Pilote de ligne chez Ryanair, Gérald Egéa a pris son envol avec les Ailes ruthénoises

  • Pilote de ligne chez Ryanair, basé à Manchester, âgé de 21 ans, Gérald Egéa a effectué son premier vol avec la compagnie irlandaise le 1er octobre 2019 entre Lisbonne et Bruxelles. Il pourrait devenir commandant de bord dans trois-quatre ans.
    Pilote de ligne chez Ryanair, basé à Manchester, âgé de 21 ans, Gérald Egéa a effectué son premier vol avec la compagnie irlandaise le 1er octobre 2019 entre Lisbonne et Bruxelles. Il pourrait devenir commandant de bord dans trois-quatre ans.
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Originaire d’Asprières, près de Capdenac-Gare, âgé de 21 ans, il est un des plus jeunes pilotes de ligne français. Passionné depuis toujours par l’aviation, il est basé à Manchester, travaille pour la compagnie irlandaise, mais il n’a pas oublié son baptême de l’air à l’aéroport de Rodez, où il a donc fait ses classes.

Gérald Egéa a attrapé le virus ! Non, pas celui qui paralyse le monde depuis plus d’un an et le cloue au sol depuis janvier... Le seul point commun qu’il a avec le Covid, c’est le 19. L’âge, en effet, auquel il est devenu pilote de ligne. Un des plus jeunes de France.

Originaire d’Asprières (né à Villefranche-de-Rouergue, le 23 décembre 1999), il a effectué son premier vol le 1er octobre 2019 entre Lisbonne et Bruxelles. Soit deux mois avant ses 20 bougies ! Basé à Manchester, il travaille pour Ryanair et il était d’ailleurs, l’été dernier, en service dans le cockpit de l’avion qui a assuré la première liaison proposée par la compagnie irlandaise entre Manchester et Rodez. "J’ai servi de guide à mon commandant de bord pour lui montrer tous les atouts touristiques au moment de les survoler : viaduc de Millau, Conques, Aubrac, cathédrale de Rodez...", s’amuse l’intéressé.

Un début aux Ailes ruthénoises

Pour lui, et selon ses propres termes, "la boucle était bouclée" car c’est dans cet aéroport que la flamme pour l’aviation a été allumée. à la tête de l’entreprise PLC Process, son père Rémy voyage beaucoup. En Argentine, en Afrique du Sud, en Chine...

Quand il était adolescent, Gérald Egéa a donc souvent accompagné sa mère pour aller le chercher à l’aéroport de Rodez. C’est alors naturellement qu’il s’est inscrit aux Ailes ruthénoises, à l’âge de 13 ans. Incollable sur les dates, il se souvient qu’il en est devenu membre le 26 mai 2013. "Je suis passionné depuis toujours", sert l’Aveyronnais, les yeux pétillants. Il a une formule qui est révélatrice de cet engouement : "L’Aveyron est le plus bel endroit du monde... Après le ciel !". Tout en suivant une scolarité classique à Capdenac puis à Rodez, où il a décroché un bac S au lycée Louis-Querbes, Gérald Egéa a consacré beaucoup de temps à l’aviation. Il a ainsi passé son brevet d’initiation à l’aéronautique (BIA), en 2013, en candidat libre alors qu’il était élève au collège : "J’ai posé un orteil dans cet univers".

Perpignan, Cannes, puis Cardiff

Premier examen à l’âge de 15 ans, premier vol en solo à bord d’un DR400 le 25 janvier 2015, il n’a certes pas brûlé les étapes mais a toutefois gravi les marches quatre à quatre. Pour décrocher, à 17 ans seulement (il ne pouvait pas avant de toute façon !), sa licence de pilote privé. Quatre jours après avoir soufflé les bougies sur le gâteau. La suite de sa carrière pour devenir pilote de ligne passait par un choix : armée de l’air avant de revenir dans le civil, ou école nationale de l’aviation civile (Enac) avec deux ans de prépa et un concours sanctionné par une quinzaine de reçus sur 2 000 inscrits, ou une école privée. Il a opté pour la troisième formule, intégrant ainsi celle de Perpignan en septembre 2017 (la partie théorique avec mécanique, météo, communication...).

Après avoir ensuite effectué un Tour d’Europe du 3 au 21 juin 2018, il a pris la direction de Cannes (au menu : pilotage professionnel et vol aux instruments), s’envolant alors pour Cardiff au pays de Galles (travail en équipage). Après trois semaines à Londres, il a postulé à Air France et à Ryanair, et c’est la compagnie irlandaise qui s’est montrée la plus réactive, avec une réponse en un mois. Gérald Egéa a ainsi attaqué sa formation sur Boeing 737 le 24 juin 2019.

Quand on l’interroge sur son lien avec l’Aveyron, le décollage est immédiat : "Il est énorme. Je suis très attaché à mon département. Je reviens très régulièrement pour voir ma famille à Asprières et tous mes copains. Je rentre un peu moins qu’avant car mon amie, originaire de Sainte-Foy-la-Grande, est en Erasmus à Sheffield, dans le nord de l’Angleterre". Gérald Egéa ne rate pas une occasion aussi de rendre visite à ses amis des Ailes ruthénoises, dont il est toujours membre. En cultivant toutefois un paradoxe : s’il peut piloter un Boeing 737, il n’est pas autorisé à prendre les commandes d’un DA40 à Rodez.

Explications : "J’ai certes toujours ma licence mais, en revanche, j’ai perdu la qualification monomoteur car il faut la renouveler tous les deux ans... Il faut que je la repasse". En attendant, il prend le temps de répondre aux (plus) jeunes qui le sollicitent : "Je partage avec plaisir mon expérience, j’essaie de transmettre ce que j’ai reçu".

Rui Dos Santos
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