Aveyron : des difficultés toujours plus grandes pour les voyagistes

  • Les professionnels du secteur, malgré un soutien important de l’état, sont en grande difficulté.
    Les professionnels du secteur, malgré un soutien important de l’état, sont en grande difficulté. Archives JAT
Publié le , mis à jour

Alors que les mois passent, l’horizon reste toujours bouché pour les voyagistes, qu’ils soient spécialisés dans les séjours linguistiques ou non. Certaines entreprises ont déjà dû mettre la clé sous la porte.

Les voyagistes subissent une crise sans précédent. Depuis le mois de mars, leur activité est à l’arrêt, ou presque. Pas suffisamment en tout cas pour dégager des revenus permettant de faire tourner l’entreprise.

Stéphanie Cuijpers, responsable de l’agence Merveilles du monde voyages à Manhac, attendait "après les fêtes pour administrer une piqûre de rappel à nos élus pour les alerter sur notre situation". Car, avant une éventuelle reprise, "on fait le dos rond, on hiberne. Mais nous avons toujours des frais fixes que les aides de l’état ne parviennent pas toujours à combler", explique-t-elle.

Ainsi, depuis quelques semaines, la responsable de l’agence de voyages scolaire travaille "dans la grande distribution pour boucler les fins de mois". Les "voyages scolaires ne reprendront pas avant deux ans, au moins", déplore Stéphanie Cuijpers.

Mais certains voyagistes ont connu d’importantes difficultés.

L’annonce a été faite il y a quelques jours : l’agence Edgar voyages a dû déposer le bilan, après neuf mois d’inactivité.

La crise sanitaire et économique a eu raison de la société qui possédait trois agences (Aurillac, Rodez et Saint-Gely-du-Fesc dans l’Hérault). "Sans perspective de vraie reprise, nous avons pris la difficile décision de déposer le bilan et de mettre un terme à l’aventure Edgar", expliquent sur leur page Facebook, Géraldine et Sébastien Carrié, les cogérants d’Edgar voyages.

"Le plus difficile reste le manque de perspective"

Tout comme leurs homologues organisateurs de voyages scolaires qui avaient créé un collectif à l’échelle nationale, les professionnels du tourisme regrettent les "aides trop légères", venant du gouvernement.

Et d’autres agences de voyages du département sont en difficulté. "Si les aides venaient à se terminer ou même à diminuer ce serait une catastrophe", estime Stéphanie Cuijpers.

Pour Yves Verdié, président de Verdié voyages, "les aides, le chômage partiel, contribuent au maintien de l’entreprise. Mais bien sûr, les difficultés sont grandes". "Le plus difficile reste le manque de perspective, poursuit-il. Cet épisode va laisser des traces."

Toutefois, les professionnels du secteur anticipent la reprise : "Nous allons devoir réinventer le voyage, complète Yves Verdié. En petits groupes, avec des thématiques bien précises. De toute façon l’épidémie changera les habitudes, y compris celle de voyager. En tout cas, on sent que les gens sont prêts à partir dès que possible."

Résolument tournées vers les mois qui viennent, les voyagistes espèrent "tenir le coup jusqu’à la reprise, qui ne se fera qu’en pointillés", glisse Stéphanie Cuijpers.

En chiffres

  • 2 850 000 jeunes Français découvrent l’Hexagone, l’Europe ou le monde chaque année.
  • 24 % des jeunes Français profitent d’un voyage scolaire, éducatif ou linguistique chaque année.
  • 3 000 emplois directs en France, et des dizaines de milliers d’emplois indirects dans tous les secteurs.
  • 1,8 milliard d’euros de chiffres d’affaires, par an, pour les professionnels du secteur des voyages scolaires.
  • 7,3 % du produit intérieur brut est généré par les entreprises du tourisme. Cela représente 8,7 % de la masse salariale en France.
  • 25 000 000 de nuits sont passées chaque année par les écoliers en voyage scolaire.

Le Brexit va-t-il compliquer les voyages scolaires ?

Pour Stéphanie Cuijpers, responsable de l’agence Merveilles du monde, les voyages scolaires, lorsqu’ils pourront reprendre, ne seront que peu entravés par le Brexit. "Toutefois, les enfants auront besoin d’un passeport ce qui va engendrer des coûts supplémentaires pour les parents", explique-t-elle. Surtout, cette décision va très certainement entraîner une "augmentation du tarif des ferries. Nous avons reçu les propositions de certains opérateurs et les prix vont du simple au double, assure Stéphanie Cuijpers. Eux aussi, cherchent à compenser les pertes. Cela va compliquer un peu plus notre travail au moment de la reprise." De plus, "certaines familles qui reçoivent des élèves, touchées par la crise, risquent d’être tentées de prendre beaucoup d’enfants à la fois. Et donc nuire à la qualité de l’accueil et de l’apprentissage".

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