président Philippe Piquet, la personnalité de l'accusé a été étudiée.

Un accusé calme qui ne regrette rien

C'était une des questions principales : comment Alexandre Dainotti allait-il se comporter ? Depuis son incarcération en septembre 2018, il a eu un comportement problématique à plusieurs reprises. Avec plusieurs avocats, mais aussi en prison et devant les juges. Lors de sa dernière audience pour une demande de remise en liberté à l'automne, il avait notamment copieusement insulté les juges.

Arrivé au tribunal de Rodez lundi vers 13 h 30, masqué, cheveux courts et habillé d'un sweat-shirt à capuche noir, il s'est fait discret, répondant de manière parfois confuse aux questions du président Piquet et des différents avocats, mais est resté calme. Mais c'est en toute fin d'audience, juste avant 18 h et la suspension de séance, qu'il a envoyé une phrase assez lourde, qui risque bien de préfigurer ce que sera l'audience dans les quatre prochains jours. "Je ne vais pas faire comme Daval, des larmes de crocodile, je ne regrette rien. Ça peut choquer, mais c’est comme ça."

Invité à commenter les rapports des différents experts psychiatriques qui l'ont interrogé au cours de la procédure, l'accusé a confirmé ce que tous disent : il n'a aucun remords, ni regrets. 

Une enfance difficile

Cette première journée d'audience a permis d'en apprendre plus sur l'accusé. Âgé de 41 ans (39 au moment des faits), il a eu une enfance compliquée. Il a d'ailleurs du mal à se rappeler précisément des dates des événements de sa jeunesse. Lorsque le président lui demande de se présenter, après avoir assuré être "comme tout le monde", il a été invité à donner plus de détails sur lui. Né en Belgique, il a d'abord vécu à Dunkerque, avant de prendre la direction du sud de la France vers ses 8 ans.

Assez confus sur les dates et les âges, il a assuré avoir été placé en foyer vers neuf ans. "Mon beau-père frappait ma sœur, j'ai pété un plomb, explique-t-il. Il a monté une histoire pour se débarrasser de moi." Sa mère aussi était violente, mais il explique qu'avec elle il le "méritait" car il commettait régulièrement des vols.

Scolairement, il a arrêté l'école en cinquième. "Je n'aimais pas l'école sauf quand la prof était jolie", a-t-il expliqué au cours d'une audition. Il a ensuite tenté de passer un CAP, mais en vain. Pour manger, il s'est alors principalement tourné vers le travail au noir. C'est d'ailleurs ce qui lui permettait de vivre au moment des faits.

Des condamnations multiples

À partir de ses 18 ans, Alexandre Dainotti a fait régulièrement des séjours en prison. Il a d'ailleurs reconnu qu'il commettait des délits bien avant sa majorité, mais qu'il s'en était toujours bien sorti. C'est en 2004 que les premières condamnations tomberont pour vol aggravé, puis pour vol avec effraction.*

Ensuite, elles s'enchaîneront. En 2005 pour violence aggravée, en 2008 pour circulation sans assurance, puis pour usage illicite de stupéfiants, de nouveau en 2009 pour usage de stupéfiants, en 2010 pour violence aggravée, puis pour détention de chien d'attaque. Depuis, il s'était calmé. Et c'est aussi pour changer de vie qu'il avait quitté la Seyne-sur-Mer pour Rodez en 2015.

Quatre prisons en deux ans de détention

Depuis son arrestation le jour des faits, Alexandre Dainotti a changé quatre fois de prison, notamment à cause de son comportement. Il est d'abord passé par la maison d'arrêt de Druelle, juste après son interpellation, puis à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault). Les deux fois, cela s'est mal passé et il a notamment été condamné en 2019 pour violence aggravée dans la prison montpelliéraine. Il a ensuite été transféré à Perpignan (Pyrénées-Orientales) où le fait de refuser d'avoir un codétenu lui a valu de passer quasiment un an à l'isolement. Il a ensuite été transféré à Draguignan (Var). Là il se sent mieux. Le personnel pénitentiaire l'a d'ailleurs qualifié de "très correct avec le personnel, mais manquant de sincérité et dénué de tout affect".

Une personnalité étudiée

Au cours de l'enquête, Alexandre Dainotti a rencontré plusieurs experts. D'abord un premier lors de sa garde à vue, puis en décembre 2018, par Marc Passamar, psychiatre à Albi et enfin Roger Franc, médecin à Toulouse, qui l'a rencontré deux fois à la prison de Perpignan en mai et août 2019.

Les deux derniers ont été auditionnés par la cour lundi. Tous relèvent une chose : Dainotti, lors de ses entretiens n'a pas montré de regrets, ni remords. "Il a un comportement qui dénote de la toute-puissance infantile, a analysé le médecin toulousain. Vers 4, 5 ans, les petits garçons sont souvent convaincus qu'ils sont les plus forts du monde et qu'il suffit de taper des pieds pour avoir ce qu'on veut. Ce sentiment, certains sujets le font durer. Lui, il est encore là-dedans."

Concrètement, il ne pouvait pas accepter qu'on le prive de son chien. Pour autant, les experts ont estimé que cela résultait d'un trouble de la personnalité et non d'une pathologie mentale.

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