Fred Saurel : "J’espère que les professionnels n’auront pas la mémoire courte"

  • L’acteur a joué un rôle important dans la troisième saison de la série "Baron Noir" sortie sur Canal + au mois de mars dernier.  	DR
    L’acteur a joué un rôle important dans la troisième saison de la série "Baron Noir" sortie sur Canal + au mois de mars dernier. DR Repro CP
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Le Saint-affricain Fred Saurel a joué, en 2020, un personnage important dans la troisième saison de "Baron Noir", sur Canal +. Il s’agit sans doute du rôle le plus important de sa carrière. Mais juste après la diffusion, au printemps, le monde du cinéma s’est arrêté. L’acteur espère pouvoir retrouver très vite les plateaux et capitaliser sur cette expérience.

Comment se passe la vie d’un acteur de cinéma ou de télévision dans ces mois compliqués avec la situation sanitaire ?

Comme acteur, je ne bosse sur rien. Je n’ai d’ailleurs aucun projet en cours. C’est la première fois que ça m’arrive depuis très longtemps. Là, c’est un peu néant.

Il n’y a aucune opportunité de tournage en ce moment ?

Les séries fleuves de la télévision, pour lesquels il est nécessaire de fournir pour que le programme ne s’arrête pas, tournent encore. Mais pour tous les gros projets cinématographiques ou même de séries originales comme celles de Canal +, tout est à l’arrêt. Sur les séries comme celles qui se tournent en Occitanie pour TF1 ou France 2 (Demain nous appartient, Un si grand soleil et Ici tout commence), s’il y a des cas de Covid, ils peuvent s’arrêter une semaine ou deux et reprendre ensuite, ce sera toujours rentable. Mais pour les gros films, s’il y a des cas et qu’il faut tout interrompre, c’est beaucoup plus compliqué. Chaque jour de tournage coûte très cher et il peut très vite y avoir des soucis de cohérence. Ils préfèrent attendre pour tourner et ne pas prendre de risque. Actuellement, il n’y a quasiment pas de castings. C’est vraiment une période de vache maigre.

Vous êtes pressé que ça reprenne ?

Oui, et je suis convaincu que ça va redémarrer au taquet. Quand ça va reprendre, six mois plus tard, on aura retrouvé le rythme d’avant. De toute façon, si ce n’est pas pour la salle, il faudra fournir du contenu pour les plateformes de streaming.

Avant cette période de crise, vous aviez tourné dans la saison 3 de la série Baron Noir, pour Canal +, avec un rôle assez conséquent qui sortait un peu de votre domaine habituel…

C’est le cadeau de ma carrière. L’emploi comique duquel j’essayais de me détacher depuis un moment a été totalement balayé. C’est un personnage avec de la profondeur et de la maturité. Ça a aussi été une chance de bénéficier de la qualité d’écriture d’Eric Benzekri. Ce sont des textes avec beaucoup de mots et de dialogues. Ce n’est pas verbeux, c’est du nectar. C’est parfaitement ciselé et chaque idée amène la suivante comme si c’était un esprit qui était en train de développer son propos. Et ça, pour un acteur, c’est balaise. Aux essais, ils m’ont filé une scène assez costaude. C’est là que je me suis dit : "Oula, ce n’est pas un petit rôle comme d’habitude ça !" C’était une vraie belle scène avec plein d’enjeux. J’ai bossé comme un fou pour passer cet essai. J’ai eu le texte dix jours avant et j’ai travaillé comme un malade pendant des heures chaque jour. Ça valait le coup parce que derrière, j’ai été pourri gâté par le personnage. Ce qui est con, c’est que c’est sorti juste avant le premier confinement, les gens l’ont vu et depuis, je n’en ai pas vraiment récolté les fruits puisque tout s’est arrêté. J’espère qu’à la reprise, les professionnels n’auront pas la mémoire courte et se rappelleront que j’avais bien bossé pour Baron Noir.

