Millau : en colère, les agriculteurs se disent "condamnés"

  • En tout, onze rassemblements ont eu lieu devant des centres de Finances publiques aveyronnais.
    En tout, onze rassemblements ont eu lieu devant des centres de Finances publiques aveyronnais. c. matta
Publié le , mis à jour

Des agriculteurs se sont réunis, ce jeudi matin, devant le centre des Finances Publiques.

"Condamné à mourrir pour vous nourrir" (sic). C’est la banderole qui trônait, ce jeudi matin, derrière des dizaines de pneus, devant le centre des Finances publiques de Millau. Ils étaient une petite dizaine d’agriculteurs aveyronnais à s’être réunis pour une nouvelle "action symbolique", pour protester contre plusieurs mesures de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) 2023.

Notamment celles des "aides couplées" versées aux agriculteurs, qui, pour certaines exploitations avec du bétail, pourraient diminuer de 30 à 50 %. "C’est ce qui me fait vivre !, martèle Jérémy, propriétaire d’une exploitation de vaches laitières. Ce que je produis et vends me permet de payer les charges, le matériel… Mais mon revenu vient des aides. Si elles diminuent encore, pour moi, ce sera la fin, et ce sera la fin pour beaucoup." "Et c’est vous qui mourrez de faim", lâche Antoine, salarié d’une exploitation de brebis laitières, désabusé. Une situation très courante puisque selon Rémi Agrinier, secrétaire général des Jeunes agriculteurs d’Aveyron, "ce sont 90 à 95 % des agriculteurs qui vivent grâce à ces versements."

Des versements dont le montant pourrait, en fait, être redistribué. Car la volonté du gouvernement est de se tourner vers plus de végétal, "au détriment des élevages d’animaux, très nombreux en Aveyron", pour Rémi. "Ils veulent aider les producteurs de protéines végétales, explique Rémi. Très bien, sauf que, ce qu’il va se passer, étant donné que l’enveloppe reste la même, c’est qu’on va piquer aux uns pour donner aux autres. On ne peut pas opposer les agriculteurs de cette façon." Et dans une conjoncture économique actuelle déjà difficile, Rémi craint que la baisse des aides ne rende la profession encore moins attractive. "D’ici 5 à 10 ans, il va falloir renouveler des milliers d’agriculteurs, explique-t-il. Comment voulez-vous que des jeunes veuillent se lancer dans le métier, alors même que ceux qui exercent déjà risquent de mettre la clé sous la porte ?"

Après des mobilisations de taille, comme à Clermont-Ferrand où ils étaient près de 6 000, plusieurs fédérations, dont la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de l’Aveyron (FDSEA), ont obtenu une rencontre, en visio, avec le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie. "Mais nous ne sommes pas écoutés", déplore Laurent Saint-Affre, président de la FDSEA, qui évoque des mesures déconnectées des réalités de terrain. Pour lui, la baisse des aides, et avec elle la disparition progressive d’exploitations, mettrait à mal toute une économie. "En Aveyron, derrière chaque agriculteur, il y a 7 emplois, assure-t-il. Que ce soit les salariés, les exploitants, les vendeurs de matériel… L’agriculture tient l’économie et l’attractivité du département." Alors Laurent Saint-Affre se dit "déterminé" à faire entendre la voix des agriculteurs aveyronnais. Il l’assure : "On ne peut pas lâcher."

Clarisse Matta
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