Course-poursuite entre Marcillac et Cantal : deux ans ferme pour le chauffard qui a eu "peur de la police"

  • Deux ans de prison ferme et  cinq ans d’interdiction de territoire français pour le chauffard.
    Deux ans de prison ferme et cinq ans d’interdiction de territoire français pour le chauffard. Archives Centre Presse -
Publié le , mis à jour

En situation irrégulière et sans permis, l’homme fuyait "par peur d’être expulsé et de retourner en Tunisie". Il a été jugé en comparution immédiate, hier.

Au lendemain de son incroyable course-poursuite entre Rodez et le Cantal, mobilisant plus de 40 effectifs de gendarmerie ainsi qu’un hélicoptère spécialement dépêché de Corrèze, le chauffard n’a pas vraiment caché les raisons de sa fuite en avant devant le tribunal de Rodez, hier : "Je ne voulais pas être arrêté et expulsé de la France".

Âgé de 41 ans, ce père de famille tunisien domicilié à Olemps, vit depuis décembre sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français. Déjà expulsé par le passé après une condamnation devant le tribunal de Tarbes pour des violences, en 2010, l’homme a expliqué être en Aveyron depuis plusieurs mois et y travailler en tant qu’ouvrier "au noir" dans le bâtiment "pour bien nourrir mes enfants", restés, eux, en Tunisie. Et "pour aller travailler", il avait également pris l’habitude de conduire sans permis, ni assurance…

Alors, jeudi, lorsqu’il part faire ses courses à Rodez au volant de sa Volkswagen Golf, vers 16 heures, et qu’une patrouille de police lui intime l’ordre de s’arrêter lors d’un contrôle, il refuse d’obtempérer. Et accélère, très fort, vers Marcillac-Vallon tout d’abord. Il traverse le village à 115km/h, oblige les véhicules en sens inverse à se rabattre sur le bas-côté. Les premiers barrages de la gendarmerie s’écartent, il poursuit sa route vers Nauviale où il n’hésite pas à passer sur un ralentisseur à 110km/h, puis file vers Saint-Cyprien et Conques où un cycliste se jette par-dessus les barrières de sécurité pour l’éviter. À ses trousses, les forces de l’ordre relèvent des pointes à plus de 180km/h, des virages pris pleine gauche et de nombreuses collisions évités de peu jusqu’à son arrestation à Saint-Hippolyte.

« Un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts »

"C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts", a répété à plusieurs reprises la présidente de l’audience, Mandana Samii, avant d’interroger le prévenu :
- "Avez-vous pris conscience que vous auriez pu tuer des dizaines de personnes ?
- Je regrette Madame, c’était juste pour ne pas repartir en Tunisie. Là-bas, je ne peux pas faire vivre mes enfants, ici c’est mieux.
- Vous n’avez jamais pensé à vous arrêter lors des différents barrages ?
- Non jamais, c’est la peur de la police… Je me souviens juste du cycliste.
- Il y a un mois, on vous a déjà contrôlé sans permis et sans assurance et là, vous recommencez à conduire !
- […]"

Pour Me Bastien Auzuech, avocat de la défense, son client a préféré "risquer sa vie" que de "retourner en Tunisie". "Il travaille depuis des années, ce n’est pas un tire-au-flanc, si sa situation était régulière, rien de tout cela ne serait arrivé", a-t-il plaidé avant que le tribunal ne suive les réquisitions du ministère public en condamnant le chauffard à deux ans de prison ferme. Et cinq ans d’interdiction de territoire français à sa sortie…
 

Mathieu Roualdés
Voir les commentaires
L'immobilier à Conques-En-Rouergue

495000 €

Sur le chemin de st jacques de compostelle, belle maison de caractère compo[...]

229000 €

Maison de construction traditionnelle avec charpente artisanale et couvertu[...]

245 €

Saint-Cyprien, appartement T1 bis de plain pied composé d'une pièce de vie [...]

Toutes les annonces immobilières de Conques-En-Rouergue
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?