Quand on a goûté à ça, on a envie d’en reprendre ?

C’est sûr, mais j’ai aussi le réalisme de me dire que la barre, là, a été mise très haut. Si je peux y regoûter avec Canal sur d’autres séries, bien sûr que j’accepte. Mais la réalité du métier que je fais depuis 35 ans, ce sont des hauts et des bas, des montagnes russes. Il faut savoir à nouveau faire deux jours dans Alice Nervers ou dans Tandem, ce n’est pas grave. Et je ne vais pas me dire : "Parce que j’ai fait Baron Noir, je mérite au moins autant et je vais attendre qu’on m’appelle." Non, tant que tu n’es pas une vedette et que tu ne reçois pas une pile de scénarios, quand on te fait une proposition, il faut avoir la sagesse de dire oui.

Et pour la scène ? Avant cette période vous prépariez sur une nouvelle pièce, Moi Michel C, qui raconte l’histoire d’un sosie de Coluche, Michel Casoli, qui, à 50 ans, décide de mettre fin à sa carrière en donnant un spectacle à la mémoire de son idole. Où en êtes-vous ?

Le projet est toujours d’actualité, mais ça risque de ne pas être pour tout de suite à la reprise. C’est un projet ambitieux qui demande des financements. En termes de production c’est un projet plus lourd par rapport à ce que j’ai fait avant.

À quoi occupez-vous votre temps alors ?

Je bosse, depuis un petit moment sur un documentaire que je vais coréaliser (avec Fred Noël et Gino Kokolo, NDLR). Il parle de la sortie en salle de mon deuxième long-métrage en 2002. C’est un documentaire sur la distribution d’un film qui s’appellera Par ici la sortie. Il raconte l’aventure d’une bande de bras cassés qui essaient de distribuer leur film par eux-mêmes et qui n’y parviennent pas vraiment. Ce qui est génial, c’est qu’à l’époque, un pote nous avait suivis pendant les six mois qui avaient précédé la sortie du film avec une caméra. J’ai redécouvert les images il y a quelque temps avec un ami et on s’est rendu compte que c’était génial et très drôle de penser qu’avec aucuns moyens ou presque, on pourrait sortir un film en salle.

C’était quoi ce film ?

Parallèlement à mon activité d’acteur, depuis 1989, j’ai monté, en association avec Xavier Thiam, un autre acteur, une boîte de production qui s’appelle La Space. On avait des envies de production et de réalisation. On a fait un premier court-métrage, tourné en partie sur le viaduc du Viaur, puis un long qu’on n’a jamais diffusé. On l’avait tourné sur le Larzac en 1993. Il s’appelle Rock’n’roll Control et personne n’en a voulu à l’époque. En 1998, j’ai tourné Batards vers Camarès dans le Rougier. Quand j’ai voulu le distribuer, de nouveau, il n’intéressait personne. Ce n’est pas parce que le film était mauvais, mais plutôt parce qu’il était atypique et il n’y avait aucune vedette. C’était un genre de films indistribuables à l’époque. On avait donc décidé de le distribuer nous-même et on est monté au créneau, tels Don Quichotte et ces moulins. et à l’époque, on avait filmé tout ça.

Vous savez déjà comment ce documentaire sera diffusé ?

Techniquement, je me suis rapproché du directeur de la photographie Eric Guichard, qui s’est occupé de tous les films de Nicolas Vanier, dont les deux auxquels j’ai participé. Nos images ont été filmées dans un format IDV et on veut voir avec lui si techniquement, on pourra atteindre la salle. Le but, c’est vraiment d’en faire un long-métrage documentaire destiné au cinéma. Mais si c’est trop complexe et qu’on risque d’offrir une image de trop mauvaise qualité, on se retournera vers les plateformes, ce qui est assez tendance en ce moment. Un peu comme le documentaire sur le dresseur de fauve sur Netflix (Tiger King). Ça pourrait être ça parce qu’on a vraiment de la matière très drôle.

Guilhem Richaud
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