Un projet de ferme collective dans le vallon de Marcillac

  • Antoine Vallet, Batiste Rossius et Léa Benetto sont actuellement en trainde plancher sur leur projet d’installation.
    Antoine Vallet, Batiste Rossius et Léa Benetto sont actuellement en trainde plancher sur leur projet d’installation.
  • Un projet de ferme collective dans le vallon de Marcillac
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    Un projet de ferme collective dans le vallon de Marcillac
Publié le

Cinq jeunes souhaitent reprendre une ferme abandonnée depuis trois ans pour monter un projet participatif et vertueux qui repose notamment sur la traction animale.

Leur idée est un peu utopique, ils ne s’en cachent pas. Mais elle n’en est pas moins réfléchie. Cela fait maintenant plus de cinq ans que cinq jeunes, âgés entre 25 et 30 ans, réfléchissent à la création d’une ferme collective et d’un habitat partagé.

L’idée leur trotte dans la tête depuis leur rencontre pendant leurs études à Angers. En fin d’année dernière, Antoine Vallet, Batiste Rossius, Léa Benetto, Lothaire Degalzain et Maël Magnier sont passés à la vitesse supérieure. Un peu à l’image d’artistes qui partent en résidence de création, ils ont passé deux mois ensemble pour faire avancer concrètement leur projet. Ils en ont couché les grandes lignes sur le papier et planché sur les plans de financements et autres dossiers qu’ils devront faire une fois l’aventure lancée.

Puis, il a fallu trouver une ferme à reprendre. "On se retrouve en Aveyron un peu par hasard, souffle Antoine Vallet. Au départ, on avait ciblé, pour nos recherches, le Cantal et les départements limitrophes. C’est comme ça qu’on a commencé à regarder ce qu’il y avait de disponible en Aveyron." Et en surveillant les offres de la Safer, qui gère les terres agricoles, les cinq jeunes sont tombés sur la ferme de la Singlerie qui conviendrait parfaitement à ce qu’ils recherchent. "Il y a sept hectares cultivables, douze de prairies et sept de forêt, détaille Batiste Rossius. Avec une partie d’habitation de deux fois 100 m2 et 400 m2 d’espaces de stockage, plus une maison en ruine qui pourra être rénovée plus tard."

L’endroit, à cheval entre les communes de Mouret et de Muret-le-Château, leur convient parfaitement, mais il leur faut désormais convaincre le Comité départemental d’orientation agricole, qui doit décider de l’attribution des terres lorsque plusieurs projets sont en concurrence. Les cinq compères le savent, leur projet, loin d’être commun, peut effrayer, mais ils préfèrent mettre en avant leur démarche et l’apport qu’ils peuvent avoir pour le territoire.

Des profils éclectiques

Antoine Vallet souhaite mettre en place une activité de maraîchage inspirée des principes du "maraîchage sol vivant", ainsi qu’une activité d’arboriculture avec transformation des produits, qui prendra quelques années à se développer, le temps que les arbres poussent. Il projette également d’exercer une activité de prestation de service en tant que jardinier paysagiste, qui permettra un apport rapide des premiers revenus tout en tissant des liens avec le territoire du vallon de Marcillac. Batiste Rossius, éleveur et dresseur bovin, s’intéresse de près à la traction animale. Il souhaite s’installer avec la volonté de dresser les paires de bœufs qui seront nécessaires à son travail agricole. Lothaire Degalzain, lui, est spécialisé dans les céréales. Il projette de s’installer en tant qu’agriculteur pour produire de la bière et du pain. Éleveur de chevaux et formé à la menuiserie, il compte s’occuper de la rénovation de la ferme et utiliser la traction animale, là encore, quand il faudra transporter le bois.

Maël Magnier et Léa Benetto sont eux un peu plus éloignés du monde agricole. Cependant, ils comptent bien s’investir dans le lieu et dans la vie locale. Le premier, qui maîtrise l’art de la forge et de la coutellerie, veut développer une activité de charpentier itinérant et de taillandier, et envisage de créer un réseau d’artisans du bois. Il axera en partie ses activités sur la transmission et l’échange de savoirs et savoir-faire. Il souhaite également avoir une petite activité paysanne sur la ferme de la Singlerie en s’occupant du poulailler, du jardin portager, de quelques brebis et de l’installation d’une demi-douzaine de ruches.

Léa Benetto est une ancienne professeure des écoles. Elle souhaite désormais se réorienter avec dans l’idée de participer à la vie rurale du territoire. Elle va également s’impliquer sur plusieurs activités paysannes comme le poulailler, le jardin potager et la traction bovine pour réaliser les travaux nécessaires à la vie du lieu, notamment le débardage du bois de chauffe…

Un projet collectif global ambitieux, qui doit maintenant convaincre la commission, dans les prochains jours, pour que les cinq jeunes puissent réellement se lancer.

Groupement foncier agricole citoyen et coopérative

Si le Comité départemental d’orientation agricole retient leur projet pour la reprise de la ferme à cheval sur les communes de Mouret et de Muret-le-Château, les cinq jeunes auront alors un délai pour l’acquérir. Pour lever des fonds, ils souhaitent constituer un GFA citoyen. Une structure qui doit permettre aux habitants du territoire d’acheter des parts, pour soutenir le projet. Antoine Vallet, Batiste Rossius, Léa Benetto, Lothaire Degalzain et Maël Magnier ont déjà des engagements de principe de nombreux de leurs proches qui leur apporte la confiance nécessaire pour porter le projet. Mais ils souhaitent maintenant le présenter aux habitants locaux pour leur démontrer tout ce qu’ils peuvent apporter au territoire.

Pour la partie habitation, qu’ils veulent séparer de l’exploitation afin que les futurs actionnaires du GFA citoyen ne financent pas cette partie privée, les cinq jeunes vont créer une société coopérative immobilière dont ils seront chacun actionnaires et espèrent, s’ils peuvent rénover le bâtiment en ruine, arriver à accueillir d’autres habitants un jour dans un modèle qui mêlerait espace privé et lieux de vie communs.

 

Guilhem Richaud
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