Droits des femmes : le 8 mars "tous les jours" pour les associations en lutte en Aveyron

  • Elles l'affirment, en guise de conclusion, d'une même voix : "Plutôt que de protéger vos filles, éduquez vos fils... ou faites les deux !".
    Elles l'affirment, en guise de conclusion, d'une même voix : "Plutôt que de protéger vos filles, éduquez vos fils... ou faites les deux !". Centre Presse
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Aucune manifestation "physique" ne pouvant être organisée cette année dans le cadre de la Journée internationale des doits des femmes, les associations reportent leurs actions... mais n'en oublient pas pour autant de faire entendre leurs arguments. Rencontre avec NousToutes, Sud, la Ligue des droits de l'Homme, le Planning familial, Alertes 12, le FSU et la CGT.

Le concept les fait sourire, mais toutes les occasions sont bonnes à saisir. Quelque part entre les journées internationales du vol spatial habité, de la bicyclette, des oiseaux migrateurs ou de la propriété intellectuelle, le 8 mars est chaque année et selon l'appellation officielle, la journée internationale des droits des femmes. 

Christine Lafont, enseignante, Sud éducation : "Les stéréotypes de genre continuent d'être véhiculés, la femme est toujours sous-représentée (de l'ordre de 3 à 5% dans les manuels scolaires)... les femmes doivent exister dans les manuels scolaires ! Au cours de ma carrière d'enseignante, je n'ai jamais eu de formation sur le thème de l'égalité femme-homme, je le regrette".

Julie Bernat-Sandragné, FSU : "Dans le contexte sanitaire actuel, nous n'allons pas proposer la révolution. Les réunions sont nombreuses entre nous autour de la problématique des droits des femmes, mais les actions visibles viendront plus tard. Nous sommes en 2021, et la situation est catastrophique. Le mot d'ordre est le suivant : nous, les femmes, on est essentielles, ce qui a été à nouveau prouvé par la crise sanitaire. Égalité salariale ou professionnelle, rien n'évolue".

Nadia Guiraudie, assistante sociale, CGT : "Nous notons une augmentation du nombre d'adhésions de femmes travaillant dans les métiers les plus précaires. Cela montre une forme de colère chez ces travailleuses. En tant qu'assistante sociale, je vois beaucoup de femmes précaires ou maltraitées. La société est patriarcale en France, il faut travailler sur notre culture".

Marie-France Larnaudie, Planning familial : "Le mot d'ordre, c'est que le 8 mars, c'est tous les jours. L'une des thématiques principales c'est légalité, dans tous les domaines, y compris dans le domaine professionnel où les femmes touchent en moyenne, à travail égal, 23% de moins que les hommes. Dès le plus jeune âge, il faut faire cette éducation à l'égalité et se battre contre les stéréotypes de genre".

Marie-Claude Carlin, Ligue des droits de l'Homme : "Il faut se battre, à l'extérieur comme à l'intérieur de la famille. Souvent, les mères elles-mêmes élèvent leurs garçons différemment des filles. Plus que jamais, les femmes ont un rôle à jouer. Contre la sous-représentation des femmes (20 parmi les chefs d'Etats), pour un congé maternel plus long, il faut que les jeunes générations se mobilisent, il faut y aller !".

Lucette Serres, collectif NousToutes : "Il y a eu une prise de conscience dans l'opinion publique. Les victimes parlaient déjà, aujourd'hui elles sont entendues et écoutées. Pour faire face à l'impunité des violeurs, il faut faire des efforts notamment sur la formation des professionnels à l'accueil des victimes, au recueil de plaintes et témoignages. Nous demandons le remboursement des soins psychologiques pour les victimes. Il reste beaucoup à faire".

Manon, coprésidente Alertes 12 : "Orientation sexuelle, identité de genre... Nous voulons une société où chaque individu sera libéré de toute forme d'oppression et refusons cette société hétéro-patriarcale. Les mentalités ont beaucoup de mal à évoluer, l'actualité récente le prouve avec le rejet par les sénateurs de la loi ouvrant la Procréation médicalement assistée à toutes les femmes. C'est possible en Belgique depuis 1983, il y a un retard abyssal en la matière".   

Elles l'affirment, en guise de conclusion, d'une même voix : "Plutôt que de protéger vos filles, éduquez vos fils... Ou faites les deux !".

Xavier Buisson
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