Violences conjugales : elles sévissent aussi chez les adolescentes, mais ces dernières peinent à les identifier

  • Plus de 2 femmes de moins de 25 ans sur 10 déclarent avoir déjà été victimes de violences de la part de leur partenaire actuel ou d'un ex-partenaire.
    Plus de 2 femmes de moins de 25 ans sur 10 déclarent avoir déjà été victimes de violences de la part de leur partenaire actuel ou d'un ex-partenaire. tommaso79 / Getty Images
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(ETX Studio) - Isoler, culpabiliser, menacer. Voici quelques attitudes que l'on retrouve fréquemment dans un couple où l'un des partenaires cherche à dominer l'autre en recourant à la violence. Des violences psychologiques que les adolescentes et les jeunes femmes ont encore du mal à identifier, dévoile un nouveau sondage OpinionWay réalisé pour l'association En avant toute(s) et Yves Saint Laurent Beauté, qui lancent une campagne de sensibilisation ce vendredi 5 mars sur les réseaux sociaux et à la télévision. 

Si les jeunes femmes ne se reconnaissent pas dans les violences conjugales, ce n'est pas parce qu'elles ne les subissent pas. Elles sont au contraire surreprésentées, montre l'étude OpinionWay, réalisée sur un échantillon de 1048 femmes âgées de 18 ans et plus. Selon l'enquête, plus de 2 femmes de moins de 25 ans sur 10 déclarent avoir déjà été victimes de violences de la part de leur partenaire actuel ou d'un ex-partenaire, contre 16% pour les femmes âgées de 35 à 49 ans et 15% chez les 50-64 ans.

Ces violences psychologiques s'illustrent de différentes manières, bien que l'on retrouve un mode de fonctionnement caractéristique d'un partenaire abusif. Les femmes sondées évoquent notamment l'humiliation dans l'intimité et en public (41%), l'isolement et l'éloignement de leurs amis et familles (40%), le chantage ou encore l'intrusion dans leur téléphone (60%).

Louise Delavier, co-fondatrice de l'association En avant tout(e)s observe : "Les jeunes femmes disent rarement subir des violences conjugales. Quand elles en parlent, elles emploient avec des termes différents : 'Mon copain me force', ou encore 'Il est trop jaloux'".

Si les jeunes femmes ne parviennent pas à mettre des mots sur ce que leur partenaire leur fait subir, c'est avant tout parce qu'elles ne se reconnaissent pas dans la description qu'on fait des violences conjugales, estime Louise Delavier. "Dans les campagnes de communication ou dans les médias, on retrouve souvent l'image de la femme avec des bleus, âgée de 30-40 ans avec des enfants ou en robe de mariée. Il y a un imaginaire collectif autour des violences conjugales qui n'inclut pas les jeunes".

Les couples LGBT, grand invisibles des campagnes de prévention

Difficile donc pour ces femmes de s'identifier. Et encore plus de se confier si les parents ou l'entourage proche ne sont pas sensibilisés au problème. "C'est un peu la double peine pour ces jeunes femmes, car non seulement elles sont exclues de ces campagnes, mais elles sont moins crues lorsqu'elles en parlent autour d'elles. On va par exemple leur dire : "C'est bon, tu ne vis pas avec, tu n'as qu'à le quitter !", déplore Louise Delavier. 

"Il y a aussi la peur de parler, qu'on se moque d'elles, de se faire agresser, de faire son coming-out dans les relations gays ou lesbiennes... Ces derniers ne sont d'ailleurs jamais représentés dans les campagnes, ce qui donne l'impression que les violences conjugales n'existent pas au sein des couples LGBT", poursuit la co-fondatrice d'En avant toute(s). 

À tout cela, s'ajoutent le problème du cyberharcèlement et la peur des représailles. Un point de vue partagé par 70% des personnes interrogées dans le cadre de l'OpinionWay, estimant que les adolescentes renoncent à se confier par peur de "se retrouver sur les réseaux sociaux". Phénomène relativement nouveau auquel sont confrontés les adolescents d'aujourd'hui, ainsi que les plus jeunes parents. 

"C'est un outil de peur supplémentaire, que l'agresseur va utiliser contre la victime en jouant sur les mêmes mécanismes, mais qui vont démultiplier l'impact de la menace et de la violence sur la victime", appuie Louise Delavier.

Lancée ce 5 mars, la campagne de prévention d'En avant toute(s) et d'Yves Saint-Laurent sera diffusée sur les chaînes du groupe France Télévisions en prime time jusqu'au 11 mars. Des spots vidéo de 30 secondes mettront en scène des témoignages de jeunes victimes de violences conjugales, portés à l'écran par des comédiens (dont Cécile Cassel et Simon Buret).

Relaxnews
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