Gel en Aveyron : en espérant que Dame nature sera "clémente"...

  • La floraison des arbres fruitiers risque d’être mise à mal par les températures négatives annoncées cette semaine.
    La floraison des arbres fruitiers risque d’être mise à mal par les températures négatives annoncées cette semaine.
  • En espérant que  Dame nature sera "clémente"
    En espérant que Dame nature sera "clémente"
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Des températures bien en dessous de zéro après une semaine plutôt chaude : un cocktail pas vraiment idéal pour la nature. On fait le point.

Le grand froid à venir fait parler de lui. Pas seulement parce qu’il va falloir ressortir les manteaux d’hiver après une dizaine de jours aux températures printanières, mais aussi parce que le gel prévu en milieu de semaine pourrait réduire à néant les récoltes fruitières automnales à travers tout le département.

Vergers : inquiétude sur les coteaux de Paulhe et la vallée du Tarn

Les producteurs de cerises et de prunes se préparent à une "semaine à risques" vu les températures annoncées. Jusqu’ici tout va bien comme dit le film. Mais les prévisions annonçant potentiellement du – 6° inquiètent les producteurs de la cerise réputée de Paulhe et de la vallée du Tarn. "C’est une semaine à risque, la météo annoncée en fin de semaine s’avère pessimiste, c’est difficile", dit en ce sens Bruno Douziech, producteur de cerises et de prunes depuis trois générations à Paulhe et en Gaec depuis dix ans avec le Gaec "Les délices du verger". La situation sur les coteaux donne l’avantage de disposer d’arbres fruitiers de qualité donnant du goût, revers de la médaille, cette topographie fragilise. "Il est compliqué de pratiquer l’antigel par aspersion et le réchauffement de l’atmosphère avec les bougies coûte très cher, sans parler des courants de la vallée du Tarn qui font osciller de plusieurs degrés la température."

Cette situation n’est, hélas, pas inédite pour la cinquantaine de producteurs de la vallée du Tarn, dont une vingtaine de professionnels et des nombreux pluriactifs, faisant usage des vergers de cerises et de prunes en complément dans la région. "Nous avons connu deux années consécutives en 1990 et 1991 provoquant 100 % de pertes et nous avons eu beaucoup de pertes en 2016." L’éventuel classement par l’État en calamités agricoles permet de faire face. Reste à espérer que cela ne soit pas nécessaire cette année.

D’autant que les producteurs de cerises doivent répondre à une autre problématique, celle de la drosophile, un insecte nuisible, provoquant des pertes considérables. "Nous allons cette année faire un essai en arrêtant le chimique pour installer des filets individuels", annonce Bruno Douziech. Pour la météo, reste à croiser les doigts.

Vignoble : serein à Marcillac, un peu moins en nord Aveyron

Le temps étant au sec, Philippe Teulier, président du syndicat des vignerons de l’AOC Marcillac, se veut rassurant. " Les risques sont moindres et les bourgeons n’ont pas encore débourré, ça devrait passer."

Le son de cloche n’est pas le même en montant sur Entraygues et les coteaux du Fel, dans le nord Aveyron. Avec des prévisions plus froides, de l’ordre de – 5 à – 6°, le vignoble est en danger. "On va voir, mais il y a des craintes car des bourgeons sont sortis. Pour repartir, c’est moins productif", confie Laurent Mousset dont le domaine est sur l’AOC Entraygues-Le Fel. Et la disposition des coteaux n’arrange rien à l’affaire.

Si des voiles de fumiers peuvent être pratiquées en zone plane, bien qu’à partir de – 4° cela ne change rien, les viticulteurs sont démunis sur les coteaux. Et le bouleversement climatique augmente le capital-risque avec des gels à répétition qui s’accentuent ces dernières années. "C’est un mois compliqué avec le risque de gel", conclut Laurent Mousset. Il faut que Dame nature soit clémente pendant un mois. Comme le confinement pour les humains. Tenir bon.

Dans les jardins : anticipation et espérances

Du côté des jardins privés et partagés, les arbres fruitiers déjà garnis de fleurs, comme les cerisiers, les pommiers et les poiriers, n’échappent pas aux risques des gelées tardives. "L’année dernière a été une année extraordinaire en termes de fruits, se souvient une habitante de Saint-Amans-des-Côts. Il avait gelé au bon moment, pas trop tard. Là les pruniers et les pêchers sont en fleurs et les températures négatives les feraient noircir. Ils annoncent des températures très basses dans la nuit de mardi à mercredi, mais s’il y a du vent, ça devrait aller."

Le mercure devrait même descendre jusqu’à – 5 et – 7 °C entre le 6 et le 7 avril, dans tout le département. Mais les amateurs de jardinage sont vigilants. "J’avais prévu de commencer à planter des légumes d’été ce week-end, mais j’ai changé mon programme en voyant la météo", détaille un jeune jardinier, en train de mettre en terre des plants de choux dans sa parcelle, aux éco-jardins de la Labardie, au pied de Rodez.

Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre le passage du froid, en croisant les doigts pour que la végétation ne le subisse pas trop.

Magasin Vert déjà pris d’assaut

Protéger jeunes plants et arbres fruitiers n’était pas la priorité des clients de Magasin Vert (Onet-le-Château) en ce week-end de Pâques. "Avec l’annonce du reconfinement, nous avons eu beaucoup de monde au magasin, samedi. Les clients ont majoritairement privilégié l’achat de plants pour le jardin", remarque Grégory Serieys, responsable adjoint du Magasin Vert. Malgré tout, certains jardiniers sont venus chercher des voiles d’hivernage, qui permettront de limiter la casse du gel sur les petits arbres ou plantes sensibles. "Les fruitiers sont en fleurs et le risque, cette semaine, est que les températures basses détruisent cette floraison et causent des pertes de récolte", ajoute-t-il. Et ce ne sont pas les seuls végétaux qui craignent le froid. Avec les beaux jours de ces deux dernières semaines, certaines mains vertes ont pu être tentées de commencer à mettre en terre tomates, courgettes, poivrons et autres légumes estivaux, ou des fleurs comme les géraniums. Mais ces plants sont fragiles et ils risquent de ne pas résister aux gelées annoncées…

Margot Pougenq
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