Rodez : le Divan, l’inoxydable bar-restaurant de la rue Béteille

  • Le Divan, mythique enseigne de la ville. Le Divan, mythique enseigne de la ville.
    Le Divan, mythique enseigne de la ville. Reproduction Centre Presse - Reproduction Centre Presse
  • Le Divan, l’inoxydable bar-restaurant de la rue Béteille
    Le Divan, l’inoxydable bar-restaurant de la rue Béteille Reproduction Centre Presse
Publié le , mis à jour

L’affaire de la rue Béteille a refait son snack, tout en inox. Une page de plus de l’histoire de ce commerce historique de la ville.

En ce mercredi matin, Aline s’active derrière le comptoir en bois. Elle nettoie. Elle a le temps. Pas un client à servir. À part un qui passe prendre un petit café à emporter. "Il y a toujours à faire " sourit-elle. Des lustres qu’elle travaille dans ce bar. Elle fait partie de l’âme des lieux. Le Divan est un des derniers bars historiques de la ville à posséder une âme. Avec le Café de la Paix, les Colonnes et le Broussy. C’est le dernier nom illustre de la bistroterie "ruthénoise". Quelques autres, comme le Parc ou le PMU de la Place d’Armes, ont changé de nom. D’âme aussi…

Pour rien au monde, Alain Regourd, le patron des lieux, n’aurait voulu changer le nom de ce café qui, au début du siècle dernier, cachait les premières mutineries. Lui, c’est depuis 1992 qu’il a investi ce rade, après avoir tenu… Le Café de la Paix.

Au cours de ces dernières décennies, il a apporté sa touche. Il y a bientôt une quinzaine d’années, il avait lancé son snack. Proposant de "l’emporter".

Un snack qui a repris de plus belle dans le contexte. Il vient de le refaire à neuf. Tout en inox. Avec un jeu de lumière donnant un aspect fort sympathique au lieu. Pourquoi l’inox ? "Parce que j’en avais envie" sourit-il. "C’est tout en bois dans la partie bar, toute la façade est en acier rouillé, et là j’ai voulu tout inox. Trois ambiances, trois matériaux". En donnant un style très épuré, il permet au client de se concentrer sur le plat qu’il va emporter.

Et c’est bien ce qui compte chez Alain Regourd, que l’on a envie de classer au rang des inoxydables patrons de bar. "Tout est fait maison, jusqu’aux sauces", glisse-t-il. Pizzas, burgers, pâtes, salades… La carte du Divan, avec ses "101 pizzas" est sans doute une des plus garnies de la ville.

Un large choix qui a son influence sur le rythme des livreurs. Avec le confinement toutefois, Alain Regourd s’est plié à la nécessité de bien figurer sur le web. "Mais ce n’est pas moi qui m’en occupe, ce sont les jeunes", lance-t-il.

Tant lui est plus porté sur l’échange, le dialogue, la lecture de la presse sur papier…

Si son bar était ouvert, avec ses deux comptoirs qui se font face et des clients qui s’invectivent parfois d’un bout à l’autre, sûr qu’il serait plus heureux. Mais là, les bars sont vides.

"Je suis solidaire de toute la profession. On prend l’eau. Et plus globalement, il y a de quoi s’inquiéter. Quand on nous retirera la perfusion, que restera-t-il ?" lance-t-il.

Vu le contexte, il n’avait pas franchement envie de parler de tout ça. "Je ne veux pas donner l’impression de parader dans les journaux", lance-t-il. "La profession, on n’est pas au mieux…" Pas question d’ailleurs de le prendre en photo.

Pour autant, il ne veut pas sombrer dans le pessimisme. "Il y aura un après, c’est évident. Mais à quoi ressemblera-t-il ?" questionne Alain Regourd. Qui ne sait pas vraiment s’il retrouvera un jour ces soirées endiablées qui ont fait la réputation du Divan. "Quand je vois tous ces jeunes uniquement branchés sur leur téléphone, je m’interroge". Pourtant, le Divan fut un des premiers bistrots ruthénois à offrir un accès libre à Internet dans les années 90. Tout comme il voit bien que de nouvelles habitudes sont prises pour la pause de midi. "Ils sont de plus en plus nombreux à amener la gamelle de chez eux…"

N’en déplaise à son humilité, Alain Regourd a souvent eu le nez fin pour mener à bien ce Divan. Une des règles qu’il s’est fixé étant sans doute de ne jamais s’endormir dessus. Et ce n’est pas la "trouée verte" qui a enfin vu le jour, en face de son café, qui va l’y inciter. "Cela fait des années qu’on l’attendait. Ça fait du bien. Et qu’ils n’y fassent rien dessus, cette pelouse est parfaite" rigole-t-il.

En attendant, il passe un œil dans ce nouveau snack tout en inox. Dans lequel il envisage juste un Cactus géant comme décoration. Le cactus, vous savez cette plante grasse qui stocke des réserves pour faire face à d’éventuelles périodes de sécheresse. Le Divan et son âme ont encore de beaux jours devant eux.

Philippe Routhe
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