Vincent Morel, portrait d’un humanitaire engagé

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    Avant la RDC, Vincent Morel a retrouvé MSF pour deux missions de huit mois dans le sud de l’Afghanistan. VM Repro CP
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En mission pour MSF, le Millavois Vincent Morel est aujourd’hui en République démocratique du Congo. Il nous livre un peu de son quotidien, loin du "petit paradis" aveyronnais.

Si l’actualité Covid occulte – quand elle ne l’accélère pas – l’urgence humanitaire internationale, ils sont comme Vincent Morel nombreux à faire avancer la cause. En poste à Kinshasa (République Démocratique du Congo) pour le compte de l’ONG Médecins sans frontières (MSF), le logisticien Millavois est à l’œuvre depuis plusieurs mois. "Au Congo, je coordonne un projet d’urgence, mais d’urgence permanente tant les missions sont nombreuses ici." Confronté dans ce pays grand comme quatre fois la France à des épidémies récurrentes de choléra, Ebola, rougeole, sans parler de déplacements conséquents de population liés aux violences dans l’ouest du pays, l’ONG a décidé de s’implanter plus durablement en RDC. "C’est là que j’interviens. Je coordonne un peu tout ça en supervisant les équipes, en gérant les stocks et en veillant au grain niveau budget."

Récemment, le logisticien millavois a aussi pris la route – un mot tout relatif quand on connaît la qualité des infrastructures – pour implanter, ex nihilo, un centre de vaccination contre la rougeole, dont l’épidémie flambe en RDC. "Quand on peut, on achemine tout par avion, mais c’est souvent à moto que se termine le voyage. Imaginez une armada improbable de 15 motos acheminant chacune une centaine de kilos de vaccins à transporter entre 3 et 5 °C quand la température moyenne à cette période de l’année avoisine les 35 °C ! Il faut ensuite construire un mini-village avec des tentes et des bâches plastiques, créer un réseau d’assainissement, d’adduction en eau, en électricité. Assurer la chaîne du froid pour conserver les vaccins dans de bonnes conditions."

Passé maître dans l’art de la débrouille – "dans certains jobs, être débrouillard est une insulte mais pas ici", commente-t-il – Vincent n’en est pas à sa première mission. Venu à l’humanitaire "au fil de rencontres", lui qui a toujours été impliqué dans le monde associatif a trouvé là le moyen de faire coïncider sa formation de technicien en électronique et sa préoccupation profonde pour "l’humain".

"Je ne peux pas parler d’un déclic. J’ai d’abord travaillé dans le secteur de l’éolien, par conviction et parce que j’ai toujous aimé les grands espaces. J’ai poursuivi dans cette voie à l’étranger, dans des pays en développement. Là-bas, j’ai rencontré pas mal de gens qui bossaient déjà dans l’humanitaire et qui ont senti que j’avais le profil."

Sa première mission le mène jusqu’à Haïti, déjà pour MSF. "J’étais responsable logistique dans un hôpital spécialisé en orthopédie. Le terme logistique n’est peut-être pas très bien choisi mais disons que j’étais responsable des services techniques. J’assurais la maintenance, la production en eau potable, en électricité."

"Très éclectique au niveau des familles techniques", confirme Vincent, cette première expérience – il y restera 18 mois en tout – lui donne envie de continuer. Direction l’Afghanistan. "J’ai atterri dans le sud du pays, dans l’hôpital général de Lachkar Kah, situé dans une zone contestée entre les forces afghanes et les talibans."

Une mission à risques, au son des bombardements tout proches. "Mais à risques mesurés" tempère le logisticien. "Le créneau de MSF a toujours été la neutralité. On ne prend jamais position pour tel état, telle coalition, on est uniquement là pour les patients. C’est notre force, mais ça n’empêche pas les négociations quotidiennes avec toutes les parties. Ce n’est pas mon rôle mais c’est vraiment un travail de haut vol. Chaque mot compte !"

Des mots qui parfois ne suffisent pas. Comme ce matin du 12 mai 2020 où un commando armé a assassiné 24 personnes dont 16 mères, une sage-femme et deux enfants de 7 ans dans la maternité du quartier populaire de Dasht-e-Barchi à Kaboul ; une structure gérée par Médecins sans frontières. "Dans ces moments-là, toutes tes certitudes s’envolent, tu te sens vulnérable, à la merci du premier fou venu. Ta bulle de sécurité explose un peu. C’est toujours très dur à gérer pour toi comme pour l’ensemble de l’équipe."

Dans ces conditions, l’Aveyron compte. "L’Aveyron me manque, j’y pense tous les jours. Mais aujourd’hui avec les moyens technologiques tu peux assez facilement prendre des nouvelles, en donner. Et quand tu parles à un pote qui a un bon accent aveyronnais, le sourire te revient instantanément. Tu es reparti pour 10 jours !"

De retour en mai prochain après six mois de mission, le Millavois compte bien profiter de l’Aveyron : "son petit paradis". "C’est mon endroit calme, là où j’ai mes amis, mes références. Tout est facile. C’est le paradis sur terre…", s’amuse Vincent qui compte encore s’impliquer quelques années. "Généralement après quatre ou cinq mois en Aveyron, une fois les batteries rechargées, j’ai envie de repartir."

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Aurélien Delbouis
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