Heiko Carrie, PDG Bosch France : "Supprimer des emplois devenait inéluctable"

  • Heiko Carrie, aujourd'hui sur le site ruthénois de Bosch.
    Heiko Carrie, aujourd'hui sur le site ruthénois de Bosch. Centre Presse Aveyron - José A. Torres
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Peu après avoir annoncé aux représentants du personnel de l'usine ruthénoise la réduction d'effectifs à 500 postes d'ici 2025, le PDG de Bosch France-Benelux, Heiko Carrie, nous a accordé un entretien exclusif.

Vous avez annoncé ce jour la réduction des effectifs du site de Rodez : 500 postes à l'horizon 2025, contre 1250 actuellement. Quelles en sont les raisons ?

Avant tout, nous avons annoncé notre volonté de pérenniser le site. C'est un message très important car c'était très difficile d'identifier une bonne stratégie pour l'usine avec les inquiétudes liées à la chute du diesel et du marché automobile. Pour cela, l'adaptation au niveau des emplois en réduisant les équipes à 500 personnes était inéluctable.

C'est une annonce particulièrement difficile à avaler pour les salariés ainsi que le territoire...

Elle est nécessaire, l'important est d'offrir à ce site une stabilité qu'il n'avait plus ces dernières années. Bien entendu que c'est un message difficile mais nous cherchons toujours le dialogue. Nous sommes ici pour entendre, discuter et expliquer aux représentants du personnel. Je reviendrai d'ailleurs ici la semaine prochaine. Nous avons la volonté de travailler avec la Ville et la Région pour soutenir l'emploi dans le bassin de Rodez pour que ce territoire reste attractif dans les années à venir.

Dans quelles conditions se feront ces départs et un calendrier a-t-il déjà été prévu ?

Nous voulons éviter les licenciements contraints. Des discussions et des négociations vont très rapidement s'ouvrir entre les représentants du personnel et la direction.  

Avec seulement 500 emplois, le site ruthénois sera-t-il toujours viable ?

Absolument ! C'est un niveau qui correspond à d'autres sites Bosch en France qui sont aujourd'hui tout à fait compétitifs, parfois même davantage que certains en Allemagne par exemple.

La fermeture totale du site avait été évoquée comme une "hypothèse" lors d'une récente réunion. Après l'annonce de cette réduction des effectifs, en est-elle toujours une ?

On a réfléchi sur la bonne stratégie et à toutes les options, dont la fermeture définitive. Mais on a abandonné celle-ci, nous ne sommes plus dans une logique de fermeture.

Il y a une semaine à Albi, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a assuré que le site Bosch Rodez serait "préservé". Votre annonce du jour n'est-elle pas contradictoire à la volonté du gouvernement ?

Chaque partie prenante a son propre agenda et stratégie. Mais les valeurs Bosch sont de ne pas fermer un site comme cela, on respecte les collaborateurs et on essaye au maximum de trouver des solutions acceptables. C'est ce qui nous a guidés pour cette décision, on est tous dans le même bateau.

Le marché du diesel n'a cessé de connaître des désaveux ces derniers mois encore. Croyez-vous encore en cette énergie ?

Elle conservera sa place pour les décennies à venir. Certes, les dernières décisions ne réintégrant pas le diesel dans les vignettes Crit'Air 1 n'ont pas aidé mais aujourd'hui, c'est le moyen de transport idéal, que ce soit pour les poids lourds ou encore les déplacements en milieu rural. Sans compter qu'il existe un parc très important de véhicules à moteur à diesel qui demanderont des pièces détachées pour de très nombreuses années encore...

Le "diesel bashing" est néanmoins de plus en plus préoccupant... N'en voulez-vous pas à certains politiques appelant aujourd'hui à ne plus utiliser de véhicules à moteur diesel ?

Dans les villes, il y a peut-être d'autres solutions mais pas forcément en milieu rural... C'est pourquoi il faut respecter la neutralité technologique.

Qu'en est-il des pistes de diversification de l'usine ?

J'ai réaffirmé ce matin que la diversification du site était l'une de nos priorités car on connaît tous l'état du marché des véhicules à moteur diesel. Nous devons être moins dépendants du diesel et j'ai espoir que nous y parviendrons tous ensemble.

La diversification du site devait amener à la création de 300 emplois. Où sont-ils ?

Ces trois dernières années, on a créé un réseau dans l'aéronautique, dans les colonnes de direction, sur l'hydrogène... Certes, nous n'avons pas encore abouti à notre objectif et ce notamment à cause de l'épidémie de Covid-19. Mais, nous croyons vraiment à cette diversification et en nous donnant du temps jusqu’en 2027, il y aura des opportunités.

L'hydrogène a souvent été évoqué. Quelles sont les pistes ?

On y travaille depuis trois ans et l'hydrogène fait partie de notre réflexion.

Des investissements seront-ils réalisés pour cette diversification ou cela n'est pas d'actualité ?

On a déjà investi des sommes considérables dans la diversification à venir. Dès qu'on identifiera un produit pour le site, nous ferons les investissements nécessaires.

Récemment, le projet d'une méga usine de batteries électriques, porté par Verkor, a fait la une de l'actualité à Rodez. Quel rôle Bosch pourrait-il jouer dans ce dossier ?

Pour l'instant, nous attendons de savoir comment Verkor se positionne car ils ont plusieurs options pour leur installation. S'ils viennent à Rodez un jour, nous discuterons bien évidemment. La qualité et le savoir-faire de nos collaborateurs intéressent toujours d'autres entreprises et sur ce point-là, nous pouvons être attractifs pour Verkor.

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