Millau : un document révèle des violences internes à l’hôpital

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  • L’hôpital de Millau en proie à des tensions.
    L’hôpital de Millau en proie à des tensions. Archives ML
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Une enquête avait été diligentée après l’alerte donnée par des représentants du personnel.

Un document de 250 pages qui résulte d’une expertise menée par le cabinet Socio-Scop, spécialisé dans les études sociales, agréé comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) par le ministère du Travail. L’enquête a été diligentée par le CHSCT de l’hôpital de Millau, le 30 avril 2020 où le constat est dressé : "un risque grave pour la santé du personnel administratif, technique, l’encadrement et les secrétariats médicaux". Le document concerne uniquement ces corps de métier.

Ce travail fait suite à des alertes lancées par les représentants du personnel. "Les constats et alertes se fondent sur deux DGI (Danger grave et imminent, NDLR) déposés les 20 janvier 2020 (risques psychosociaux (RPS) pour une secrétaire médicale) et le 27 avril 2020 (violences internes pour un cadre supérieur)."

Plus loin, dans le document, il est indiqué que ce courrier "renseignait sur la source de la violence (la haute hiérarchie), son intensité élevée et le caractère d’urgence de la situation".

Hausse du taux d’absentéisme

Dans les secrétariats médicaux, "ces agents font déjà l’objet d’une expertise risque grave de type RPS en 2016, deux alertes RPS pour mal-être et stress sont successivement signalées en 2018 à l’accueil des consultations externes".

De même chez les cadres du CH de la cité du gant. Ils "sont plus nombreux que le reste de la population étudiée à répondre négativement à la question "mon travail a du sens pour moi" (36 % contre 16 % pour l’ensemble étudié)", révèle l’expertise. La raison ? "La mise en œuvre des exigences de rentabilité des établissements hospitaliers."

Cela se traduit par des absences en augmentation depuis 2018. " En 2019, l’absentéisme des cadres supérieurs est multiplié par 4", note le rapport. Il passe de 30 journées en 2018 à 132 en 2019. Cela va de pair avec une très large explosion des maladies de longue durée (plus de six mois). Alors que dans les services techniques, administratifs et secrétariats médicaux, ce chiffre est à la baisse.

Chez ces mêmes personnels de l’encadrement, des "comportements hostiles et des violences internes " sont subies et mentionnées dans l’expertise. Les faits sont dénoncés en CHSCT, sans que cela n’aboutisse à une enquête "qui doit être garantie par l’employeur".

"Des comportements hostiles"

De manière plus générale, chez les agents qui ont répondu au questionnaire adressé par le cabinet d’expertise, " 26 % déclarent vivre systématiquement un ou des comportements hostiles". A l’échelle nationale, la moyenne est de 15 % (selon une enquête menée par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, Dares).

Chez les fonctions support, 45 % déclarent "subir systématiquement au moins un comportement hostile […] qui pourrait s’apparenter à des agissements constitutifs de harcèlement moral". Ces agissements difficiles sont attribués au "top management " décrit le rapport.

Contactés ce samedi, l’ARS et Didier Bourdon, le directeur par intérim de l’hôpital, n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

Le rapport d’expertise décrit une dégradation des conditions de travail, notamment pour les secrétaires et agents d’accueil aux consultations externes. "Une augmentation de l’activité" (de 35 % entre 2016 et 2019 aux consultations externes) soulignée, qui ne s’est pas traduite par une augmentation d’effectifs.

Des agents techniques confrontés à une multiplication des sites d’action (45 000 m² pour huit agents) qualifiés de "vétustes". D’où le "manque de reconnaissance" constaté par 64 % des agents.

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